NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le 31 juillet 1944, six résistants étaient fusillés à Saint-Jean-du-Corail, Mortain-Bocage (Manche). 82 ans plus tard, leur histoire se perpétue.
Sur le même thèmeHistoireSeconde Guerre mondialeSud MancheArticle réservé aux abonnés S'abonner

Par Rédaction La Gazette de la Manche Publié le 28 juil. 2026 à 20h56
Dans le silence de la carrière de Bourberouge, devenue aujourd’hui un lieu de recueillement dans le Sud Manche, Marie-Bernard Seigneur, prêtre à la retraite, a célébré samedi 25 juillet la messe mémorielle en hommage aux fusillés de Saint-Jean-du-Corail, Mortain-Bocage : François Bostan, Julien Derenne, Victor Fréard, François Genevé, Joseph Hilliou et Jacques Cercleux.
Qui étaient-ils et quelle est leur histoire ?
Des résistants durant la guerre
Six hommes qui résistaient contre l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, quand, à l’été 1944, juste après le Débarquement, les opérations de parachutage d’armes par le service de renseignement et d’action britannique (Special Operations Executive) se sont intensifiées.
« Depuis notre ferme, nous avions une vue dégagée sur les champs, ce qui permettait à mon père de voir facilement les largages », explique Michel Fréard, fils de Victor Fréard, alors âgé de cinq ans. « Il allait immédiatement récupérer et cacher les armes avant de les livrer aux résistants combattant pour la libération de la Normandie en soutien aux soldats alliés. »
C’est une dénonciation qui a conduit à l’arrestation des six hommes, le 28 juillet 1944. Emprisonnés au château de Saint-Jean-du-Corail, siège de la Gestapo, ils sont torturés et interrogés avant d’être conduits vers la carrière de Bourberouge, le 31 juillet 1944.
Lors du transfert, Jacques Cercleux, étudiant originaire de La Flèche, dans la Sarthe, tente de s’échapper en sautant du camion, mais il est froidement abattu sur le bord de la route. Les cinq autres prisonniers seront ensuite exécutés sans autre forme de procès dans la discrète carrière.
Derrière les héros, des familles meurtries
La carrière du château de Bourberouge fut également le théâtre de l’exécution de nombreux autres résistants durant l’occupation allemande. La commémoration des six fusillés s’inscrit dans un drame collectif qui a tragiquement brisé de nombreuses familles du territoire.
Des six fusillés, cinq enfants, dont la plus jeune, la fille de Joseph Hilliou, n’avait qu’un an, se sont retrouvés orphelins de père, ce 31 juillet 1944. Chaque année, depuis 82 ans, ces enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants reviennent à la carrière de Bourberouge afin de partager leur histoire avec les nouvelles générations.
« Depuis plusieurs années, je continue de reconstituer notre histoire familiale car je n’en connais pas tous les détails », se désole Véronique, petite-fille de fusillé. « Les Allemands ne se sont pas contentés d’arrêter mon grand-père, ils ont également incendié tous nos bâtiments agricoles sous les yeux de ma mère, qui n’avait que cinq ans et demi à l’époque. Elle a été très marquée par cet événement qui l’a hantée toute sa vie. Elle a toujours refusé d’en parler, car c’était vraiment trop douloureux pour elle. »

Qui étaient les six fusillés ?
François Bostan (1896-1944)
Né le 21 avril 1896 dans le Finistère, François Bostan est journalier agricole et ancien combattant de la Première Guerre mondiale. Installé à Fougerolles-du-Plessis, il rejoint les Francs-tireurs et partisans (FTP), qu’il accueille à son domicile, La Petite Thomassière, une plaque tournante de la résistance dans la région pour organiser la réception et la distribution du matériel de guerre parachuté par les alliés.
Les soldats allemands l’arrêtent chez lui, le 28 juillet 1944, à la suite d’une dénonciation. De nombreuses armes y sont découvertes. Après trois jours de torture, il sera exécuté à la carrière de Bourberouge. N’ayant pas de famille dans le secteur, c’est son employeur qui reconnaîtra le corps.
Julien Derenne (1920-1944)
Né le 24 novembre 1920 à Fougerolles-du-Plessis, Julien Derenne est mécanicien. Réfractaire au STO (service de travail obligatoire en Allemagne), il s’engage alors au 2e régiment d’artillerie de montagne, à Grenoble, en 1942. Lorsque les soldats allemands occupent la zone libre, il rejoint le groupe de FTP de Fougerolles-Landivy-Larchamp, fondé par son frère Raymond.
Lorsque celui-ci se fait arrêter, Julien Derenne prend la tête du groupe et organise plusieurs attentats contre l’occupant. Il parvient à délivrer son frère incarcéré à Laval et participe activement aux opérations de parachutage d’armes jusqu’à sa dénonciation, son arrestation et son exécution.
Victor Fréard (1910-1944)
Né le 16 juin 1910 à Fougerolles-du-Plessis, Victor Fréard est cultivateur. Sa ferme se trouvant à proximité, il organisait le terrain de parachutage des armes, les camouflait et les transportait jusqu’aux combattants. Il accueillait également chez lui de nombreux résistants et officiers du service de renseignement allié.
Il fut le premier à être arrêté. Après trois jours de torture, il est exécuté avec ses camarades dans la carrière de Bourberouge. Il laisse ainsi ses deux fils de 5 ans et 9 ans orphelins.
François Genevée (1915-1944)
Né le 5 novembre 1915 à Fougerolles-du-Plessis, François Genevée est cultivateur. Engagé dans le réseau de résistance des FTP de Fougerolles-Landivy–Larchamp, il ouvre les bâtiments de son exploitation pour y cacher les armes parachutées et participe aux actions menées pour soutenir la Libération.
Lors de la rafle de Fougerolles-du-Plessis du 28 juillet 1944, les Allemands découvrent chez lui les armes qui n’avaient pas encore été distribuées. Ils saccagent sa ferme et incendient des bâtiments agricoles, puis après trois jours de torture au siège de la Gestapo, à Saint-Jean-du-Corail, il est exécuté. Il laissera deux orphelines de 5 ans et 1 an.
Joseph Hilliou (1916-1944)
Né le 18 août 1916 dans les Côtes-d’Armor, Joseph Hilliou s’engage dans la résistance dès 1941, avec ses frères, Marcel, François et Louis. Il a d’abord tracté et saboté les lignes téléphoniques allemandes. En 1943, il prend la tête du détachement de Champs-du-Boult, dans le Calvados.
Après le débarquement allié, il mène une guérilla active et détruit de nombreux véhicules de la flotte ennemie. Arrêté avec ses camarades, puis torturé et exécuté, il laisse derrière lui une petite fille âgée d’un an.
Jacques Cercleux (1924-1944)
Né le 3 octobre 1924 à La Flèche, Jacques Cercleux était étudiant en âge d’être envoyé au STO. Plus jeune résistant du groupe, il participe aux actions contre l’occupation.
Arrêté lui aussi le 28 juillet 1944, il passe entre les mains de la Gestapo avant d’être conduit à la carrière du château de Bourberouge. Il meurt au bord de la route alors qu’il tentait de s’évader lors du transfert.
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.


7 hour_ago
66



























.jpg)






French (CA)