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En salle ce mercredi, Rédemptions, réalisé par Luc Picard, réunit une distribution de choix – Kelly Depeault, Henri Picard, Sophie Desmarais ou encore Gérard Lanvin – pour livrer un film émouvant sur l’amour et la compassion, tout en marquant les retrouvailles à l’écran de Luc Picard et son fils Henri.
On parle beaucoup de violence gratuite, mais pas assez d’amour gratuit, dit Josée, le personnage interprété par Sophie Desmarais, à la fin de Rédemptions.
Selon Luc Picard, ces mots incarnent l’essence de son sixième long métrage dans lequel il joue Marcel, un tueur à gages, comme dans son précédent film Confessions, sorti en 2022.
Ça donne l’impression que c’est un film de bandits, mais ce n’est pas un film de bandits.
Un effet domino
Si Marcel accepte de tuer deux membres du crime organisé à la demande de celui qui s’est occupé de sa fille pendant ses longues années passées en prison, ce double meurtre, qui survient dans un restaurant montréalais en pleine tempête de neige, ne constitue que le point de départ d’un film choral navigant entre Montréal et Paris.
Non seulement ce drame aura des répercussions sur des clients du restaurant, mais Marie, la fille de Marcel, en subira aussi les conséquences à des milliers de kilomètres.
Au moment où son père renoue avec le crime, Marie se trouve sur le tournage, à Paris, d’un film, dans lequel son conjoint acteur joue un homme se faisant abattre dans le cadre d’un règlement de comptes.
Kelly Depeault et Henri Picard incarnent Marie et son conjoint Francis.
La beauté face à la violence
Parmi les personnes présentes au restaurant en ce matin de décembre se trouvent Philippe et Roselyne, cette dernière étant une Française en voyage à Montréal pour écrire un article sur les Noëls québécois.
Quand Marcel entre dans le restaurant, ces deux inconnus échangent, depuis quelques minutes, des regards appuyés, qui vont gagner en intimité dans la foulée de la fusillade.
C’est de l’amour, résume Luc Picard. Ils ne sont jamais parlé, mais ils connectent parce qu’ils partagent la même humanité. Ils ont besoin l’un de l’autre.
L’amour, c’est la seule réponse, c'est la plus belle réponse, dit également Josée dans le film. Je le crois, ajoute Luc Picard. La meilleure affaire qu’on a à faire est de s’aimer le mieux possible.

Les personnages de Philippe et Roselyne se tiennent la main après la fusillade survenue dans le restaurant où ils sont entrés sans se connaître.
Photo : Christal Films Productions
Luc Picard s'est d'ailleurs inspiré de faits réels, soit le double meurtre survenu dans le restaurant d’un ami, pour écrire le scénario de Rédemptions.
Il m’a parlé de la réaction des gens dans le restaurant, explique le réalisateur. C’est comme s’il y avait une nouvelle intimité entre ces inconnus, comme si la violence commune [vécue] les avait rendus plus ensemble.
Une quinzaine d’années lui ont été toutefois nécessaires pour mener à bien ce projet. La rédaction du scénario s’est débloquée quand Luc Picard a véritablement su de quoi son film allait parler : de compassion entre étrangers, de la façon dont on est capable d’être solidaire les uns des autres, même quand on ne se connaît pas.
C’est un peu vertigineux
Luc Picard est lui-même un grand admirateur de films choraux, son préféré étant Magnolia, dans lequel Paul Thomas Anderson met en scène Tom Cruise, Julianne Moore et Philip Seymour Hoffman.
Rédemptions raconte habilement pas moins de cinq histoires en parallèle, sur fond de musique composée par Alex Nevsky.
C’est un peu vertigineux, reconnaît-il.
C’est dangereux, car il faut que ce soit organique, [mais] tu ne peux pas garantir que ça va fonctionner ou pas, explique celui qui a dû attendre la première version du film monté pour savoir s’il avait relevé le défi.

Rangé du crime depuis sa sortie de prison, le personnage de Marcel, joué par Luc Picard, s'apprête à exécuter un dernier contrat.
Photo : Christal Films Productions
Lui-même acteur, Luc Picard a su s’appuyer sur son expérience devant la caméra pour diriger avec justesse ses comédiens.
Interpréter les émotions en tant qu’acteur, ça aide à diriger, souligne Kelly Depeault. Je pense que ça lui amène une certaine sensibilité.
Je suis très protecteur de mes acteurs. J’essaie de créer un espace où ils se sentent libres et aimés, parce que je trouve que cela donne les meilleurs résultats et parce que c’est tellement plus agréable.
Père et fils
Neuf ans après Les rois mongols, Luc Picard s’entoure à nouveau de son fils Henri Picard, à qui il a confié le rôle de Francis.
Il est vraiment en train de s'établir comme un acteur de plus en plus remarquable, assure, avec fierté, le père. C’est un privilège de travailler avec mon garçon.
Pendant ces neuf ans, j’ai fait mes expériences de mon côté, lui a fait ses affaires. Et là, on se retrouve. On parle davantage le même langage cinématographique et créatif, se réjouit le fils.

Les acteurs Henri Picard et Gérard Lanvin dans « Rédemptions », de Luc Picard.
Photo : Christal Films Productions
Le lien de confiance qui l’unit à son père – qu’il appelait Luc sur le plateau de tournage – a constitué un atout aux yeux de Henri Picard.
Il me connaît bien, des fois mieux que moi-même, confie l’acteur de 25 ans. Il sait comment m’amener plus facilement que d’autres réalisateurs dans certaines zones.
Rédemptions, qui sera présenté en compétition officielle au Festival du film francophone d’Angoulême en août, sortira également en France au mois de décembre.
Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier


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