Des millions de tonnes d’oxydes de terres rares reposent en Norvège, non loin de la capitale Oslo. Si par le passé, le site a déjà été identifié comme étant la plus grande réserve de terres rares d’Europe, de plus récentes estimations annoncent une forte hausse par rapport aux quantités initialement présumées. Il s’agit là d’une grande nouvelle pour le continent, car nourrissant l’espoir d’une réduction de la dépendance vis à vis des importations de terres rares en provenance de Chine.
Une hausse de 81% des ressources initialement prévues
Le site baptisé Fensfeltet se trouve dans le comté de Telemark, au niveau d’un ancien volcan se situant à environ 150 km au sud-ouest d’Oslo, la capitale norvégienne. Il s’agit ici de la plus grande réserve de terres rares d’Europe, estimée à 8,8 millions de tonnes en 2024. Cependant, cette quantité déjà très intéressante vient de faire l’objet d’une réévaluation, comme le révèle l’agence de presse Reuters dans un article du 3 mars 2026. Désormais, le site pourrait renfermer près de 15,9 millions de tonnes de terres rares, soit une hausse de 81% par rapport aux premières estimations.
Il s’avère que cette réévaluation intervient dans un contexte houleux. En effet, le site qui devrait accueillir les installations de surface pour la future mine se situe dans une zone écologiquement sensible. Néanmoins, la société Rare Earths Norway en charge du projet reste confiante. Selon cette dernière, la revue à la hausse des quantités de terres rares présentent dans les sous-sols de la zone devrait inciter les autorités à se montrer déterminées dans la mise en place de conditions idéales pour démarrer l’exploitation.
« En doublant presque sa taille connue, le gisement de Terres Rares Norvège est passé du statut de découverte prometteuse à celui d’actif stratégique de classe mondiale. », a déclaré Bernd Schaefer à la tête de EIT RawMaterials, la plus grande communauté d’innovation au monde dans le secteur des matières premières, initiée en 2015 par l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT).
Crédit : Rare Earths NorwayUn site essentiel pour la Norvège et l’Europe
Rappelons tout de même que les terres rares sont un groupe de 17 métaux stratégiques indispensables aux technologies modernes, notamment l’électronique et les aimants mais également certaines technologies essentielles à la transition énergétique, principalement les éoliennes et les véhicules électriques. En ce qui concerne le site Fensfeltet, 19% des terres rares sont du néodyme et du praséodyme (NdPr).
Actuellement, aucun gisement de terres rares n’est en cours d’exploitation en Europe. Ainsi, le continent est fortement dépendant de la Chine, qui n’est autre que le poids lourd mondial incontesté de la production et du raffinage de ces minéraux (environ 90%). L’EIT RawMaterials, dont l’une des missions est de sécuriser l’approvisionnement durable européen en matières premières, apporte donc un soutien sans faille à la société Rare Earths Norway en ce qui concerne l’exploitation du site Fensfeltet, dans la mesure où le projet pourrait permettre une réduction de la dépendance face aux importations chinoises.
Pour l’heure, Rare Earths Norway dispose d’un permis d’extraction mais attend de se voir délivrer un permis d’exploitation. En cas de succès, l’extraction devrait débuter en 2031, avec un objectif de production de NdPr 800 tonnes pour 2032, ce qui devrait couvrir la demande européenne à hauteur de 5%.


3 month_ago
204


























.jpg)






French (CA)