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Sport 30/07/2026 08:21
Le président de la Fifa assume son projet de vente d’une partie de la Coupe du monde à des investisseurs privés, évoquant une « occasion en or de dynamiser le développement du sport ».
Par Timothée Barnaud avec AFP

ROBERTO SCHMIDT / AFP
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, souhaite vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés... dont des proches de Donald Trump.
Sa première prise de parole était attendue, tant son annonce a eu un effet retentissant dans le monde du football. Gianni Infantino, le sulfureux patron de la Fifa, a fermement défendu son projet visant à créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés - une privatisation d’une partie de la Coupe du monde, en d’autres termes -, expliquant ce mercredi 29 juillet qu’il s’agissait d’une « opportunité mais pas une obligation ».
Son plan représente « une proposition, une offre » qui s’inscrit « dans le cadre d’un processus démocratique », a affirmé le dirigeant dans une vidéo publiée par la Fifa. « Elle marque le coup d’envoi du processus de consultation », a-t-il poursuivi, en assurant qu’il « s’agit simplement d’un choix qui revient à nos membres ».
Cette proposition avait créé d’important remous dans le monde du football, notamment en Europe. « La Fifa ne peut pas continuer à utiliser notre sport pour s’enrichir elle-même et ses amis », a lancé l’UEFA après avoir tenu dans l’après-midi une réunion d’urgence, évoquant une « opposition grandissante et significative ».
La Fédération française de football, pas la plus critique de Gianni Infantino ces dernières semaines, a quant à elle partagé « ses interrogations et ses très vives inquiétudes » dans un communiqué publié dans la soirée. Selon elle, ce projet « appelle un processus d’information, de concertation et de décision approfondi totalement transparent », des conditions « qui ne sont pas aujourd’hui réunies ».
« Faire émerger les prochains Cap-Vert »
Le projet de Gianni Infantino prévoit la création d’une société, la Fifa Forward Enterprise (FFE), chargée de gérer ses activités commerciales (diffusion, sponsoring, billetterie, octroi de licences) et événementielles (Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, etc.).
Des investisseurs privés pourront en posséder des parts, mais resteront minoritaires, a promis l’instance qui espère lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, sur la base d’une évaluation de la FFE à 20 milliards de dollars. Grâce à cet argent, chacune des 211 fédérations membres de la Fifa pourrait recevoir 20 millions de dollars en plus de la dotation habituelle... si elles annoncent leur soutien au projet avant le 19 septembre, selon des révélations du quotidien britannique The Times.
« Une part trop faible de la valeur commerciale croissante du football revient aux acteurs de ce sport qui en ont le plus besoin », a défendu Gianni Infantino dans sa vidéo, affirmant qu’il s’agissait d’une « occasion en or de dynamiser le développement du sport à l’échelle mondiale ».
« Nous souhaitons contribuer à faire émerger les prochains Cap-Vert », a poursuivi le patron de la Fifa, en référence à la sélection du petit État insulaire d’Afrique qui a atteint les 16es de finale du dernier Mondial pour sa première participation.
« Pas touche à notre sport »
Pour concrétiser la création de cette société commerciale, soumise à validation par le Conseil de la Fifa, la Fifa travaille avec la banque d’affaires J.P. Morgan et le fonds d’investissement Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner, le frère de Jared, gendre de Donald Trump et homme à tout faire de la Maison Blanche. De quoi immédiatement susciter des accusations de conflit d’intérêts entre Gianni Infantino et le président américain, qui ont régulièrement affiché leur proximité ces dernières années.
D’après le journal britannique The Times, qui a révélé le projet FFE avant le communiqué de la Fifa, Gianni Infantino pourrait également à terme devenir directeur général de cette nouvelle structure... avec à la clé des revenus personnels qui pourraient être décuplés.
L’ampleur de ce projet a amené des critiques jusqu’au monde politique, là encore surtout européen. « Pas touche à notre sport », a intimé de son côté l’UE par la voix du commissaire européen chargé notamment des Sports, Glenn Micallef, estimant sur X que ce projet « menaçait ce qui fait du football le sport le plus populaire du monde ».
La ministre française des Sports, Marina Ferrari, a quant à elle dénoncé le fait qu’« un projet d’une telle ampleur ne peut être élaboré sans transparence ni concertation avec les fédérations nationales et les acteurs du football », affirmant que « la méthode est aussi préoccupante que le fond ».


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