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Accusé d’avoir pillé le travail de consœurs scénaristes, réalisateur d’« Hippocrate » se dit pour sa part victime d’une tentative de chantage, et compter porter plainte contre deux de ses accusatrices.

Stephane Cardinale - Corbis/Corbis via Getty Images
Thomas Lilti, ici au mois de décembre 2025, à Paris.
Pour Thomas Lilti, les révélations de Mediapart ne participent pas à faire « grandir “un débat d’intérêt général” pourtant nécessaire ». Ce lundi 22 juin, le réalisateur français, connu notamment pour le film, puis la série Hippocrate, a pris la parole sur son compte Instagram pour se défendre de tout plagiat, à la suite d’une enquête du site d’investigation.
« Le scénario d’Hippocrate résulte de son idée, qu’il avait déjà développée en 2008 avec Julien Lilti (son frère scénariste, ndlr), lit-on dans un communiqué des équipes du cinéaste. Un dossier de 24 pages a été déposé au CNC en juin 2009. » Une « preuve catégorique » de la paternité du projet que Mediapart aurait « préféré occulter », selon elles.
Dans son article, le média en ligne assure que ce dernier aurait « pillé » entre 2008 et 2020 le travail de plusieurs scénaristes. L’une d’entre elles, anonymisée sous le nom d’emprunt de Lila, estime par exemple qu’une nouvelle sur l’hôpital public écrite par ses soins à l’automne 2009 a servi de base à l’un des personnages du film, sans en avoir été créditée.
Décrite comme une mère célibataire en grande précarité, celle-ci aurait aussi participé au scénario du film Médecin de campagne, sans jamais recevoir de droits d’auteur, ni de rémunération. En 2011, elle aurait également contribué à plusieurs épisodes de la série Cœur Océan, officiellement signés par Thomas Lilti.
Un règlement à l’amiable
Ce n’est qu’après une négociation avec son avocat que le réalisateur lui a concédé une partie des droits d’auteur des épisodes en question, et une rémunération forfaitaire. Un règlement à l’amiable qui a été « encadré par une médiatrice professionnelle », précise les auteurs de la publication, d’après lesquels aucune procédure visant à imposer le silence n’a été mise en place par leur client, contrairement à ce que stipule Mediapart.
La défense de Thomas Lilti revient sur plusieurs autres des affaires citées, dont un protocole visant à l’éloigner d’une des actrices sur le tournage de la série Hippocrate après qu’elle s’est plainte de propos dégradants de sa part. Celui-ci n’avait pas pour « but de protéger l’actrice du réalisateur », certifie le communiqué.
Il poursuit : « Ce protocole a, au contraire, été souhaité d’un commun accord par la production, la comédienne et Thomas Lilti afin de permettre un tournage dans les meilleures conditions possibles pour l’ensemble des équipes. »
Ailleurs, il est aussi question des accusations d’usurpation de son titre de médecin (chose à quoi Thomas Lilti rappelle qu’il a bien soutenu sa thèse en 2005) ou d’avoir filmé une femme nue à son insu à son domicile, chez qui elle résidait à la suite d’un traitement invasif. Des enregistrements vidéo ont été faits avec la webcam d’un ordinateur posé devant son lit.
Thomas Lilti réfute toute « spy cam »
« L’article omet bien sûr de préciser qu’il s’agit en réalité de son ancienne compagne », répondent les équipes du réalisateur, selon qui ces images « ont été exploitées par Mediapart avec une mise en scène digne d’un tabloïd, un photomontage étant supposé agrémenter » l’enquête. Lui réfute « totalement avoir installé ou utilisé un logiciel spy cam ».
Consultées par les journalistes, les vidéos montreraient pourtant ce dernier en train de tester le cadre, de lancer, puis d’arrêter les enregistrements. De son côté, le cinéaste explique qu’on lui a refusé de les lui montrer et dénonce une tentative de chantage venant de ses deux principales accusatrices, sur lesquelles il lève l’anonymat.
Elles « se sont liées et ont menacé Thomas Lilti, via leur avocat commun, de divulguer les images prétendument retrouvées sur l’ordinateur de Clara s’il n’acceptait pas une transaction financière ». Lui dit ne pas avoir cédé. Une plainte pour chantage devrait être déposée, apprend-on.
Rien en revanche sur d’autres accusations portées par une partie des scénaristes avec qui il a collaboré. Au site d’investigation, certains d’entre eux ont déploré un rythme de travail infernal et un manque de direction sur plusieurs de ses projets, tandis que sur les plateaux les actrices - « qualifiées de “connasses” et rabaissées » - en prendraient, elles, pour leur grade.


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