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Dans la nuit de ce samedi 28 au dimanche 29 mars, les horloges avancent d’une heure pour passer à l’heure d’été. Des journées plus ensoleillées qu’apprécient particulièrement les Français, même si ce rythme abîme l’horloge interne.
Audrey Vermorel - 27 mars 2026 à 12:00 - Temps de lecture :
Attention au réveil ! Dans la nuit de ce samedi 28 au dimanche 29 mars, nous perdons une heure de sommeil pour passer à l’heure d’été. Comme tous les six mois, le changement d’heure revient avec son cortège de débats. La moitié des Français (51 %) se disent d’ailleurs sensibles à ces transitions, à l’heure d’été comme à l’heure d’hiver, selon un sondage OpinionWay pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance paru en mars 2026 (*).
Dans la nuit du passage à l’heure d’été, une heure de sommeil s’évapore, mais les soirées, elles, s’allongent. Tant pis pour la dette de sommeil, entre l’heure d’hiver et l’heure d’été, beaucoup de Français ont fait leur choix. « Je préfère l’heure d’été, car elle nous offre la possibilité de profiter pleinement des activités extérieures plus longtemps », témoigne Pascal, un lecteur de Dijon. Même son de cloche pour Signe, dans le Sud-Est, qui souligne que « la lumière naturelle est très importante pour le bien-être ».
Pour Séverine, de Dijon également, « cela correspond mieux à mon rythme biologique », tandis que Nadine évoque « des soirées plus longues et meilleures pour le moral ». Dans l’Ain, Jean-Jacques, lui, pense déjà aux « repas à l’extérieur, barbecues, soirées en famille ». Des perspectives que partage également Lucas, de Perrigny-lès-Dijon (Côte-d’Or) : « Je préfère l’heure d’été, pour partir au travail et rentrer lorsqu’il fait encore jour », explique-t-il, remarquant « le rôle essentiel du soleil sur notre moral ». Car la lumière n’est pas qu’une question de confort. Elle joue un rôle central dans notre organisme. « La lumière, c’est ce qui régule nos rythmes biologiques », nous rappelait Virginie Gabel, coordinatrice d’un groupe de scientifiques au sein du Good Light Group, une association à but non lucratif qui étudie l’impact de la lumière sur la santé. Notre horloge interne - celle qui pilote sommeil, appétit et humeur - dépend directement de l’exposition à la lumière, en particulier le matin.
Une lumière qui perturbe notre coucher
En été, ce signal est puissant : la lumière matinale « rebooste immédiatement l’organisme ». Résultat, on dort parfois moins, mais on se sent plus en forme. À l’inverse, l’hiver manque de luminosité, ce qui peut entraîner fatigue et baisse d’énergie. D’où l’attrait instinctif pour des journées plus longues, associées aussi à une meilleure synthèse de vitamine D et à une amélioration du moral. Mais cette préférence est en réalité paradoxale. Car du point de vue biologique, ce n’est pas l’heure d’été qui est la plus adaptée à notre corps. « L’heure d’hiver est plus proche de notre horloge circadienne », explique la spécialiste. En cause : le décalage entre l’heure sociale et la lumière naturelle.
Le matin, notre organisme a besoin de lumière pour « se remettre à zéro ». Or, en conservant l’heure d’été toute l’année, certaines matinées d’hiver resteraient plongées dans l’obscurité jusqu’à 10 heures. « La lumière est le donneur de temps le plus important pour le corps humain », insiste Virginie Gabel. À l’inverse, une exposition tardive à la lumière le soir retarde l’endormissement : la lumière maintient éveillé, même quand le corps devrait ralentir.
Autre point noir pour notre organisme et notre horloge interne : le changement d’heure lui-même. « Chaque changement a un impact sur notre sommeil, encore plus celui d’été, car nous perdons une heure », rappelle-t-elle. Si certains récupèrent vite, d’autres voient leur rythme perturbé durablement, sur plusieurs semaines, voir plusieurs mois, avec des effets sur le stress, les émotions ou encore l’humeur. Alors, faut-il choisir entre soirées lumineuses et réveils en pleine forme ? Le débat reste entier et n’est pas près d’être tranché, à en croire les promesses de réforme qui restent, pour l’heure, des promesses.
(*) Enquête INSV/Fondation VNCI Autoroutes menée par OpinionWay du 4 au 16 décembre 2025 selon la méthode des quotas auprès de 1006 Français âgés de 18 à 65 ans représentatifs de la population française.


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