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Mené par le film chinois Ne Zha 2 (suivi de Zootopie 2 et Lilo & Stitch), le box-office mondial 2025 fait comme souvent la part belle à l'animation (5 films dans le top 10) et aux blockbusters hollywoodiens (Minecraft, Jurassic World Renaissance, F1 ou Superman). Même si la sortie, le 17 décembre dernier, d'Avatar : de feu et de cendres risque de bousculer le classement. En France, une seule sortie bleu-blanc-rouge parvient à s'inscrire dans le Top 10, avec 3 millions de spectateurs : God Save the Tuche.
Le Film de l'année
Avec Une bataille après l'autre, Paul Thomas Anderson confirme son statut de plus grand cinéaste américain vivant. Avec cette adaptation d'un roman de Thomas Pynchon, l'auteur de Magnolia ou de There Will Be Blood s'ouvre pour la première fois au grand public — le film s'est classé 22e au box-office mondial, avec plus de 200 millions de dollars de recettes — avec un grand thriller politique porté par Leonardo DiCaprio, Sean Penn et Benicio Del Toro. Menée tambour battant, cette comédie à la mise en scène époustouflante résonne parfaitement dans l'Amérique fascisante de Donald Trump. H.H.

Le choc de l'année
L'année 2025 aura été marquée par l'arrivée de la tragédie palestinienne sur grand écran, avec No Other Land (qui a décroché l'oscar du meilleur documentaire), Put Your Soul on Your Hand and Walk de Sepideh Farsi (sur la jeune photographe palestinienne Fatima Hassouna, assassinée par Tsahal) et bien sûr The Voice of Hind Rajab. Grand prix du jury à Venise, la Tunisienne Kaouther Ben Hania rend un superbe hommage à cette Palestinienne de 6 ans, tuée par l'armée israélienne à Gaza en janvier 2024, avec un docu-fiction d'une force incroyable. H.H.

L'actrice de l'année
Si elle a mis du temps à percer au cinéma, Léa Drucker s'est définitivement imposée dans Jusqu'à la garde de Xavier Legrand en 2017. 2025 a été une grande année pour l'actrice française, qui a brillé à Cannes à l'affiche de deux films : L'Intérêt d'Adam de la Belge Laura Wandel et Dossier 137 du Français Dominik Moll. Deux rôles ancrés dans les gestes, dans une profession : celui d'une infirmière débordée dans le premier, celui d'une inspectrice de l'IGPN enquêtant sur une bavure policière face aux Gilets jaunes dans le second. H.H.

L'acteur de l'année
Finira-t-il par lasser ? Révélé sur le petit écran dans Game of Thrones et dans Mandalorian (dont il reprendra le masque en 2026 dans le prochain film Star Wars), Pedro Pascal aura été omniprésent cette année sur grand écran. Tenant tête à Joaquin Phoenix dans Eddington, western revisité d'Ari Aster, romantique face à Dakota Johnson dans Materialists de Celine Song, l'acteur chilio-américain a également fait son entrée dans le MCU dans la peau de l'emblématique Reed Richards dans Les 4 Fantastiques : Premiers pas. H.H.

Le réalisateur de l'année
En mai dernier, ayant récupéré son passeport, Jafar Panahi pouvait enfin revenir au Festival de Cannes pour y présenter son dernier film. Thriller dénonçant frontalement l'arbitraire de la justice iranienne, nommé à quatre reprises aux prochains oscars, Un simple accident a permis au cinéaste d'ajouter une Palme d'or à son Lion d'or (Le Cercle en 2000) et à son Ours d'or (Taxi Téhéran en 2015). Et ce, un an après que son compatriote Mohammad Rasoulof avait été snobé sur la Croisette pour le fantastique Les Graines du figuier sauvage, qui a également marqué l'année ciné 2025. H.H.

La révélation de l'année
En mai 2024, Malou Khebizi s'est fait un nom du jour au lendemain en portant sur ses épaules Diamant Brut, en Compétition à Cannes. Épatante en influenceuse marseillaise dans le premier film d'Agathe Riedinger (sorti chez nous en mars), qui lui a valu une nomination au César de la révélation, elle a ensuite été revue, totalement méconnaissable, dans Enzo de Robin Campillo et dans Les Filles désir de Prïncia Car, mais aussi dans la série Netflix Young Millionaires. Tandis que la jeune comédienne de 22 ans sera bientôt à l'affiche du très beau Love Me Tender d'Anna Cazenave. H.H.

Le come-back de l'année
Tel le phénix renaissant de ses cendres, Pamela Anderson illumine l'écran et la scène dans le film The Last Showgirl de Gia Coppola. Dans le rôle d'une danseuse de revue toujours aussi passionnée par les paillettes et les mirages de son métier, qui ne voit pas le ciel s'assombrir et l'horizon se brouiller, l'actrice est bouleversante. Elle se sert avec intelligence et finesse des échecs rencontrés dans son parcours de comédienne, après le succès de la série Alerte à Malibu, pour nourrir les désillusions de son personnage à l'écran. KT

- Notre critique de The Last Showgirl
Le film belge de l'année
Impossible d'oublier la force et la justesse d'interprétation de Myriem Akheddiou dans le drame judiciaire belge On vous croit. L'actrice y a infusé toute sa force et sa sensibilité afin de donner corps à cette mère louve défendant ses enfants face à leur père. Le film de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys, récompensé à la Berlinale et au Fiff Namur, pointe la réalité glaçante d'une justice si lente et trop souvent sourde à la douleur des plus faibles, rendant compte de ce qui se produit dans de trop nombreux tribunaux à travers le monde. KT

- Notre critique de On vous croit
L'animation de l'année
Voyage au fil de l'eau à la fois prenant et envoûtant, Flow dévoile un monde sans parole et sans humain, dans le sillage d'un jeune chat craintif, mais débrouillard, tentant de fuir les inondations. Avec ce deuxième film singulier, le jeune réalisateur letton Gints Zilbalodis (Ailleurs) a été récompensé en janvier 2025 d'un Golden Globes. Partout où il est montré, le récit à la forte symbolique séduit les foules, intriguées par cette histoire faisant la part belle à la solidarité animale et à l'entraide, face à une catastrophe écologique à l'origine indéterminée. KT

- Notre critique de Flow
- Notre interview du réalisateur Gints Zilbalodis
Meilleur premier film
Il faut toute la sensibilité conjointe d'une jeune réalisatrice (Pauline Loquès) et d'un jeune acteur (le Québécois Théodore Pellerin) pour expliquer la formidable alchimie qui fait de Nino un premier film aussi réussi. Sur un thème délicat et a priori inquiétant (la maladie et l'infertilité possible d'un jeune trentenaire), les deux parviennent à tisser une toile aux allures de cocon qui capture l'âme du spectateur pour ne plus le laisser repartir. Le poussant à se poser des questions essentielles sur l'amour, la famille et la place des amis. Un récit juste, précieux et touchant. KT

- Notre critique de Nino
L'expérience ciné
Objet cinématographique non identifié, Sirât est un film unique. Oliver Laxe signe en effet une œuvre totalement déconcertante qui, si elle ne convainc pas totalement, n'en propose pas moins une incroyable expérience de cinéma, un trip philosophico-techno à voir absolument sur grand écran. Cassant tous les codes dramatiques, le cinéaste franco-espagnol se permet au passage une scène incroyable, totalement sacrilège du point de vue du pacte avec le spectateur, qui a marqué le Festival de Cannes, où le film a décroché le prix du jury. H.H.

La scène de l'année
On a rarement vu un récit d'une telle justesse sur l'amitié entre deux femmes et le soutien que l'on aimerait recevoir lorsque le réel se disloque sous nos pas. Avec Sorry Baby, Eva Victor (devant et derrière la caméra de son premier film) trouve la parfaite distance pour raconter le drame que traverse Agnès, à la suite de l'agression de son professeur, sans sombrer dans le pathos ou le voyeurisme. Suggérant par la tombée de la nuit, le drame qui couve, plutôt que de le filmer en gros plan, la cinéaste restitue ce réel diffracté qui emprisonne la jeune femme. Un drame face auquel son amie Lydie est à la fois son seul témoin et son meilleur soutien. KT

- Notre critique de Sorry Baby
Nos Tops 10
Hubert Heyrendt
- The Voice of Hind Rajab de Kaouther Ben Hania
- The Seed of the Sacred Fig de Mohammad Rasoulof
- Tardes de Soledad d'Albert Serra
- Vermiglio de Maura Delpero
- One Battle After Another de Paul Thomas Anderson
- Sentimental Value de Joachim Trier
- All We Imagine As Light de Payal Kapadia
- Un simple accident de Jafar Panahi
- I'm Still Here de Walter Salles
- Vingt Dieux de Louise Courvoisier
Karin Tshidimba
- Sorry baby de Eva Victor
- The Last showgirl de Gia Coppola
- Black dog de Hu Guan
- One battle after another de Paul Thomas Anderson
- Nino de Pauline Loquès
- Sentimental Value de Joachim Trier
- Les Graines du figuier sauvage de Mohammad Rasoulof
- La Petite Dernière d'Hafsia Herzi
- Resurrection de Bi Gan
- Flow de Gints Zilbalodis
Juliette Goudot
- The Brutalist de Brady Corbet
- Valeur sentimentale, de Joachim Trier
- La Petite dernière d'Hafsia Herzi
- Tardes de Soledad d'Albert Serra
- Put Your Soul on Your Hand and Walk de Sepideh Farsi
- Partir un jour d'Amélie Bonin
- Nino de Pauline Loquès
- Queer de Luca Guadagnino
- Nouvelle vague de Richard Linklater
- Une Bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson
Le palmarès de 2025
Les 97es Oscars
- Meilleur film : Anora de Sean Baker
- Mise en scène : Sean Baker (Anora)
- Actrice : Mickey Madison (Anora)
- Acteur : Adrien Brody (The Brutalist)
- Scénario original : Sean Baker (Anora)
- Adaptation : Peter Straughan (Conclave)
Les 50es César
- Meilleur film : Emilia Pérez de Jacques Audiard
- Mise en scène : Jacques Audiard (Emilia Pérez)
- Actrice : Hafsia Herzi (Borgo)
- Acteur : Karim Leklou (Le Roman de Jim)
- Scénario original : Boris Lojkine et Delphine Agut (L'Histoire de Souleymane)
- Adaptation : Jacques Audiard (Emilia Pérez)
Le 78e Festival de Cannes
- Palme d'or : Un simple accident de Jafar Panahi
- Grand Prix du jury : Valeur sentimentale de Joachim Trier
- Mise en scène : Kleber Mendonça Filho (L'Agent secret)
- Actrice : Nadia Melliti (La Petite Dernière)
- Acteur : Wagner Moura (L'Agent secret)
- Prix du jury : Sirat d'Óliver Laxe et Les Échos du passé de Mascha Schilinski
- Scénario : Jean-Pierre et Luc Dardenne (Jeunes Mères)
La 82e Mostra de Venise
- Lion d'or : Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch
- Grand Prix du jury : La Voix de Hind Rajab de Kaouther Ben Hania
- Mise en scène : Benny Safdie (The Smashing Machine)
- Actrice : Xin Zhilei (The Sun Rises on Us All)
- Acteur : Toni Servillo (La Grazia)
- Scénario : Valérie Donzelli et Gilles Marchand (À pied d'œuvre)
La 75e Berlinale
- Ours d'or : Dreams de Dag Johan Haugerud
- Grand Prix du jury : Les Voyages de Tereza de Gabriel Mascaro
- Prix du jury : The Message d'Iván Fund
- Mise en scène : Huo Meng (Le Temps des moissons)
- Performance : Rose Byrne (If I Had Legs I'd Kick You)
- Second rôle : Andrew Scott (Blue Moon)
- Scénario : Radu Jude (Kontinental '25)
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