[Épisode 3/3 : Noël sans magie]. Noël n’est pas toujours une grande fête pour tous. Des disputes, des tensions familiales ou des situations difficiles laissent parfois des cicatrices et rendent cette période de l’année compliquée. Mélodie, dans une situation de vie difficile, redoute chaque année cette période.

Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 07:32 | mis à jour aujourd'hui à 09:21 - Temps de lecture :

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Chaque année, Mélodie redoute la période de Noël, qui la replonge dans des souvenirs douloureux. Photo Sipa /Syspeo

Chaque année, Mélodie redoute la période de Noël, qui la replonge dans des souvenirs douloureux. Photo Sipa /Syspeo

L’esprit de Noël, Mélodie n’y croit plus depuis plusieurs années déjà. Pourtant, c’est une période qu’elle a longtemps affectionnée. « Je suis une femme enfant », comme elle aime s’appeler. « Noël, c’est une fête magique. » Mais depuis plusieurs années, la jeune femme de 35 ans au parcours de vie difficile, ne vit plus ces fêtes avec des étoiles dans les yeux. « On m’a enlevé ma fille, qui a été placée, lorsqu’elle avait 3 ans, juste avant les fêtes. Cela fait 12 ans que je ne fête plus Noël », avoue-t-elle.

« Je suis incapable d’être heureuse à cette période » 

L’année dernière, à l’automne, Mélodie s’est mariée avec son conjoint à Tarbes (Hautes-Pyrénées), et a « un peu retrouvé les joies de Noël grâce à lui », confie-t-elle. Mais juste après leur union, les galères s’enchaînent : après une période de détention de la jeune femme, le couple s’est retrouvé, avec leur chien Johnny, à la rue et sans revenus. « Ce qui devait être le plus beau jour de notre vie a tourné au cauchemar », décrit-elle. Ils ont donc passé la fin d’année dehors, avant de rejoindre le Centre d’hébergement et de réinsertion sociale du Beillard à Gérardmer, dans les Vosges, dans lequel elle se trouve encore aujourd’hui avec son mari.

L’année dernière, la trentenaire a tout de même tenu à passer la soirée de Noël auprès de la Croix-Rouge, qui réalise des maraudes pour les personnes sans-abri. « Je l’ai fait pour donner un peu de joie autour de moi, puisque je suis incapable d’être heureuse à cette période », souffle-t-elle.

« Cette année encore, on va passer Noël en foyer, mais pour nous ce n’est pas Noël, on n’arrive pas à être heureux pendant les fêtes, on espère surtout que cette période va passer rapidement. Heureusement qu’on est à deux pour se soutenir », poursuit-elle.

« Je reste enfermée chez moi »

Un enchaînement de situations qui a conduit Mélodie à éviter Noël aujourd’hui. « Cette année encore, je ne mets plus de sapin. Pour moi, Noël, ça n’existe plus. Je reste enfermée chez moi à cette période, qui me fait remontrer trop de mauvais souvenirs et de tristesse. On va se retrouver encore cette année sans notre famille. Je ne pourrais plus jamais fêter Noël sans être avec ma fille », confesse-t-elle, avec l’espoir de pouvoir la voir bientôt. « Le plus beau cadeau de Noël que je pourrais avoir, c’est de le fêter avec elle », ajoute la trentenaire.

Malgré cette période difficile pour elle, elle trouve un peu de réconfort dans la lecture et l’écriture. C’est derrière les barreaux, en 2022, qu’elle redécouvre ce plaisir et la puissance des mots, alors qu’elle n’avait plus ouvert un livre depuis le CM2. « Je me suis retrouvée enfermée, avec personne à qui écrire, et je me suis rendu compte que les ordinateurs, les téléphones et les échanges avec les personnes comme avant n’étaient plus possibles. J’ai donc eu besoin d‘écrire et d’avoir un contact avec l’extérieur. J’ai trouvé, dans les lettres, beaucoup de chaleur humaine », décrit Mélodie.

Après sa sortie de prison, elle a décidé de fonder son association Osey l’écriture pour promouvoir le bienfait de l’écriture et de la lecture et redonner aux gens l’envie d’écrire et de lire. « Pendant ma période de détention, j’ai reçu, grâce à des associations, des cartes de Noël et cartes de vœux. Même si je n’avais pas ma famille, j’ai été très touchée de recevoir ces mots », se souvient-elle. Une habitude qu’elle a d’ailleurs gardée : chaque année, elle écrit des cartes de vœux à sa fille. « Ce sont des souvenirs physiques que l’on pourra relire plus tard », observe Mélodie.

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