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En 2011, devant la caméra de Xavier Durringer, il avait perdu quinze centimètres pour entrer dans la peau de Nicolas Sarkozy, dans le film La conquête. Avant cela, Denis Podalydès avait déjà plongé à plusieurs reprises dans le grand bain de la politique. Il avait été André Malraux (Un crime très populaire), puis Edouard Drumont (Drumont, histoire d'un antisémite français, de son ami Emmanuel Bourdieu).
"Le Répondeur" : Denis Podalydès s'offre les services d'un imitateurAujourd'hui, le voilà Mitterrand, dans une mini-série diffusée sur France 2 et dans laquelle il devient un confondant président français. Que ce soit au mitan ou à la fin de sa vie, par la grâce de quelques détails, un phrasé, un regard, il incarne parfaitement celui qui, deux mandats durant, fit tourner la France.

Car Denis Podalydès est de ces acteurs (à l'instar d'un Daniel Auteuil) qui peuvent tout jouer. Qui, en quelques plans à peine, vous font oublier qui ils sont pour devenir des autres, auxquels ils donnent tout.
Le natif de Versailles (le 22 avril 1963), élevé dans une famille de la grande bourgeoisie, suit le cursus que l'on attend de lui : philosophie et lettres au lycée Fénelon, puis à Henri IV. Des références. Ensuite ce sera le Cours Florent. Car le jeune homme aime les planches, plus que tout. Il entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1984. Les débuts dans le métier, pourtant, ne seront pas faciles. À sa sortie du Conservatoire, il est viré d'une production d'Hernani. Mais il s'accroche et travaille. Sa carrière d'" acteur heureux", comme il dit, démarre en 1991, avec une pièce de Corneille.
L'autoportrait stylé de Denis PodalydèsSix ans plus tard, c'est la Comédie-Française qui lui ouvre ses portes. Et, le 1er janvier 2000, il en devient le 505e sociétaire. Le millénaire s'annonce bien. D'autant que l'acteur est aussi très présent au cinéma. Guédiguian, Tavernier, Ruiz, Deville font appel à lui. Sous la direction de son frère Bruno, il tourne, en 2001, Liberté, Oléron, un film en hommage à Eric, un autre frangin, suicidé.
Denis Podalydès, c'est aussi une voix. Narrateur de nombreux documentaires et films, il a récemment prêté son concours au formidable podcast de Philippe Colin consacré à l'Affaire Dreyfus. Il est aussi Tryphon Tournesol dans
les adaptations radio des albums de Tintin, sur France Culture.
"Le Dernier souffle" : notre critique du dernier film de Costa-Gavras sur la fin de vieEn février prochain, coiffé d'un chapeau mou et la pipe au bec, le comédien sera le commissaire Maigret, au cinéma, dans Maigret et le mort amoureux (adapté du roman Maigret et les vieillards).
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