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La course à pied est une pratique qui séduit déjà depuis de nombreuses années mais ne se limite plus au footing du dimanche. Marathon, ultra-trail ou Hyrox, les défis sportifs deviennent de plus en plus extrêmes et attirent toujours plus d’adeptes. Des pratiques mettant le corps à rude épreuve qui n’effraient plus les participants par leur difficulté.
Kévin a démarré la course en 2019 avec l’envie de pratiquer une activité physique sans contrainte. Il commence par deux séances par semaine, mais, très vite, augmente le rythme pour progresser. Pourtant, sa passion pour la course était loin d’être une évidence. « Je n’aimais pas du tout courir. Mais de fil en aiguille, j’ai apprécié réussir à faire plus long, plus compliqué et monter d’un cran à chaque fois », soutient-il. Il s’inscrit même dans un club de sport de Dijon, proche de chez lui, pour exercer sa discipline avec un cadre.
« Je n’ai qu’une semaine de repos par an »
Au bout de trois mois, il participe à sa première course officielle, un 10 kilomètres. La fièvre de la course l’a piqué, il passe très vite sur des plus longues distances et se met au trail. Il a déjà fait plusieurs fois en solitaire la célèbre SaintéLyon, un trail de nuit d’environ 70 kilomètres entre les villes de Saint-Étienne et Lyon en hiver et prépare pour l’automne l’Ultra Trail du Mont Afrique, à Dijon, une course de 100 kilomètres avec 4 000 mètres de dénivelé positif. « Une préparation pour une telle course me prend environ trois mois mais globalement, je m’entraîne toute l’année, entre 10 et 15 heures par semaine », et ce, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou sous la chaleur écrasante de l’été. « Je n’ai qu’une semaine de repos par an », lâche-t-il.
À travers ces défis extrêmes pour le corps, il recherche la difficulté et la force mentale. « J’essaie d’analyser jusqu’où le corps humain peut aller en termes d’efforts physiques et à partir de quel moment l’effort mental prend le dessus », explique-t-il.
Repousser ses limites
Guillaume, 38 ans, s’est lancé un défi fou pour cette année 2026 : courir un marathon par mois aux quatre coins du monde. Depuis janvier, il a déjà bouclé celui du Cambodge, en Croatie, à Rome en Italie et il s’apprête à prendre le départ de celui de Madrid en Espagne, puis se rendra en Thaïlande et en Indonésie. En 2018, après le décès de son grand-père et la maladie de son beau-père, il prend conscience de sa mauvaise hygiène de vie et de son impact sur sa santé. « J’ai arrêté de fumer, fait attention à mon alimentation et j’ai commencé la course. L’objectif au début était de prendre soin de ma santé physique », se rappelle-t-il. Sa progression le pousse à s’inscrire à des courses officielles : 10 kilomètres, semi-marathon, marathon, trail : il compte déjà 62 dossards et ne compte pas s’arrêter là.
L’Alsacien, formateur et démonstrateur dans les engins de travaux publics et extractions minières, est très régulièrement en déplacement à travers le monde, se retrouvant parfois dans des pays montagneux ou très humides. Qu’importe le terrain de jeu, il poursuit les entraînements coûte que coûte pour se préparer. « Je peux me trouver en Indonésie, au Brésil, au Chili, au Pérou et m’entraîner sous plus de 30 degrés ou à 5 300 mètres d’altitude, perché sur la cordillère des Andes entre le Pérou et le Chili avec un garde du corps et des bouteilles d’oxygène », détaille-t-il. Des conditions extrêmes qu’il retrouve aussi en compétition : « Pour le marathon au Cambodge, j’ai couru sous 38 degrés et 92 % d’humidité, à travers des rizières et de la boue jusqu’aux genoux ».
« Le blues du marathonien »
À l’aube de la quarantaine, rien ne semble pouvoir le stopper. « Il y a aussi la fierté à la fin qui donne envie de vouloir faire toujours plus. Tant que la santé et la forme sont là, je n’aurais pas envie de m’arrêter », affirme Guillaume, qui totalise environ 2 250 kilomètres parcourus à l’année, soit plus de 200 kilomètres par mois. « J’aime aller chercher le dépassement, c’est une fois qu’on rentre dans la difficulté qu’on apprend à se surpasser, notamment dans les conditions extrêmes. Et c’est aussi l’occasion de faire de belles rencontres humaines », développe l’Alsacien. Le sport est devenu un mode de vie et flirter avec les limites de son corps une habitude, à tel point qu’il s’oblige à s’inscrire rapidement à une nouvelle course lorsqu’il en termine une, pour faire passer le plus vite possible ce que l’on appelle « le blues du marathonien ».
Guillaume n’aura pas vraiment le temps de l’attraper, puisqu’il a déjà d’autres objectifs pour l’année de ses 40 ans : boucler le trail de la Diagonale des fous à l’île de La Réunion, réputée pour être l’une des courses les plus dures au monde, avec 165 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé et l’ascension de redoutables sommets, dont le piton des Neiges. Et comme ce n’est pas suffisant, il se lancera également à l’assaut du célèbre marathon de New York.


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