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REPORTAGE. "Si le pont est bombardé, nous serions assiégés" : dans le sud du Liban, les craintes des habitants d'être pris au piège par les frappes israéliennes

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Publié le 24/03/2026 08:18 Mis à jour le 24/03/2026 08:19

Temps de lecture : 2min

Un bâtiment en ruines après une frappe israélienne dans le sud du Liban, le 18 mars 2026. (ABBAS FAKIH / AFP) Un bâtiment en ruines après une frappe israélienne dans le sud du Liban, le 18 mars 2026. (ABBAS FAKIH / AFP)

Dans le sud du Liban, les ponts sont devenus des cibles pour l'armée israélienne afin d'atteindre le Hezbollah. Mais dans les villages, les habitants se retrouvent pris au piège et isolés du reste du pays.

Emmanuel Macron convoque un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale, mardi 24 mars, sur la situation en Iran et au Moyen-Orient. Il intervient alors que de nouvelles frappes israéliennes ont touché le Liban. L'armée israélienne continue en effet de frapper des infrastructures, notamment tous les ponts menant au sud du pays : Israël accuse le Hezbollah de les utiliser pour transporter des armes. Mais ces bombardements sur les villages du sud risquent d'isoler les habitants restés sur place.

C'est le cas de village, dont le pont est le dernier encore debout pour relier la région de Tyr, dans le sud, à Beyrouth, la capitale. En traversant l'édifice, les voitures accélèrent : l'armée israélienne a annoncé qu'elle allait le bombarder prochainement. De l'autre côté de la route, il y a le village de Borgholiyeh, juste au nord de Tyr, entouré par les frappes. "Ici, plus de 680 familles sont restées, elles tiennent bon. Lors de la dernière guerre en 2024, elles avaient fui, mais les conditions de déplacement avaient été si dures qu'elles ont préféré rester cette fois-ci", explique Abu Qassem, un membre de la municipalité.

En effet, Borgholiyeh est en "zone rouge", c'est-à-dire soumis aux ordres de déplacement forcé d'Israël. Mais ici, personne ne veut partir. Des dizaines de familles vivant près de la frontière ont même trouvé refuge dans l'école élémentaire du village.

Au deuxième étage, Abu Brahim gère les lieux, et garde un œil sur le pont voisin : "Ça devient urgent ! La communauté internationale doit faire pression pour que ce pont reste intact. Le fleuve est en crue, c'est l'hiver, personne ne pourrait le traverser. S'il est bombardé, nous serons assiégés", affirme-t-il.

Khadija fait partie des déplacés : elle vit maintenant dans l'école avec ses enfants et petits-enfants, et est très inquiète sur la suite du conflit. "Les frappes israéliennes sont beaucoup plus intenses qu’autrefois. Alors, aujourd’hui, nos villages plus au sud se sont entièrement vidés", glisse-t-elle.

"Cette région est comme mon âme : si je la quittais, je serais comme un poisson qu’on arrache de l’eau. Sans mon village, je mourrais".

Khadija, habitante de Boulghoriyeh, dans le sud du Liban

à franceinfo

Pourtant, la région du Sud Liban s'isole peu à peu, et ce n'est pas la première fois : en 2006 ou encore en 1978, la région avait déjà été mise sous cloche. Si le dernier pont avant Borgholiyeh est détruit, l'acheminement des vivres et de l'aide deviendra impossible pour les civils. Et ces bombardements de ponts sont perçus par les Libanais comme le signe d'une invasion imminente.

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