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La France va investir 655 millions d'euros supplémentaires dans le développement de l'intelligence artificielle afin que « cette révolution profite aux Français », a annoncé Sébastien Lecornu mardi, à la veille de l'ouverture à Paris du salon VivaTech dédié aux nouvelles technologies.
Le programme public d'investissements dans l'innovation France 2030 « consacrera 655 millions d'euros supplémentaires au développement de l'intelligence artificielle », a déclaré le Premier ministre dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux.
Ces investissements iront « soutenir les infrastructures, les capacités de calcul, la recherche, les entreprises et les filières industrielles », détaille-t-il, en souhaitant « que cette révolution profite aux Français », « protège notre souveraineté » et « renforce nos services publics ».
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Analyse de données : le gouvernement opte pour une société française
L’IA, les robots et la souveraineté numérique face aux géants technologiques américains et chinois seront au centre de la 10e édition du salon VivaTech, plus grand événement européen du secteur, qui s’ouvre à Paris mercredi jusqu’à samedi.
Par ailleurs, Sébastien Lecornu a annoncé que le renseignement intérieur français (DGSI) avait décidé de rompre son contrat avec le géant américain de l’analyse de données Palantir, dont le cofondateur Peter Thiel est proche de Donald Trump. La DGSI a finalement « retenu » la société française ChapsVision.
« Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique », a-t-il justifié, désireux de « construire une véritable autonomie » pour ne « pas dépendre du bon vouloir de certains partenaires, capables […] de couper le robinet d’accès » à l’IA.
La crainte d'une « guerre de l'IA »
L’administration Trump a ordonné la semaine dernière à la start-up américaine d’intelligence artificielle Anthropic de suspendre à « tout ressortissant étranger » l’accès à ses deux modèles les plus puissants, Claude Fable 5 et Mythos 5, invoquant la « sécurité nationale ».
Cette injonction de Washington a fait réagir plusieurs candidats déclarés ou potentiels à la présidentielle, de Jordan Bardella à Jean-Luc Mélenchon en passant par Gabriel Attal, Édouard Philippe et Bruno Retailleau. Ils ont alerté contre une « guerre de l’IA », et le besoin d’indépendance face aux États-Unis.
Pour inciter l’État français à recourir à l’intelligence artificielle, en espérant faire en même temps des économies, Sébastien Lecornu prévient que la « capacité » des ministères à utiliser l’IA « sera désormais prise en compte dans les arbitrages budgétaires ».
Fonction publique : un outil conversationnel d'IA généralisé pour 1 million d'agents
Le gouvernement va généraliser un agent conversationnel utilisant l'intelligence artificielle pour environ un million d'agents de la fonction publique de l'État, a annoncé mardi le ministère de l'Action et des Comptes publics.
Cet agent conversationnel alimenté par les modèles de la start-up d'intelligence artificielle Mistral va être rendu accessible aux agents après une expérimentation de plusieurs mois pour 10 000 d'entre eux, a détaillé le cabinet du ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel, lors d'un briefing avec la presse.
Le coût de cette généralisation est estimé à 700 000 euros environ, incluant l'accès aux modèles de Mistral, a précisé le cabinet.
« Faire des économies »
« Chaque ministère devra démontrer comment il utilise l’intelligence artificielle pour simplifier les démarches, améliorer le service rendu aux Français et réduire les tâches inutiles », explique-t-il. « Et donc, faire des économies sans diminuer la qualité du service public ».
Les ministères de la Justice et de l’Intérieur disposeront « dès cette année » des technologies « les plus avancées » dans l’IA, par le portail GenIAl, déjà utilisé par celui des Armées, afin de « traiter des données sensibles » ou par exemple « accélérer le traitement des visas ».
Un « assistant santé public » pour l'Assurance maladie
En matière de santé, le site Ameli de l’Assurance maladie disposera d’un « assistant santé public » à base d’intelligence artificielle pour mieux guider les patients qui pourront ainsi « confier leurs données de santé à une IA gérée par l’Assurance maladie et non à une entreprise étrangère ».
Sébastien Lecornu promet également un meilleur accès aux données publiques, par exemple démographiques, économiques, géographiques et administratives, sur une « nouvelle plateforme publique dédiée à l’IA ».


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