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« La fierté », c’est le premier mot qui vient en tête pour Michel Leclerc, Michel Turmel et Adrien Boutin lorsqu’ils pensent à leurs 45 années de travail pour le Groupe Aptas, une entreprise adaptée à Sainte-Marie en Beauce.
C’est l’implication, la passion, la fierté de pouvoir travailler, de prouver à la société même en 2025 que nous les personnes avec limitations nous avons notre place entière à travers cette société technologique et extrêmement rapide, révèle Michel Leclerc au sujet du secret de leur longévité.

Michel Leclerc fabrique des boîtes de carton pour le Groupe Aptas. Depuis 1990, il est président du comité des travailleurs de l’entreprise adaptée de 130 employés.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Tout sourire, ils sont fidèles à leur poste, mais la nostalgie n'est pas bien loin. En 1980, un orienteur dirige Michel Leclerc vers l’usine de fabrication de boîte de carton de l’OBNL.
Ça m’a donné une certaine autonomie. Ça m’a même permis de rencontrer mon épouse Lorraine. C’est une grande famille, malgré les petites difficultés quotidiennes, il y a une bonne collaboration.

L'usine de produits en carton Cartonek du Groupe Aptas à Sainte-Marie.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Une grande famille
Depuis 1990, Michel Leclerc est président du comité des travailleurs. Le Groupe Aptas compte 130 employés répartis dans trois usines de la région.
Salut, mon Adrien, comment ça va? En forme? demande Michel, parti jaser avec son collègue Adrien Boutin, un peu plus loin, lui aussi avec 45 années d’expérience.

Adrien Boutin se rappelle de la date de son arrivée au Groupe Aptas : le 22 septembre 1980.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Leurs tâches ont évolué avec les années. Au commencement c’était plus dur, de l’ouvrage à bras, pas de lift, on chargeait des vans à la mitaine, on déchargeait des vans à bras, explique Adrien en plaçant une autre boîte sur une palette de bois.
Un emploi valorisant qui lui aura permis de développer une passion pour l’administration de ses affaires. Je suis un bon administrateur. Avec le travail fait ici, ça m’a fait un fond d’argent, je me suis gâté avec un char neuf, puis j’en ai passé quatre [voitures], lance-t-il fièrement.
Des employés tissés serrés pour Karine Gravel, la directrice générale du Groupe Aptas. C’est une très grande fierté et c’est personnellement ce qui me motive dans le cadre de mon travail, admet-elle.

Karine Gravel est directrice générale du Groupe Aptas. «La mission de l'entreprise est d'embaucher des personnes vivant avec des limitations fonctionnelles, afin de leur permettre de travailler dans un environnement adapté à leur capacité et à leur réalité», explique-t-elle.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Redonner au suivant
Implication sociale, bénévolat, covoiturage, raccompagnement avec Opération Nez rouge, les travailleurs redonnent au suivant aussi à l’extérieur des murs de l’usine, fiers de leur contribution à la société, explique Karine Gravel.
Ils sont une référence par rapport à leurs autres collègues, toujours en discussion, ils sortent ensemble en dehors du travail, ça devient un réseau social.
Un peu plus loin dans l’usine, Michel Turmel est une personne sourde-muette, lui aussi à redonner au suivant au fil de ses 45 ans dans l’entreprise adaptée.

Michel Turmel et Christiane Rousseau ont appris à se connaître depuis plusieurs années avec la langue des signes.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Tu aides beaucoup les gens, tu partages beaucoup avec les autres, moi tu m’aides beaucoup, traduit sa collègue Christiane Rousseau avec la langue des signes.
Cette dernière est atteinte d’une surdité chronique. À son arrivée, il y a 15 ans, elle a voulu établir un dialogue avec Michel, qui est devenu un bon ami.
Il faisait des signes, j’ai dit c’est quoi ça veut dire, il m’a montré quelques-uns, j’ai cherché à avoir des cours, difficiles à trouver, j’ai été sur des applications sur internet, et c’est comme ça que j’ai commencé à apprendre [la langue des signes], se rappelle Christiane Rousseau, qui va s’ennuyer de son collègue lorsqu’il partira à la retraite.
Mais ce n’est pas pour demain.
Les trois employés d’expérience ont encore la flamme, selon Michel Leclerc. La passion est encore là, le sentiment d’appartenance, c’est une année à la fois.


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