La jeune Russe Mirra Andreeva, 8e joueuse mondiale, a remporté samedi à 19 ans son premier titre en Grand Chelem, en battant en finale de Roland-Garros la sensation du tournoi, la Polonaise Maja Chwalinska (114e), issue des qualifications, 6-3, 6-2 en 1h22.
À 19 ans et 39 jours, Mirra Andreeva a remporté Roland-Garros en s'imposant contre la Polonaise, Maja Chwalinska. La native de Krasnoïarsk devient la plus jeune joueuse à s'imposer à Paris depuis Monica Seles, qui avait 16 ans et demi lorsqu'elle a remporté le premier de ses trois titres consécutifs porte d'Auteuil en 1990.
Ce sacre couronne l'évolution de cette adolescente prodige qui a remporté à 15 ans son premier match sur le circuit WTA. Victorieuse des WTA 1000 de Dubaï et Indian Wells l'an dernier, elle ajoute à son palmarès un premier tournoi du Grand Chelem dès sa première finale.
Un premier titre du Grand Chelem à 19 ans
Chwalinska se consolera elle avec la 21e place mondiale, son meilleur classement, qu'elle atteindra lundi à la prochaine actualisation du classement WTA. Elle a marqué l'histoire de Roland-Garros, en devenant la joueuse la plus mal classée à se hisser en finale depuis la création du classement WTA en 1975. C'est aussi la seule issue des qualifications à être allée aussi loin sur la terre battue française.
Sous les yeux de Brad Pitt, la Polonaise a pu exprimer dans un premier temps avec efficacité son style unique fait de variations, entre balles en cloche, amorties et revers longs, qui ont surpris son adversaire. Mais 3 jeux partout, Andreeva, plus agressive, a commencé à prendre ses marques, avec l'appui d'un meilleur service.
Elle a bouclé la première manche en 42 minutes. Une fois lancée, la Russe n'a laissé que des miettes à Maja Chwalinska. Elle a su monter le curseur en sauvant trois balles de break pour mener 3-0. Toute proche du titre à 5-0, Andreeva a laissé filer deux jeux, avant de terminer le match sur le service de son adversaire.
La plus jeune lauréate de Roland-Garros depuis Monica Seles en 1992
Née le 29 avril 2007, elle y accompagne d'abord sa sœur aînée Erika. À six ans, elle s'empare de la raquette, sous l'impulsion de sa mère, qui s'est prise de passion pour le tennis grâce à Marat Safin. Le talent des filles est flagrant. La famille quitte donc les rives du fleuve Ienisseï pour celles de la mer Noire, à Sotchi, puis en 2022 pour la côte d'Azur. Plutôt que l'académie Nadal, les sœurs préfèrent celle de Jean-René Lisnard à Cannes.
Devenue ce samedi la plus jeune lauréate de Roland-Garros depuis Monica Seles en 1992, la droitière d'1,75 m a l'habitude de griller les étapes. En avril 2023, six mois après ses débuts sur le circuit, elle remporte son premier match au WTA 1000 de Madrid. L'année suivante elle se hisse en demi-finales de Roland-Garros et remporte à Iasi (Roumanie) son premier titre.
En février 2025 elle devient à Dubaï, à 17 ans et 299 jours, la plus jeune joueuse à gagner un WTA 1000 avant d'enchaîner à Indian Wells en battant Iga Swiatek (2e mondiale) et Aryna Sabalenka (1re). De quoi atteindre la 5e place mondiale.
Mais cette ascension éclair a un prix. Dès 14 ans, Andreeva subit la violence des réseaux sociaux et des menaces qui la terrorisent alors. Aujourd'hui, Andreeva s'est entourée d'une psychologue, avec qui elle développe des parades mentales: chantonner dans sa tête en plein échange ou visualiser un immense panneau rouge "Stop" pour bloquer les pensées négatives.
Une belle "alchimie" avec son Entraîneuse Conchita Martinez
Elle est plus prolixe quant à sa relation fusionnelle avec sa coach Conchita Martinez, à qui elle voue une "confiance totale". L'Espagnole évoquait à Wimbledon l'an dernier une "fille très gentille, très attentionnée. En dehors des courts elle sourit beaucoup. On peut jouer aux cartes, rire, c'est très agréable".
Depuis leur rencontre en avril 2024, "on s'est dit qu'il y avait une connexion entre nous (...) une alchimie", résumait Conchita Martinez, 53 ans, victorieuse à Wimbledon (1994) et finaliste à Roland-Garros (2000) et à l'Open d'Australie (1998). Mirra Andreeva s'appuie aussi sur sa sœur Erika, son modèle.
"J'ai toujours essayé de lui montrer le meilleur de moi-même pour qu'elle puisse s'en inspirer. Et maintenant, j'ai l'impression que c'est un peu l'inverse" et que l'aînée s'inspire de la cadette, avouait en 2024 Erika, 230e mondiale à bientôt 22 ans. Si Andreeva fait parler la puissance de son coup droit, c'est également dans la tête qu'elle a progressé.
Inconsolable après sa médaille d'argent en double avec Diana Shnaider aux Jeux Olympiques de Paris, fébrile et agacée au point de sortir de son match l'an passé en quarts à Roland-Garros face à la sensation Loïs Boisson, elle a su cette fois dompter l'événement.
Elle a ainsi laissé au vestiaire la version d'elle-même capable de frapper sa raquette au sol et d'insulter le public d'Indian Wells en mars dernier. "Il y a deux ans, quand j'ai joué la demi-finale" de Roland-Garros, "j'étais excitée comme une puce, je n'arrivais pas à y croire et ça a d'une certaine manière déterminé la façon dont j'ai joué ce match", perdu 6-3, 6-1 contre Jasmine Paolini, jugeait jeudi Andreeva.
"Maintenant que je vieillis, je deviens un peu plus mature à chaque match", ajoutait-elle, tout en cultivant sa légèreté hors du court. En plus d'un premier trophée majeur, Andreeva a mené à bien une quête parallèle à Paris: collectionner un pin's à épingler à son accréditation après chaque victoire.


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