Pitié, je craque. Un jour, c’est tapis rouge à Davos pour M. Trump et son pathétique Board of Peace. Un autre, c’est l’envoi d’une cruelle lettre circulaire aux parents d’enfants morts à Crans-Montana. Puis c’est lasuppression du Conseil suisse de la science… Et là, rebelote. La Suisse envoie deux observateurs de haut rang à la pantalonnade qu’est la réunion du Board of Peace à Washington. Oublions qu’alors le monde a eu droit à une image de synthèse de Gaza transformée en Gaza-a-Lago, apte à soulever le cœur, oublions que le nom de Gaza ne figure pas même dans la charte du Board, que cette même charte attribue à M. Trump des pleins pouvoirs, illimités dans le temps, faisant de lui une sorte de grotesque roi du monde. Oublions qu’il a conçu ce Board comme organe de remplacement de l’ONU, dont le siège européen se trouve à Genève, ce qui aurait constitué une excuse élégante pour notre pays pour ne pas s’y rendre, fût-ce en observateur. Et je lis que la Suisse réserve sa décision d’y participer en tant que membre de plein droit, une perspective désolante. Peut-on demander au Conseil fédéral de respecter une sorte de Dry January? Une pause, le temps de se souvenir que ce qui fait la force d’un pays, c’est sa fibre morale.
P. S.: Il y a même Infantino dans ce Board… Manque plus que Marie-Thérèse Porchet. Au moins, on aurait rigolé.


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