Ce dimanche 14 juin, la population suisse était appelée aux urnes pour un référendum visant à plafonner la population à 10 millions d'habitants d'ici 2050. Avec 54% des voies exprimées en faveur du "non", la proposition de la droite radicale est ainsi rejetée, à la grande joie des pouvoirs publics et de la plupart des parties.
En Suisse, autorités, milieux économiques, partenaires sociaux et principaux partis ont exprimé dimanche leur soulagement après le rejet, par plus de 54% des votants, de l'initiative anti-immigration portée par la droite radicale, qui visait à plafonner la population du pays alpin."Par leur décision d'aujourd'hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d'ouverture et de fiabilité", a déclaré le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, en conférence de presse, après avoir annoncé le résultat.
Dans les sondages précédant le vote, le non était donné légèrement gagnant pour cette initiative, dont l'adoption aurait pu compromettre les relations entre la Suisse et l'Union européenne, son principal partenaire commercial, avec laquelle elle entretient des liens économiques étroits malgré sa non-appartenance à l'UE.
Une proposition portée par la droite radicale, rejetée par le gouvernement
Porté par l'Union démocratique du centre (UDC, droite radicale), premier parti du pays, ce référendum, dans une Suisse où les étrangers représentent plus d'un quart de la population, visait à limiter l'immigration afin d'empêcher que la population résidente permanente dépasse les 10 millions d'habitants d'ici à 2050 alors que le pays en compte actuellement 9,5 millions.
La proposition a également été rejetée par une majorité de cantons, les scores les plus élevés en faveur du non ayant été enregistrés à Bâle-Ville (73,48%), Neuchâtel (67,26%) et Genève (65,42%).
"En rejetant l'initiative de l’UDC, la population suisse a dit non au repli sur soi et à la xénophobie. Ce non exprime le refus clair d’un retour en arrière vers des temps sombres, marqués par le statut de saisonnier et la privation de droits pour certaines personnes", a réagi l'Union syndicale suisse. "C'est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse", malgré un large soutien dans les zones rurales, a déclaré aux journalistes le patron de l'UDC, Marcel Dettling.
La Suisse évite une "perturbation majeure pour son économie"
L'initiative était combattue par le gouvernement, le Parlement, les principaux partis, les syndicats et le patronat. Les Vert-e-s se sont dits "soulagé-e-s par le rejet clair de l'initiative du chaos de l'UDC". "Je suis rassuré. Cette initiative mettait en pratique une politique du bouc-émissaire", a déclaré Benoît Gaillard, député socialiste, à la télévision.
Selon Jess Middleton, de la société d'analyse des risques Verisk Maplecroft, le rejet de l'initiative "a permis à la Suisse d'éviter une perturbation majeure pour son économie et ses relations avec Bruxelles".
Le scrutin a enregistré une forte participation, proche de 59%, nettement supérieure à la moyenne d'environ 49% observée ces dernières années.


2 week_ago
23


























.jpg)






French (CA)