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L’épais manteau neigeux de cet hiver pourrait s’avérer bénéfique pour les fermes des environs de Thunder Bay, qui s’apprêtent à lancer leur saison printanière.
Pour l'instant, nous abordons la saison avec optimisme, confie Jodi Belluz, copropriétaire de Belluz Farms.
Les semences étant déjà commandées et livrées pour la plupart, l’exploitation n’attend plus que la fonte des neiges.
Toutefois, ce surplus de neige est à double tranchant.
Si elle s'éternise, elle retardera les semis, nuance Mme Belluz. Elle explique qu'un sol trop froid et détrempé empêche la germination et rend l'accès aux champs impraticable.
Un semis tardif nécessitera une saison de croissance prolongée jusqu'à l'automne pour garantir la récolte, prévient-elle.
Après plusieurs étés de sécheresse, cette accumulation de neige, supérieure aux normales de mars et avril, pourrait néanmoins servir de réserve hydrique.
L'idéal serait une fonte graduelle pour que l'eau pénètre bien dans le sol, à condition que le gel ne soit pas trop profond.
Une protection naturelle
Située juste à l’ouest de la ville, la ferme laitière Woodstar cultive de l’orge, du canola et divers fourrages pour le bétail.
Sa copropriétaire, Peggy Brekveld, se réjouit de l’abondance de neige cette année.
Comme nous avons connu plusieurs années de sécheresse, la nappe phréatique est basse. Cette neige représente une réserve d’humidité printanière essentielle, explique-t-elle.
Comme le sol est peu gelé en profondeur, Mme Brekveld prévoit un retour rapide aux champs dès la fonte.
Une fois la neige disparue, nous pourrons rapidement semer ou épandre le fumier.
Elle estime que la ferme respectera son calendrier habituel.
Il y a quelques années, malgré des semis tardifs, le sol s’était réchauffé vite et les récoltes ont été bonnes. Il n'y a donc aucune panique, explique-t-elle.
Elle souligne également l’aspect protecteur de la neige tombée avant les grands froids.
Pour l'élevage, l'idéal est une hausse graduelle des températures, car les chocs thermiques sont éprouvants pour les bêtes, estime-t-elle.
L'impact variable selon la nature des sols
À l’est de Thunder Bay, à Pass Lake, un démarrage tardif n’inquiète pas non plus Marcelle Paulin, fondatrice de la ferme biologique Sleepy G, située à proximité du lac Supérieur.
Habituée aux fortes précipitations de mars et avril, elle prévoit de commencer les travaux à la fin mai.
Nos printemps sont souvent tardifs, précise-t-elle.
Pour elle, la priorité reste la qualité du sol : Nous attendons que la terre soit sèche et chaude pour offrir un environnement hospitalier aux semences et aux plants.
En raison de la fonte massive, elle anticipe un retard de deux à trois semaines, mais ne s'en inquiète pas pour autant.

Marcelle Paulin, de la ferme Sleepy G, s'efforce de rester sereine aux côtés de son fils Lowell en guettant les premiers signes du printemps.
Photo : soumise par Marcelle Paulin
Contrairement à la ferme Woodstar, Sleepy G doit souvent composer avec un surplus d'eau.
Notre terrain est situé en cuvette avec un sous-sol argileux qui retient l'eau. Neuf années sur dix, le ruisseau qui traverse la propriété déborde et inonde nos champs, explique Mme Paulin.
Dans ces conditions, la ferme doit patienter plusieurs semaines afin que le sol soit assez ferme pour supporter la machinerie.
Avec les informations de Nicky Shaw de CBC


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