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L'avenir de son pays, la fuite de sa famille, la mort du guide suprême Ali Khamenei... Un Iranien exilé en France témoigne et livre son ressenti, quatre jours après le début de l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.
Propos recueillis par Étienne Ouvrier - Aujourd'hui à 21:01 | mis à jour aujourd'hui à 21:05 - Temps de lecture :
Comme beaucoup d'Iraniens, Reza (*) vit en exil. Après avoir grandi en Iran, il a rejoint la France avec une partie de sa famille il y a huit ans. Certains de ses proches se trouvent encore sur place. Il a accepté de répondre à nos questions, sous couvert d'anonymat.
Qu'espérez-vous pour votre pays ?
« Avant tout, j’espère voir naître un pays libre et démocratique, fondé sur des valeurs choisies par le peuple : la liberté d’expression, les libertés civiles, et la fin de la tyrannie religieuse grâce à une véritable séparation entre la religion et l’État. J’espère également que ceux qui ont opprimé le peuple iranien pendant des décennies, ceux qui ont pris le pays en otage, utilisé ses ressources pour des actions terroristes et gravement détruit l’environnement et les richesses nationales, feront face à des procès équitables et devront répondre de leurs actes. Je souhaite un Iran ayant des relations constructives avec le monde, notamment avec l’Occident. En résumé, j’espère un gouvernement dont, en tant qu’Iranien, je puisse être fier, un gouvernement dont je partage les valeurs, au lieu d’en avoir honte ou de m’y opposer profondément. »
« J'ai éprouvé une certaine tristesse à l’idée que Khamenei ne puisse jamais être jugé »
Comment avez-vous réagi à l'annonce de la mort d’Ali Khamenei ?
« J’ai ressenti à la fois de l’excitation, de la joie, et surtout une grande impatience d’obtenir une confirmation par des médias fiables. Sur place, ma famille m'a expliqué que jusqu'à tard dans la nuit (de samedi à dimanche) ils étaient tellement excités qu’ils ne pouvaient pas dormir, beaucoup de gens célébraient depuis chez eux et certains étaient même descendus dans les rues. En même temps, j’ai aussi éprouvé une certaine tristesse à l’idée que Khamenei ne puisse jamais être jugé publiquement et répondre de ses actes devant le peuple iranien. »
« Je ne savais pas ce qui était arrivé à ma famille »
Vous craignez pour votre famille, avec les bombardements ?
« Bien sûr, dès le déclenchement du conflit, ma première inquiétude concernait les membres de ma famille qui se trouvaient à Téhéran. Depuis quelques jours déjà, ils avaient préparé leurs affaires pour quitter la ville dans le cas où le pays serait attaqué. Au déclenchement de la guerre, ils ont rejoint le nord de l’Iran, une région généralement plus sûre, avec moins de bases militaires et de cibles stratégiques. Le trajet a été extrêmement long car ils n'étaient pas les seuls à avoir eu l'idée de quitter la capitale. Pendant tout le temps du trajet, je ne savais pas ce qu'il leur était arrivé parce qu'internet était coupé. »
Vous pensez que la situation va durer ? Que le peuple va descendre dans la rue ?
« C'est forcément difficile de prédire ce qu'il va se passer, mais je suis convaincu que ça pourrait évoluer assez rapidement. Si le pouvoir en place ne parvient pas à se rétablir rapidement, je pense que la population pourrait retrouver le courage de descendre massivement dans la rue en voyant le régime affaibli. »
(*) Prénom modifié.


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