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Les aides aux familles ne représentent qu’une fraction des dépenses de la Sécurité sociale. Elles n’en subissent pas moins une lente érosion, accélérée par le choc inflationniste qui a suivi la crise sanitaire.
JML - Aujourd'hui à 19:50 | mis à jour aujourd'hui à 20:05 - Temps de lecture :
C’est un sigle largement ignoré, mais essentiel pour beaucoup de familles. La BMAF ou base mensuelle des allocations familiales, est une somme forfaitaire fixée chaque année par le gouvernement, à partir de laquelle sont calculées la plupart des prestations familiales.
C’est le cas des allocations familiales, mais aussi du complément familial pour les familles ayant au moins trois enfants à charge, de l’allocation de soutien familial pour les enfants privés d’un ou de leurs deux parents, du complément de libre choix du mode de garde ou de l’allocation de rentrée scolaire.
Selon la Drees (le service statistique des ministères sociaux), 6,6 millions de familles bénéficiaient d’au moins une prestation familiale fin 2023, pour un montant moyen de 437 euros par mois et par foyer. Ces aides sont souvent distribuées sous condition de ressources. Pour les ménages pauvres, elles représentent environ 10 % du revenu disponible.
Des revalorisations trop tardives ?
Pour l’année 2025, le BMAF a été fixé à 474,37 euros. L’indice est revalorisé chaque année, en fonction de l’inflation de l’année précédente. Un décalage dénoncé par le Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA), qui a récemment calculé que si les prestations avaient été indexées en temps réel sur les prix, les familles auraient touché environ trois milliards d’euros de prestations supplémentaires entre avril 2021 et mars 2025. Sur cette même période, la perte cumulée de pouvoir d’achat pour une famille modeste de trois enfants bénéficiant de prestations égales à 135 % de la BMAF est de l’ordre de 660 euros.
Très élevée durant les Trente Glorieuses, la part des prestations familiales dans le revenu global des familles connaît en réalité une lente dégradation depuis trente ans. Pour une famille modeste de trois enfants, selon les calculs du HCFEA, les « allocs » ne représentaient plus que 17,7 % du salaire mensuel par tête en 2022, contre 20,7 % en 1990.
Plus de 59 milliards d’euros ont été distribués cette année au titre de la branche famille de la Sécurité sociale, dont le financement repose à 60 % sur les cotisations et à 25 % sur la CSG (contribution sociale généralisée). Supprimée par le Sénat, l’indexation de la BMAF sur l’inflation a été réintroduite par l’Assemblée lors du vote du budget de la Sécu.


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