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Sur Apple TV, la suite de cette rare série sur le conflit israélo-iranien avec pour personnage principal une espionne, creuse le sillon de l’intime et de la place de la femme.
Passer la publicitéTamar Rabinyan (Niv Sultan), hackeuse juive d’origine iranienne, œuvre pour le compte du Mossad contre les tentatives du gouvernement iranien de fabriquer sa propre arme nucléaire… Lancée en 2021, Téhéran tissait dans sa première saison la trame d’un excellent thriller d’espionnage. La seconde creusait le sujet clivant du conflit israélo-iranien et de sa place dans le paysage géopolitique international. Diffusée à l’automne 2024 à la télévision israélienne, la saison 3 débute finalement ce vendredi sur Apple TV. Elle lorgne du côté de l’intime, mettant plus que jamais en danger ses personnages, en particulier celui de Tamar, dans la ligne de mire des services secrets iraniens et désormais de ses propres patrons.
La mort de Marjan Montazeri (Glenn Close), expatriée britannique recrutée par la CIA, lui est imputée. Un super agent du Mossad - nom de code : le faucon - est envoyé à ses trousses pour l’éliminer. Les dégâts qu’elle a commis sont considérés comme une menace pour les services secrets israéliens. Tamar se débat pour sa survie et pour regagner la confiance de ses supérieurs. L’exfiltration d’un ingénieur nucléaire sud-africain (Hugh Laurie) mandaté par une sous-branche des Nations unies pour inspecter les infrastructures locales et accusé d’espionnage par la police iranienne lui est confiée. L’opération est d’une dangerosité rare. C’est aussi sa seule porte de sortie.
Police des mœurs
Téhéran est imaginée par l’ancien journaliste d’investigation israélien Moshe Zonder, également à l’origine de l’exceptionnelle Fauda . Elle offre une analyse circonstanciée de la question du nucléaire iranien, brosse le portrait de deux pays en guerre depuis 1979, quand leur proximité culturelle apparaît parfois évidente. Et pose un regard « raisonnable » sur la société iranienne. D’aucuns l’ont qualifiée de dogmatique. D’autres y voient une peinture véridique du quotidien d’un peuple combatif et résilient.
Dans cette nouvelle salve d’épisodes, fabriqués avec le même soin que les précédents, la soumission des hommes à l’autorité d’un régime dont beaucoup de membres sont corrompus apparaît. Mais c’est surtout la cause des femmes qui prend une place prépondérante, la condition de ces dernières et la reconnaissance de leurs droits dans la République islamique offrant même au récit un second fil conducteur.
Dans les bas-fonds de la capitale iranienne, Tamar trouve refuge dans un vieil immeuble occupé dans le plus grand silence par quelques dizaines de femmes - la plupart sont de jeunes mères - tentant d’échapper à la violence de leurs maris. Devant un restaurant, elle assiste au tabassage d’une jeune fille sortie sans son voile. Une dimension beaucoup plus empathique du personnage est développée. Une prise de conscience qui ramène la jeune femme à ses propres origines et aurait tôt fait de l’entraîner à basculer dans une autre forme de résistance, sans doute bien plus humaine.
On rappelle qu’en 2022, le régime théocratique d’Ali Khamenei a fait adopter un décret sur le port du voile encore plus coercitif que le précédent, renforçant aussi les moyens d’action de la police des mœurs. On rappelle aussi que le tournage de cette troisième saison a eu lieu avant les attaques du Hamas, le 7 octobre 2023. Et que des échanges de tirs directs entre Téhéran et Tel-Aviv ont eu lieu en avril 2024. Si cette série est avant tout une fiction, la saison 4 dont Apple TV et la chaîne publique israélienne Kan 11 viennent d’annoncer la mise en production, en intégrera forcément certains événements. À ce jour, Téhéran a remporté deux Emmy Awards internationaux.


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