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Au palais de justice de Montréal, Silya Medkour a été condamnée jeudi à un peu plus de quatre ans de prison après avoir plaidé coupable dans une histoire de torture qui s’était conclue par une intervention policière spectaculaire sur la rue Cherrier. La scène, captée par un citoyen, avait été largement diffusée sur les médias sociaux en août 2023.
Au volant d’une voiture blanche, la femme de 19 ans avait foncé droit sur une autopatrouille et avait terminé sa course contre un arbre. La victime, un homme de 30 ans, était sortie du véhicule en courant vers les policiers. Même menottée, Medkour avait tenté de résister à son arrestation.
Silya Medkour et un présumé complice, Ben Terry Édouard, avaient été interceptés à la suite d’une dénonciation anonyme, au moment où ils tentaient de déplacer leur victime en voiture.
Devant le tribunal, jeudi, la femme, qui a aujourd'hui 22 ans, a à peine ouvert la bouche. Elle s’est contentée de répondre aux questions de la juge.
Medkour a plaidé coupable de quatre chefs d'accusation parmi la dizaine initialement portés contre elle : séquestration, extorsion, avoir résisté à son arrestation et voies de fait graves blessant, mutilant ou mettant en danger la vie d’une personne.
Le motif du crime demeure flou. Le 8 août 2023, environ cinq personnes, dont les accusés et la victime, étaient réunies dans un appartement loué sur la plateforme Airbnb lorsqu’une dispute a éclaté vers 20 h à propos d’une livraison de nourriture, de la présence d’un chien et d’une bouteille d’alcool, a expliqué le procureur de la poursuite, Me Jérôme Laflamme.
Frappé, torturé et humilié
Silya Medkour a commencé à gifler la victime. Puis, son coaccusé Ben Terry Édouard se serait mis de la partie. Le plaignant a été obligé de rester nu toute la nuit et d'obtempérer aux ordres et aux consignes que madame et son coaccusé lui imposaient, a ajouté Me Laflamme.
Il a notamment été frappé à la tête avec une bouteille de verre qui a fini par se casser au contact de son front, lui laissant une importante lacération. La femme, décrite par son avocat comme étant sous l’emprise de son coaccusé, se serait interposée à quelques reprises pour faire ralentir les sévices pendant la nuit, a indiqué la Couronne.
La victime, qui n’était pas présente lors de l’audience, a subi des blessures comprenant des ecchymoses, des lacérations et des brûlures presque partout sur le corps, incluant les organes génitaux et le rectum. L’homme, dont l’identité est protégée, a aussi eu le nez fracturé.
Les outils de torture ont été saisis sur place par les policiers après l’arrestation de Medkour et Édouard. Ciseaux, cintres, pinces, marteau, bouteille de vodka format géant et ustensiles chauffés en faisaient partie.
L’avocat de la délinquante a indiqué au tribunal que sa cliente avait des remords et qu’elle avait suivi plusieurs programmes et thérapies depuis qu'elle est incarcérée. La femme, qui n’a pas d’antécédents judiciaires, avait un problème de consommation d’alcool. Au cours de l’été 2023, elle buvait 40 onces de vodka par jour.
La Couronne et la défense se sont entendues pour proposer une peine de quatre ans et trois mois de prison. La juge a entériné la suggestion immédiatement. Il restera à Silya Medkour, qui est détenue depuis les événements, seulement trois mois à purger.
Son coaccusé Ben Terry Édouard, quant à lui, sera de retour devant le tribunal la semaine prochaine. Il était en libération conditionnelle au moment des crimes, en lien avec une affaire d’agression sexuelle. Il était déjà bien connu des policiers avant l’été 2023. À seulement 19 ans, il avait déjà des dossiers criminels dans les districts judiciaires de Montréal, de Laval et de Joliette.
Entre septembre 2022 et août 2023, il a été accusé de voies de fait causant des lésions corporelles, d’agression sexuelle avec menace d’infliger des lésions, d'omission d’arrêter un véhicule moteur lorsque poursuivi par un agent de la paix, de possession de matériel pour pénétrer dans un endroit par effraction, de non-respect de conditions de remise en liberté et de refus de se présenter devant le tribunal à ses dates de comparution.


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