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ENTRETIEN - Avant la finale de Ligue des champions dont Canal+ est diffuseur, le directeur des sports dresse un premier bilan de la saison.
Quelques heures avant de s’envoler pour Budapest avec les équipes de Canal+ mobilisées sur la finale de la Ligue des champions entre Arsenal et le Paris Saint-Germain, le directeur des sports de Canal+ – diffuseur exclusif de l‘ensemble de la compétition, codiffuseur avec M6 de la finale – a accepté de dresser un premier bilan de la saison.
TV MAGAZINE. - Quel bilan tirez-vous de l’édition 2025-2026 de la Ligue des champions ?
Thomas SÉNÉCAL. - Un bilan extrêmement positif. En 2022, Maxime Saada (patron du groupe Canal+, NDLR) avait fait l’acquisition des droits pour accompagner la révolution de la Ligue des champions. C’était comme si on achetait «sur plan» cette compétition. Parce qu’à l’époque, c’était un projet. On nous expliquait que ça allait être un succès parce qu’il y aurait plus de grandes affiches, plus de suspense… Et c’est vrai que c’est le cas aujourd’hui. La chance souriant aux audacieux, le Paris Saint-Germain et toute son équipe ont eu le bon goût de gagner la première édition et d’aller jusqu’en finale de la deuxième édition. Donc pour nous, évidemment, c’est une magnifique locomotive. C’est un accélérateur de particules qui décuple l’énergie de toutes les équipes. Depuis plusieurs semaines, on sent une envie, on sent que chacun et chacune dans nos équipes éditoriales, de production, de communication a envie de vivre ce moment historique après-demain à Budapest. C’est extrêmement fédérateur. La Ligue des champions est un grand succès sur nos antennes : les audiences avant la finale ont été toujours très bonnes et même un peu supérieures à ce qu’elles étaient la saison dernière.
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Justement, le record d’audience de la Ligue des champions sur Canal+ a été enregistré cette saison lors de la demi-finale Bayern/PSG avec 3,81 millions de téléspectateurs et un pic à 4,5 millions...
On était la première chaîne nationale de la soirée. C’est le record de cette saison, en effet.
Ce score sera-t-il battu à l’occasion de la finale ?
La finale, c’est particulier pour plein de raisons. Déjà parce que l’horaire est inédit : 18 heures. On l’accompagne éditorialement, mais ça reste une inconnue. Ce qui est connu, en revanche, c’est que c’est l’affiche de l’année entre le champion d’Angleterre et le tenant du titre. Dimanche dernier, Arsenal était sacré en Premier League sur nos antennes. Une semaine plus tard, on les retrouve en finale face au Paris Saint-Germain, qui aligne une grande partie de l’équipe qui a réalisé l’exploit incroyable d’un 5-0 inoubliable en finale à Munich, il y a un an. Nous allons cette année à Budapest dans la logique de fédérer nos abonnés, d’attirer un maximum de fans de foot sur nos antennes. L’an dernier, on avait 2,9 millions d’abonnés sur Canal+ et 300.000 sur Canal+ Foot lors de la finale. C’est pour nous un chiffre repère. L’objectif, c’est avant tout de régaler nos abonnés de tous âges, quelle que soit leur expertise foot. Il y a ceux qui connaissent sur le canal le parcours d’Arsenal et de Paris depuis mi-septembre en Ligue des champions. Et puis, il y a celles et ceux qui vont vivre la finale sur un écran avec leur bande de copains, quelque part en plein air. Et on veut que chacune et chacun se sente pris par la main et accueilli avec soin par nos équipes. C’est vraiment dans cet esprit qu’on va à Budapest et qu’on a déployé plein de nouveautés éditoriales pour que cette finale, dès vendredi après-midi, se vive sur Canal+ et nulle part ailleurs.
Le Paris Saint-Germain est devenu une équipe qui fait vibrer au-delà de Paris, au-delà des stades. On est ravis que cette finale soit un événement national
Thomas SénécalEst-ce que ce dispositif exceptionnel, effectivement, vous permet d’éviter de la frustration avec le seul match de l’année de Ligue des champions diffusés en clair, sur M6. L’an dernier, l’audience en clair avoisinait 9 millions de téléspectateurs...
Il n’y a aucune frustration dans nos équipes et on a une envie profonde et sans limite de satisfaire et de régaler nos abonnés. On n’a aucun problème à ce que cette finale dépasse finalement le cadre habituel. Je pense que ça correspond bien aussi à ce qu’est devenu le Paris Saint-Germain, c’est-à-dire une équipe qui fait vibrer au-delà de Paris, de la même manière qu’elle fait vibrer au-delà des stades. On est ravis que cette finale soit un événement national. On sait qu’on va rassembler sur Canal+ des millions d’abonnés, comme je le disais. Ça suffit amplement à notre bonheur. Et j’ajoute qu’on a cette antériorité, ce lien aussi avec le terrain. Les joueurs d’Arsenal sont au micro de Stéphane Guy, Joris Sabi et Margot Dumont toute la saison. Les joueurs du PSG, on les accompagne sur tous leurs matchs. Au moment de ces finales et de ces matchs à fort enjeu, ils le savent, ils s’en souviennent. L’an dernier, Margaux Dumont a obtenu treize interviews dans la demi-heure qui a suivi le coup de sifflet final de la finale. Paul Tchoukriel a commenté Arsenal cette saison en championnat anglais, en Ligue des champions. Je veux dire, lui, il connaît par cœur le pedigree du dernier remplaçant d’Arsenal et c’est un plus. C’est ce qu’on attend d’un commentateur de haut niveau sur Canal+. Bien a contrario d’une frustration, c’est un challenge de se dire que la finale est sur Canal+ et pas seulement. Cela nous oblige à être encore meilleurs.
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Dispositif original, ce samedi, avec le bus à impériale qui va embarquer vos commentateurs et consultants dans Budapest, direction le stade…
Le bus à impériale qui va circuler dans Budapest samedi midi va nous permettre d’arriver au stade avec style, de regrouper la grande histoire du football avec la géographie, l’atmosphère qui va régner dans Budapest en compte à rebours de la finale. Et c’est ce qu’on aime : c’est créer des programmes autour du sport, accompagner les événements, sublimer nos droits sportifs. On a le plus beau catalogue de droits sur Canal+. La mission que me donnent et Maxime Saada et Gérald-Brice Viret, c’est de faire briller les compétitions qu’on acquiert. Et à partir de là, quel meilleur écrin qu’une finale de Ligue des champions PSG-Arsenal ? Cela nous permet de déployer notre stratégie digitale, linéaire, d’immersion, d’expertise, de modernité, de créativité, d’innovation aussi. Il ne s’agit pas de parader dans Budapest, on n’a rien gagné, nous, on n’est pas des sportifs. On se rend au stade en essayant de proposer à nos abonnés un maximum de contenu, un angle original avec une vision sur cette ville qui va être en liesse. Nous souhaitons croiser des supporters, embarquer sur notre magnifique bus à impériale Robert Pirès, pourquoi pas avec un ou deux supporters d’Arsenal qu’il aura rencontrés dans les rues de Budapest, David Ginola et Laure Boulleau qui totalisent quatre cents matchs avec Paris… On aura une guide hongroise aussi qui nous fera quelques petits focus sur cette ville qui est magnifique, qu’on connaît très bien parce que le Grand Prix de F1 de Budapest est un rendez-vous important sur Canal+ depuis 2013. Je pense qu’il y aura de la joie, de l’enthousiasme, tout le frisson d’un avant-match. Et puis à la fin de cette petite balade dans Budapest, on descendra nos équipes à l’endroit précis où les joueurs d’Arsenal et du PSG viendront deux heures plus tard et rejoindront leur vestiaire.
Pourquoi j’ai fait le choix d’avoir Samir à Paris plutôt qu’à Budapest ?
Thomas SénécalDans le dispositif, Samir Nasri , lui, débriefera le match avec Nicolas Touriol depuis les studios parisiens. En fait, d’habitude, Samir Nasri est présent dans «Canal Champions Club» . Qu’est-ce qui a conduit à ce choix ?
J’ai lu dans Le Parisien que c’était à cause de paroles prononcées par des supporters du PSG. Ça, ce n’est absolument pas le cas. Samir a entendu quelques noms d’oiseaux pendant l’émission. Mais franchement, dans sa carrière, il en a vu d’autres, vécu d’autres et en a entendu bien d’autres. Donc, le fait qu’il ne soit pas dans l’Arena Puskas après-demain n’est en aucun cas lié à ce qui a pu se passer à Munich et qui n’était pas gravissime. D’ailleurs, même si on fait attention, bien sûr, à nos talents et on n’a pas envie qu’ils se sentent dans un inconfort, ça va de soi. Mais non, Samir sera à Paris. Pourquoi ? Parce que l’horaire du match nous permet de programmer un prime time. 21h10 sur Canal+ Foot, qu’il y aura énormément de public encore à cette heure-là. Plus encore si Paris s’est imposé. On aura donc ce prime time autour de Nicolas Touriol, Aline Riera, Mickaël Landreau et Samir Nasri qui débriefera de ce match. Pourquoi j’ai fait le choix d’avoir Samir à Paris plutôt qu’à Budapest ? Parce qu’à Budapest, on aura Robert Pires, qui est vraiment notre envoyé spécial au sein de la galaxie Arsenal.
Vous avez donc bien effectué un choix…
On a le même boulot qu’un coach de foot quand on est dirigeant de service des sports dans un média. Je ne me compare pas à Luis Enrique, mais mon job, c’est de trouver le bon dosage entre le changement et la continuité. On a notre équipe type. Et puis, de temps en temps, on fait des aménagements comme ça. Je rappelle juste que Samir n’était pas là, l’an dernier, sur la finale de Munich, pour des raisons de santé. Et cette année, il est totalement dans le dispositif. D’ailleurs, on viendra le voir en avant-match en duplex. Et je pense qu’à 21 heures, il sera la bonne personne avec le recul, avec l’objectivité qui est la sienne sur l’ensemble des clubs et notamment sur le PSG. Je la souligne et lui rends hommage. C’est vrai que Samir est Marseillais de naissance, mais il fait preuve d’une objectivité sans faille sur l’ensemble des clubs, français ou non.
On a la chance d’avoir 546 matchs éditorialisés qui nous permettent de faire grandir des talents, de développer des innovations, d’être inventifs sur le digital et sur nos antennes
Thomas SénécalProjetez-vous déjà des changements dans l’équipe, dans le traitement, chez les consultants, des nouveautés pour l’an prochain ?
C’est prématuré. Nous sommes vraiment concentrés sur la finale. On a la chance d’avoir 546 matchs éditorialisés qui nous permettent de faire grandir des talents, de développer des innovations, d’être inventifs sur le digital et sur nos antennes. Et on le sera encore en 2026 et 2027, mais c’est un peu tôt, effectivement, pour en parler.
Quel regard portez-vous sur la relation qui s’apaise entre le groupe Canal+, Maxime Saada et la Ligue de football professionnel. Êtes-vous favorable à l’intégration de Ligue 1+ sur la plateforme Canal+ ?
Ça, c’est un sujet qui relève vraiment du domaine de Maxime Sada. Donc, je m’en tiens à sa décision. À la virgule près. C’est une décision qui relève vraiment de la stratégie industrielle, qui n’est pas la mienne. Aujourd’hui, les droits dont on dispose sont énormes, à la fois en volume et en qualité. S’agissant des clubs français, on est ravis d’accueillir et de retrouver Lens sur nos antennes en Ligue des champions, et Lille, Lyon, Marseille, sur les différentes compétitions européennes, avec le Paris Saint-Germain, bien sûr. Donc, nous aurons au moins sept clubs français dans les compétitions européennes et c’est là qu’on positionne nos efforts, que l’on développe une relation de proximité avec tous les clubs impliqués qui jouent le jeu de Canal+ et avec lesquels on a un travail éditorial conjoint.
Est-ce que le PSG va gagner une deuxième Ligue des champions sur Canal+, ce samedi, à votre avis ?
Je ne suis pas pronostiqueur, mon expertise football, je ne la surestime pas. Notre expertise à nous, c’est la télévision de football, mais je me livre au jeu avec grand plaisir et je pronostique une victoire 2-0 du Paris Saint-Germain. Arsenal n’encaisse pas beaucoup de buts. Donc, ça répond à ce schéma-là et à la connaissance que j’ai des deux clubs…


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