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Tripler la superficie de Wimbledon? La bataille sans fin entre le tournoi et des riverains

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Le bras de fer dure depuis cinq ans et ne semble pas près de s'achever. Le tournoi de Wimbledon veut tripler la superficie de son site historique du sud-ouest de Londres, mais des résidents s'y opposent fermement, au nom de la défense de la nature.

Cette année encore, les qualifications pour le seul tournoi du grand chelem sur gazon se sont achevées jeudi à Roehampton, à plusieurs kilomètres de Wimbledon. Au grand dam de l'All England Club (AELTC), organisateur du tournoi depuis 1877.

Si l'on prend Roland-Garros, les Internationaux des États-Unis ou d'Australie, tous organisent leurs qualifications sur place, a récemment souligné Deborah Jevans, la présidente de l'AELTC.

Nous ne pouvons pas le faire tant que nous n'aurons pas réglé ces litiges juridiques, un processus d'une lenteur exaspérante s'est-elle agacée lors d'une conférence de presse.

Au centre de la bataille : le Wimbledon Park, un espace verdoyant avec un lac créé au XVIIIe siècle, séparé simplement par une route du site du tournoi.

L'AELTC veut y construire 38 nouveaux courts de tennis et un stade de 8000 places sur les terrains de l'ancien golf de Wimbledon.

Cela permettrait de rapatrier les qualifications sur le site du tournoi et d'accueillir des milliers de spectateurs supplémentaires.

Le tout dans un contexte où les tournois du grand chelem rivalisent de créativité pour doper les ventes de billets durant la semaine des qualifications : double mixte avec des vedettes du simple aux Internationaux des États-Unis, matchs à un point réunissant amateurs et professionnels en Australie...

Mais les 25 résidents membres de l'organisation Save Wimbledon Park [Sauvons le parc Wimbledon] (SWP) ne l'entendent pas de cette oreille.

Notre campagne a débuté il y a cinq ans, quand ils ont dévoilé leurs plans, explique à l'AFP Christopher Coombe, avocat à la retraite et habitué du tournoi.

Nous utilisons souvent l'analogie de David contre Goliath, renchérit Jonathan Morrish, un ancien responsable en relations publiques.

Les deux militants vivent à Wimbledon depuis respectivement 34 et 45 ans.

Ils sont en train de détruire l'un de leurs atouts majeurs : la beauté de leur emplacement, affirme Jonathan Morrish. Imaginez là un stade de la taille du Royal Albert Hall, une grande salle de concert londonienne, lance-t-il en montrant un grand espace verdoyant.

Wimbledon a du cachet grâce à sa verdure, à son ambiance de village, insiste-t-il. C'est de la folie de construire sur des espaces verts, juge Jonathan Morrish.

Comme Roland-Garros

La querelle n'est pas sans rappeler celle autour de l'expansion de Roland-Garros. Le projet de construction du court Simonne-Mathieu, avec ses 5000 places, avait cristallisé l'hostilité de défenseurs du patrimoine opposés à l'annexion du jardin des serres d'Auteuil.

Après plus de cinq ans de litiges, la justice avait finalement tranché en 2017 en faveur de la Fédération française de tennis et le Simonne-Mathieu accueille joueurs et spectateurs depuis 2019. La superficie de Roland-Garros a augmenté de 50 %.

En mars, la justice britannique a rendu une décision favorable à l'AELTC, affirmant que l'aménagement envisagé n'était pas soumis à des restrictions sur l'usage du terrain.

L'association SWP avait invoqué un texte du XIXe siècle stipulant que le terrain devait être utilisé à des fins de promenades publiques. Mais le juge a conclu qu'il n'avait jamais été affecté à cet usage et qu'il avait au contraire été utilisé comme un club de golf privé. La SWP a fait appel.

Elle a aussi attaqué l'autorisation d'urbanisme délivrée en 2024 par la métropole du Grand Londres. Elle a perdu il y a un an, mais une audience en appel est prévue en octobre.

La SWP garde sous le coude la convention signée en 1993 par l'AELTC, lors du rachat du golf, avec la promesse que le terrain ne serait utilisé que pour des activités de loisirs ou comme espace ouvert.

Pour Deborah Jevans, les avantages du projet d'aménagement sont multiples pour les habitants, allant d'un tout nouveau parc de 11 hectares à la construction d'une promenade autour du lac qui sera assaini, des aires de jeux pour enfants, etc.

Mais la SWP ne veut simplement pas entendre parler de construction de bâtiments dans le parc.

Il faudra peut-être attendre plusieurs années avant de voir l'expansion se concrétiser, reconnait Deborah Jevans.

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