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SKI ACROBATIQUE. Seule une poignée d’athlètes de la région drummondvilloise ont gravi les échelons de leur discipline jusqu’aux Jeux olympiques. Elliot Vaillancourt fait maintenant partie de ce club sélect.
Nommé au sein de l’équipe canadienne en vue des Jeux de Milan et Cortina d’Ampezzo, Elliot Vaillancourt vivra bientôt son baptême de feu olympique. Le bosseur de 26 ans suit ainsi les traces de son concitoyen Pierre-Alexandre Rousseau, qui l’a d’ailleurs déjà entraîné durant sa jeunesse.
En raison d’un début de saison plutôt ardu sur le circuit de la coupe du monde, la qualification olympique d’Elliot Vaillancourt dépendait des résultats de compétiteurs évoluant dans d’autres disciplines du ski acrobatique. C’est à son domicile familial que le jeune homme a compris qu’il avait décroché son laissez-passer pour l’Italie.
«J’étais avec ma gang, raconte Elliot Vaillancourt dans un généreux entretien avec L’Express. On regardait la course de slopestyle. Quand on a vu les résultats, puis qu’on a compris avec les calculs que je me qualifiais, tout le monde s’est mis à crier dans la maison! Cinq secondes après, je pleurais, ou plutôt je braillais! C’est le terme approprié : je braillais comme un gros bébé!»
Elliot Vaillancourt en action à Val Saint-Côme, plus tôt ce mois-ci. (Photo : Jay Perreault)Derrière cette poussée d’émotions fortes, une tonne de pression venait de s’envoler des épaules d’Elliot Vaillancourt. Le jeune homme n’est toutefois pas prêt à dire que ce moment symbolisait l’aboutissement d’un rêve d’enfance.
«La plupart des athlètes vont dire que c’est un objectif qu’ils ont depuis qu’ils sont tout jeune, mais pour moi, ce serait un peu mentir. J’ai tout le temps voulu me dépasser au bout de mes limites. C’était plus ça, mon objectif. Les Olympiques sont plus rentrés dans ma mire quand je me suis mis à performer sur le circuit Nor-Am, puis quand j’ai obtenu mes gros résultats en coupe du monde.»
«À partir de là, je me suis dit OK, c’est possible, enchaîne-t-il. On dirait qu’avant, j’avais de la difficulté à vraiment y croire. Ça faisait peur de s’attacher à un rêve aussi gros que ça et d’oser se commettre. Mais quand j’ai vu que j’avais les capacités, je me suis dit : Tu peux te faire confiance : on est capable en masse! Là, je me suis mis à y croire plus et à pousser plus pour ça.»
Une saison rocambolesque
Relégué au 31e rang du classement mondial cette saison, Elliot Vaillancourt doit sa sélection olympique à ses performances de l’hiver dernier.
«J’avais une 7e, une 8e et une 9e position sur lesquelles m’appuyer. Ça a été suffisant pour me qualifier, car je n’ai pas réussi à battre ces résultats-là cette année. Certains des athlètes qui étaient en compétition avec moi pour ces Jeux n’ont pas réussi à équivaloir ou battre ces résultats-là. C’est ça qui m’a permis de rentrer.»
Malgré son état d’esprit positif avant le début de la saison, Elliot Vaillancourt a senti la pression monter d’un cran en s’installant dans le portillon de départ lors des épreuves disputées en Finlande, à Val Saint-Côme puis à Waterville, dans le New Hampshire.
«Ce n’était pas évident de rester zen dans des moments hauts en stress comme ceux-là. Il y a eu plusieurs épreuves cancellées, donc moins d’opportunités de qualifications. On a eu des compétitions bizarres : il y a eu des délais, des journées de pluie suivies de journées de glace», relate-t-il.
Elliot Vaillancourt. (Photo : FIS Freestyle Skiing)«Honnêtement, c’est l’un des débuts de saison les plus rocambolesques que j’ai vécu. L’année olympique est venue rajouter du poids dans mon sac à dos. Ça faisait que je portais un sac assez lourd! Là, j’ai finalement pu enlever le sac, alors je me sens pas mal plus léger.»
Dans les semaines précédant sa sélection, Elliot Vaillancourt a d’ailleurs connu des ennuis à Val Saint-Côme, où le brouillard l’a obligé à patienter en haut de la piste pendant deux heures. Coupable de quelques erreurs techniques, il a finalement dû se contenter d’une 17e position en simple, ratant ainsi la finale de peu, et d’une 47e place en duel.
À Waterville, une piste où il a déjà été victime d’une entorse à la cheville et d’une contusion au poumon, Elliot Vaillancourt a d’abord dû affronter ses démons avant de terminer au 19e échelon.
«J’ai réussi à bien les tasser. L’objectif premier, c’était de performer et de sécuriser ma place dans l’équipe olympique, mais l’objectif deuxième, c’était de ne pas me blesser! L’objectif 2 a été accompli, mais pas l’objectif 1. Encore une fois, j’ai fait des erreurs minimes au milieu de la piste. C’était un autre résultat un peu crève-cœur.»
Savourer chaque moment
Au fil des ans, le ski acrobatique a permis à Elliot Vaillancourt d’en apprendre grandement sur lui-même. L’étudiant en génie mécanique à l’Université Laval est convaincu que pour lui, la clé du succès réside dans le plaisir et l’expérience du moment présent. C’est dans cet état d’esprit qu’il s’envolera vers l’Italie.
«L’objectif premier, c’est de s’amuser, vraiment! Pour des premiers Jeux, l’objectif le plus difficile, c’est de te rendre, a-t-il fait remarquer. Une fois rendu, tu es là : tout ce que tu peux faire, c’est de t’amuser! Ce n’est pas comme si ça me prenait un résultat là-bas pour aller aux prochains Jeux. Officiellement, il n’y a rien sur la table, à part l’honneur de représenter son pays. Je suis extrêmement fier d’y aller et de pouvoir dire que je me suis rendu aux Olympiques!»
En évitant de s’imposer une pression inutile, Elliot Vaillancourt estime qu’il sera en mesure de mieux performer.
«Je pense que les Olympiques vont vraiment être ce que j’en fais dans ma tête. Si je mets ça plus gros que c’est, ça va devenir plus gros. Mais la compétition, c’est la même chose que je fais depuis que j’ai 7 ans au mont Sainte-Anne. C’est une piste de bosses comme j’en ai vu plusieurs, alors c’est juste de l’approcher de la même manière. J’ai déjà performé; je sais comment faire. Je m’en vais là pour m’amuser, savourer chaque moment et donner mon 100 %. Si je suis capable de profiter de la vibe là-bas, je pense que les résultats vont suivre. Dans le passé, c’est ça qui est arrivé.»
Elliot Vaillancourt en action à Ruka, en Finlande, en décembre dernier. (Photo : Mateusz Kielpinski, FIS Freestyle Skiing)Elliot Vaillancourt fait allusion à la saison 2023-2024, quand il a obtenu ses deux premiers podiums sur le circuit de la coupe du monde. En l’espace de quelques semaines, il avait décroché l’argent lors d’épreuves en simple en France et à Val Saint-Côme.
«Il n’y a absolument rien d’impossible, mais je ne m’en vais pas là en me disant que ça me prend un podium. Je serais extrêmement content si ça arrive, mais si j’approche la journée en me disant que je veux en podium, je suis déjà trop loin dans mon processus. Surtout que la compétition se déroule sur plusieurs jours : c’est de l’énergie que je brûle. J’ai confiance en mes capacités; je sais que je peux me rendre là, mais c’est vraiment d’y aller étape par étape», explique-t-il.
En ce qui concerne la piste de Livigno, les meilleurs bosseurs de la planète y ont fait un arrêt l’hiver dernier.
«J’ai fait de méchantes bonnes descentes à l’entraînement là-bas, mais en qualifications, j’ai fait quelques erreurs. Ça s’est joué de peu, mais je pense que c’est une piste sur laquelle je peux shiner. Quand on décrit une piste à bosses, celle-là remplit tous les critères pour bien performer. C’est sûr que ça va être un gros show!»
Pour la première fois dans l’histoire des Jeux, l’épreuve de bosses en parallèle s’ajoutera à la compétition en simple en Italie. Elliot Vaillancourt se réjouit de faire partie de cette nouveauté.
«Avant, notre sport était à 50 % aux Olympiques. Il manquait une grosse partie de l’équation. Les duels, c’est un méchant show! Tous les gens qui viennent voir ces épreuves sur place sont impressionnés. Un duel, ce n’est jamais fini tant que ce n’est pas fini! Tout peut arriver : c’est un combat jusqu’à la ligne d’arrivée. C’est très divertissant pour les spectateurs!»
Les épreuves de bosses sont prévues le 12 février (en simple) et le 15 février (en parallèle). Dans les alpes italiennes, Elliot Vaillancourt pourra compter sur l’appui de ses proches, dont son père Carl, sa mère Karine et sa sœur Sandrine.
«Mon beau-frère et ma copine y seront aussi. Tout le monde sera là-bas avec moi pour m’encourager», conclut celui qui ne cache pas sa fierté de représenter sa ville natale sur la plus grande scène qui soit.
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Drummond aux Jeux olympiques…
Elliot Vaillancourt. (Photo : Jay Perreault)– Rosaire Smith (haltérophilie, Londres 1948; Helsinki 1952)
– André Renart (aviron, Montréal 1976)
– Serge Boisvert (hockey, Calgary 1988)
– Nancy Drolet (hockey, Nagano 1998)
– Sébastien Groulx (haltérophilie, Sydney 2000)
– Benoit Gaudet (boxe, Athènes 2004)
– Jessica Dubé (patinage artistique, Turin 2006; Vancouver 2010)
– Pierre-Alexandre Rousseau (ski acrobatique, Vancouver 2010)
– Hugo Houle (cyclisme sur route, Rio 2016; Tokyo 2021)
– Rosalie Boissonneault (natation artistique, Tokyo 2021)
– Antoine Gélinas-Beaulieu (patinage de vitesse, Pékin 2022; Milan 2026)


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