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Sénatoriales : LR face à la menace Ciotti dans les Alpes-Maritimes

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Les sénateurs sont élus au suffrage indirect par un collège de grands électeurs.

Les sénateurs sont élus au suffrage indirect par un collège de grands électeurs. LUDOVIC MARIN / AFP

Alors que le Sénat doit être renouvelé de moitié en septembre prochain, les cinq sièges du département aujourd’hui détenus par LR sont remis en jeu.

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Le vent des municipales est à peine retombé que, déjà, les états-majors politiques se préparent au dernier scrutin avant l’élection présidentielle de 2027 : les élections sénatoriales. En septembre prochain, la Haute assemblée verra en effet la moitié de ses 348 membres renouvelée. Parmi les 63 départements concernés par cette élection, les Alpes-Maritimes font l’objet de toutes les attentions alors que l’alliance RN/UDR pourrait remporter plusieurs sièges au détriment de LR, ouvrant la voie à la création d’un groupe au Sénat. Une première.

Vendredi 5 juin dernier, le conseil municipal de Nice a procédé à la désignation de près de 500 grands électeurs en comptant les 69 conseillers municipaux qui forment ce collège un peu particulier où Éric Ciotti, le nouveau maire UDR, détient une très large majorité. La règle veut qu’au-delà de 30 000 habitants, les plus grandes villes soient en mesure de procéder - par souci de représentativité - à l’élection de grands électeurs supplémentaires. La plupart s’inscrivant dans l’orientation politique du conseil municipal qui les a choisis, laissant peu de doute sur l’issue de leur vote. Ces délégués s’ajoutent aux parlementaires, conseillers municipaux, régionaux et départementaux qui constituent déjà 95 % du corps des grands électeurs. Élus par scrutin indirect les sénateurs siègent pour six ans et portent la voix des territoires au Parlement.

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Liste commune

« Les sénatoriales vont être la démonstration que l’UDR et le RN peuvent prendre de sérieuses parts de marché », prédit un fin connaisseur des arcanes du Palais du Luxembourg. À commencer par les Alpes-Maritimes où l’enjeu est de taille : cinq sièges sont en compétition, tous détenus par LR après la victoire de Dominique Estrosi-Sassone, tête de liste en 2014, réélue sénatrice en 2020 et candidate à sa succession. Les Républicains pouvaient compter jusqu’ici sur une solide assise territoriale mais les élections municipales de mars dernier ont changé la donne bien au-delà du simple cas niçois. L’élection de maires étiquetés RN à Menton ou Cagnes-sur-Mer est désormais susceptible de faire basculer deux à trois sièges dans l’escarcelle de l’alliance menée par Éric Ciotti dans le département. Aussi alliés à l’Assemblée nationale, les deux partis devraient très probablement faire liste commune pour maximiser leurs chances à l’échelon local : « Cela va de soi, c’est une évidence », a reconnu la maire RN de Menton, Alexandra Masson, interrogée ce mardi sur BFM Nice-Côte d’Azur sans que l’on sache encore qui, d’un UDR ou d’un RN, mènera cette campagne.

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Désignation repoussée

Avec déjà trois sénateurs non renouvelables, il manque techniquement sept sièges supplémentaires au RN pour atteindre la barre des dix élus nécessaires à la formation d’un groupe au Sénat à partir de septembre prochain. Dans l’Aude, dans l’Hérault, dans le Gard ou dans le Var et surtout dans les Alpes-Maritimes, « la dispersion risque de favoriser les troupes de Ciotti », craint Roger Karoutchi, sénateur LR et patron de la commission d’investiture du parti (CNI).

Sur les cinq sièges détenus par LR dans le département azuréen, le ralliement à l’UDR du sénateur sortant, Henri Leroy, soutien d’Éric Ciotti aux élections municipales à Nice, est justement évoqué même si l’intéressé temporise pour l’instant. Après avoir nommé 40 de ses candidats sur les 63 départements renouvelables, LR a repoussé à plus tard la désignation de certaines de ses têtes de liste, notamment dans les Alpes-Maritimes jugées parmi les cas difficiles. « L’idéal serait d’aboutir d’ici le 20 juin », espère Roger Karoutchi.

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