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Depuis 2021, il se reprend plus d’entreprises qu’il ne s’en crée au Québec. Toutefois, seuls 6,1 % des repreneurs ont moins de 30 ans. C’est dans cette optique qu’Olivier Bilodeau et Laurent Gosselin ont défié les statistiques et ont acquis l’entreprise lévisienne DX Plastiques à l’âge de 24 et 25 ans respectivement.
Il y a beaucoup de valeur ajoutée à acheter une entreprise qui a un antécédent, qui a un historique et une base de clients déjà établie, qui a tous ses procédés et protocoles au niveau de la clientèle, des ventes et des ressources humaines. Ça vaut vraiment quelque chose. Selon moi, c’est 10 fois plus difficile de lancer une entreprise de zéro, lance d’emblée Laurent Gosselin.
Accompagnés de deux investisseurs passifs et mentors, les deux repreneurs ont pleinement pris les rênes de l’entreprise de thermoformage de pièces de plastique en octobre.
Il faut réussir à encourager [les jeunes] à se lancer dans le repreneuriat et continuer les efforts de sensibilisation et maintenir l'aide. On n'a pas le luxe de se priver de jeunes repreneurs motivés, explique Alexandre Ollive, président-directeur général de Repreneuriat Québec et porte-parole officiel de l’Observatoire du repreneuriat.

À peine quelques mois après leur arrivée en poste, les nouveaux propriétaires souhaitent déjà investir dans de nouveaux équipements afin de faire croître l'entreprise.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare
S’ils n’étaient aucunement experts en plastique, les deux diplômés de l’Université Laval ne se connaissaient même pas avant que l’un de leurs partenaires passifs les mette en contact. Cependant, ils avaient un objectif commun : se lancer en affaires en passant par la porte du repreneuriat.
On s’est rencontrés la première fois et on s’est tout de suite rendu compte qu’on était sur la même vibe. C’est comme ça, au final, qu’on s’est dit que c’était un bon mixte, raconte Olivier Bilodeau.
Une étincelle
Mike Doyon, l’ancien propriétaire de DX Plastiques, était arrivé à la croisée des chemins. Son entreprise devait poursuivre sa croissance, mais des sommes importantes devaient être investies. Il a alors choisi la retraite avec le souci de vendre son entreprise à des gens de confiance.
Notre fonds de retraite, chez les entrepreneurs comme nous, c'est toute notre entreprise. On n'a pas de fonds de pension, aucune garantie. On risque toute notre vie et la seule façon de prendre notre retraite, c'est d'effectuer une vente, indique-t-il.

L'entreprise lévisienne DX Plastiques a été fondée en 1992.
Photo : Radio-Canada / Alexandre Bellemare
Pour l’entrepreneur nouvellement retraité, c’est l’étincelle entre les parties de la transaction qui l’a convaincue de vendre sa PME qui embauche 13 employés.
Je suis tombé très jeune en affaires et je me revois dans leur peau. [...] Je les ai trouvés ouverts d'esprit et avec une bonne tête d'affaires.
La décennie du repreneuriat
D’ici cinq ans, ce sont 50 000 entreprises au Québec qui devront trouver une relève, rapporte Repreneuriat Québec. Selon les plus récentes statistiques de l'Observatoire du repreneuriat, près d'une entreprise manufacturière sur six cherchera un nouveau propriétaire au cours de la prochaine année.
Les tendances se maintiennent à la hausse depuis 2021. Il s'est passé quelque chose de particulier. Depuis cette année-là, on transfère plus d'entreprises au Québec que l'on en crée. C’est un virage assez important, rapporte Alexandre Ollive.
Si 6,1 % des repreneurs sont âgés de 30 ans et moins, ce sont 59 % des repreneurs qui ont entre 30 et 54 ans, alors que 34,9 % ont 55 ans et plus à l’échelle de la province. L’un des défis des jeunes repreneurs est notamment du côté du financement disponible auprès des institutions financières comparativement aux repreneurs expérimentés.

Selon le président-directeur général de Repreneuriat Québec, Alexandre Ollive, la reprise d'une entreprise offre une base d'entreprise solide, des revenus stables et un carnet de fournisseurs dans un marché connu.
Photo : Radio-Canada
La reprise d’entreprises est également moins risquée alors que 87,5 % d'entre elles sont encore debout cinq ans après la transaction comparativement à 57 % chez les nouvelles entreprises.
Pour le président-directeur général de Repreneuriat Québec, il ne manque pas de repreneurs au Québec. Il faut plutôt informer davantage les cédants.
Les cédants attendent parfois à la dernière minute. Ils informent très peu de leur intention de vendre ou de transférer. Rapidité et reprise d'entreprise font rarement bon ménage, avance-t-il.
La précieuse main-d’œuvre
Olivier Bilodeau et Laurent Gosselin reconnaissent que, sans les employés qui travaillent chez DX Plastiques, le défi de reprendre ce type d’entreprise aurait été encore plus grand.
C’est là que le repreneuriat devient intéressant. Tu as une équipe en place, on peut apprendre beaucoup d'elle. Pour nous, c’est un monde inconnu. On est encore en mode apprentissage, met en lumière Olivier Bilodeau.
Cet avantage est également un défi, aux yeux d’Alexandre Ollive.
Un des défis, c'est de gérer ou de poursuivre. On n'est pas là pour briser et casser [ce qui a été mis en place précédemment]. Au contraire, il faut faire sa place dans l’entreprise de la bonne façon et l'amener à bon port en utilisant les bons leviers de changement, conclut-il.


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