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Steve Diffo, 33 ans, né le 5 septembre 1993, a été exécuté le 5 juin 2026 à Baloum, dans l’arrondissement de Penka Michel, département de la Menoua. Accusé de vol de tôles sans preuve, il a été conduit de force à la chefferie Baloum, ligoté, le crâne fracassé par une pierre, puis brûlé vif. Le chef supérieur SM Noussi Pokam Charly Constant est activement recherché sur l’ensemble du territoire camerounais.
Ce que le certificat de genre de mort révèle
Le document est formel. Signé le 10 juin 2026 par le chef de district de santé de Penka Michel, il établit que Steve Diffo est mort des suites de calcination. Pas d’ambiguïté possible sur la cause du décès.
Selon des sources policières citées par le journal Mutations, Steve a été interpellé et amené à la chefferie en présence du chef SM Pokam Charly. Interrogé, il a clamé son innocence. En vain. Sans preuve de culpabilité, il a été condamné à mort sur place, par une autorité qui n’en avait aucun droit légal. Des pneus ont été entassés sur son corps ligoté, le feu allumé.
Après le décès, la famille a appris que Steve n’était pas l’auteur du vol pour lequel il a perdu la vie. Un ami résidant à Baloum, un certain Bostel Kamga, avait d’ailleurs plaidé pour lui avant l’exécution. Il ne sera pas écouté.
La famille a déposé plainte auprès du procureur de la République près les tribunaux de la Menoua à Dschang et à la brigade de gendarmerie de Penka Michel, pour « assassinat, complicité d’assassinat, séquestration, torture, non-assistance à personne en danger, destruction de preuves, outrage à cadavre, association de malfaiteurs ».
Fuir ne résout rien. Ça empire tout.
C’est 237online.com qui, dès le 14 juin 2026, a été le premier média à exposer ce dossier et à réclamer que la justice s’en saisisse, dans un article d’Alain-Claude Ndom à lire ici. Un avis de recherches a depuis été émis par le commandant de la Légion de gendarmerie de l’Ouest.
Mais SM Pokam Charly est en fuite.
Ce choix est une erreur lourde. Fuir ne fait pas disparaître un certificat de décès, une plainte déposée au parquet, un mandat d’amener signé, ni les témoignages qui s’accumulent. Des sources dignes de foi évoquent même un précédent troublant : il y a environ un an, le même chef aurait déjà fait brûler un autre membre de sa communauté. Rien n’a été officiellement confirmé à ce stade, mais ces allégations, si elles sont vérifiées, changeraient radicalement la nature du dossier.
Se rendre à la justice reste la seule voie raisonnable. Pas pour atténuer les faits. Pour que la vérité soit établie devant un tribunal, pas dans la clandestinité.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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