Série : Vivre avec sa calvitie [3/3] - Perdre ses cheveux est une expérience commune à de nombreux hommes. Pourtant, la calvitie reste souvent associée à des complexes. Yohan a opté pour la greffe de cheveux il y a quelques années, une opération qu’il ne regrette pas, même si elle n’a pas réglé entièrement son problème.

Audrey Vermorel - Aujourd'hui à 07:10 - Temps de lecture :

Yohan ne regrette pas sa greffe de cheveux, même s’il continue à en perdre sur d’autres parties du crâne.  Photo d’illustration DR Yohan ne regrette pas sa greffe de cheveux, même s’il continue à en perdre sur d’autres parties du crâne.  Photo d’illustration DR

Yohan (*) a toujours eu pour habitude de porter les cheveux longs, voire très longs, jusqu’au milieu du dos. Alors, quand il a commencé à perdre ses cheveux à 19 ans, il s’est inquiété. « Ça a démarré par un affinement des cheveux au niveau des golfes, d’abord du côté droit, puis du côté gauche », raconte-t-il. Il tente alors toutes sortes de shampoings antichute et même le minoxidil, un traitement prescrit contre la chute des cheveux, « trop contraignant, avec trop d’effets secondaires et pas de résultat », constate l’Alsacien.

Il met un peu de temps, environ deux à trois ans, pour réaliser qu’il souffre d’alopécie, une chute accélérée et anormale des cheveux. À 24 ans, il prend la décision de couper ses longs cheveux, mais les chutes continuent et commencent à atteindre le haut du crâne. « Ça empirait, j’ai donc dû me faire une raison : je perds mes cheveux ! Pour un fan de métal et de hard rock, la pilule fut assez dure à avaler. Je n’ai jamais pu m’y faire… », souffle-t-il.

Plus de sept heures d’opération

Il décide de prendre au sérieux ce problème et consulte un spécialiste du cheveu, qui l’oriente vers une greffe capillaire. « J’imaginais réaliser cette opération en France, mais ce spécialiste, qui avait lui-même fait une greffe, m’a recommandé une clinique en Turquie, fiable et moins onéreuse », développe-t-il. Le pays accueille depuis plusieurs années déjà des millions de touristes pour des opérations esthétiques, notamment les greffes de cheveux et les soins dentaires.

Il s’envole donc pour quatre jours de voyage, le crâne rasé pour l’intervention, accompagné de sa mère pour le soutien moral. Passé la barrière de la langue et l’utilisation de l’anglais pour se comprendre, il reste une journée entière au bloc opératoire, sous anesthésie locale. « Il faut compter environ trois heures pour le prélèvement des cheveux dans la zone donneuse puis environ quatre heures pour l’implantation des follicules pileux. L’opération en elle-même n’est pas tellement douloureuse, mais le visage reste gonflé quelques jours », explique-t-il.

Être patient

Autre information essentielle à avoir avant cette opération : les cheveux implantés mettent environ neuf à 12 mois à sortir et à pousser de plusieurs millimètres. « Ce qu’il faut également savoir, c’est que les cheveux non implantés continuent de chuter. Cela n’empêche pas le reste de tomber s’ils sont programmés pour tomber », détaille Yohan. S’il « ne regrette pas la greffe », il reste toutefois mitigé quant à l’évolution globale de sa chevelure, car la perte continue.

Aujourd’hui, à 36 ans, 10 ans après l’opération, il reste satisfait d’avoir sauté le pas. Il a retrouvé sa longueur jusqu’au milieu du dos « même s['il] n’[a] pas beaucoup de densité. « Je garde les cheveux attachés pour masquer l’alopécie. » Peu inquiet du regard des autres, dont il ne se soucie pas, l’Alsacien l’a surtout fait pour lui « et pour [s]on propre regard. « Mes cheveux font partie de moi. » « Sans cette opération, j’aurais probablement une coupe unique depuis des années : le crâne rasé », lance-t-il. Une seconde séance lui traverse de temps en temps l’esprit, mais est très loin d’être une priorité. « Ça reste quand même un processus assez lourd et coûteux. Et puis, je devrais à nouveau me raser le crâne ! J’espère surtout que mes cheveux vont arrêter de tomber et tenir encore une dizaine d’années », plaisante-t-il. Il n’exclut pas l’idée, mais le plus tard possible.

(*) Le prénom a été modifié.

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