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Face aux suppressions d’emplois dans les hôpitaux de l’Ontario et au gel des embauches, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) met en garde contre une augmentation du temps d’attente, des soins bâclés et une surcharge pour le personnel restant. Il a publié un nouveau rapport qui porte sur le sujet.
Le rapport de recherche du SCFP s’intitule « Driven to the brink: projected cuts to intensify Ontario’s hospital crisis » (Au bord du gouffre : les coupes prévues vont aggraver la crise hospitalière en Ontario).
Il compare les ressources supplémentaires nécessaires pour maintenir les niveaux de service existants aux coupes prévues par le gouvernement d’ici 2027-2028. Il souligne également un déficit de 4 080 lits dans le système de santé.
Nous sommes confrontés à une crise
Doug Allan, chercheur principal au SCFP et auteur du rapport, se déplace à travers le Nord de l’Ontario pour expliquer les données du document. Il s’est arrêté dans le Grand Sudbury.
Nous sommes confrontés à une crise persistante en Ontario en raison du manque de personnel dans notre système hospitalier, qui est dû à un manque de financement. La situation va considérablement s’aggraver avec le plan de financement actuel , explique-t-il.
Il précise que le financement de la province est loin d’être suffisant pour compenser la perte de capacité que nous avons connue au cours des dix dernières années .
Nous avons besoin d’une augmentation du financement des hôpitaux pour cet exercice financier et d’un budget qui permette aux hôpitaux de planifier, de se développer, de croître et de servir leurs communautés afin que cette crise ne s’aggrave pas davantage , déclare M. Allan.
Dans un communiqué, le SCFP indique que l’analyse du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario montre que le plan du gouvernement entraînerait la perte de plus de 9 000 postes d’infirmières et d’aides-soignants dans le secteur des soins de santé d’ici 2027-2028.
À Sudbury, environ 135 infirmières et aides-soignants pourraient perdre leur emploi dans le système de santé, entre autres réductions de personnel , peut-on lire dans la déclaration.

Un médecin du service des urgences de l'hôpital Horizon Santé-Nord à Sudbury (sur la photo) affirme que le service des urgences n'a pas assez d'espace pour répondre à la demande actuelle.
Photo : CBC / Jonathan Migneault
Inquiétudes pour le Nord
M. Allan souligne être conscient des pressions constantes qui s’exercent dans les hôpitaux du Nord de l’Ontario.
Les petites communautés et celles du Nord sont particulièrement touchées par la crise. Toutes les fermetures de salles d’urgence que nous avons observées ont eu lieu dans de petites communautés, car c’est là que la crise s’est manifestée en premier lieu , explique-t-il.
Nous sommes très inquiets de ce qui va se passer dans le Nord.
Comme exemple, Doug Allan souligne que le temps d’attente à Sault-Sainte-Marie pour être admis à l’hôpital depuis les urgences est environ 50 % plus long que la moyenne provinciale .
Il est d’environ 27 heures. À l’heure actuelle, la moyenne en Ontario est d’environ 19 heures , dit-il.
À North Bay, nous avons eu des licenciements, c’est incroyable , lance le chercheur.
Le syndicat souligne aussi que les réductions de personnel et de lits aggraveraient le problème des soins dans les couloirs .
Il indique que le nombre de patients recevant des soins dans les couloirs des hôpitaux est passé de 826 en juin 2018 à 1 860 en 2024 .

Le président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario, Michael Hurley.
Photo : Photo fournie par Michael Hurley
Le SCFP ajoute que le gouvernement a décidé de ne plus produire de données sur ce problème.
L’épicentre de la médecine dans les couloirs et des espaces non conventionnels est l’hôpital de Sudbury. En effet, chaque jour, il fonctionne bien au-delà de sa capacité de 100 %. Tout dépassement de 85 % est considéré comme dangereux en raison du risque d’erreur médicale, explique le premier Vice-président du SCFP-Ontario et président du Conseil des syndicats d’hôpitaux de l’Ontario, Michael Hurley.
Lorsque vous fonctionnez à 115 ou 120 %, vous mettez les patients en danger. C’est monnaie courante en Ontario.
Dans un courriel, le ministère de la Santé de l’Ontario a répliqué que les affirmations contenues dans le communiqué du SCFP sont erronées .
Le courriel stipule que L’Ontario est fier de disposer de l’un des plus grands systèmes de santé publics au monde, avec le plus grand nombre de professionnels de la santé au Canada, et nous continuons à investir des sommes record dans notre système de santé, notamment 91,5 milliards de dollars cette année seulement, soit une augmentation de 30 milliards de dollars depuis 2018 .
Pour être clair, les changements actuellement apportés par les hôpitaux concernent les fonctions administratives non cliniques afin d’améliorer l’efficacité et de permettre à davantage de personnes d’accéder aux soins dont elles ont besoin quand elles en ont besoin. Ils n’ont aucune incidence sur les soins prodigués aux patients , peut-on lire dans la déclaration du ministère.
Avec les informations de Nick Mongeon


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