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Ancien commandant des Gardiens de la révolution, maire de Téhéran puis président du Parlement, ce vétéran du régime est devenu un acteur clé de l’après-Khamenei.
Par Anne-Fleur Andrle avec AFP

- / AFP
Longtemps cantonné aux seconds rôles, Mohammad Bagher Ghalibaf (ici en mai dernier lors d’une réunion avec le Pakistan) s’est imposé comme l’un des principaux visages du pouvoir iranien après la guerre et au cœur des négociations avec Washington.
Depuis des mois, les États-Unis affirment se rapprocher d’un accord avec l’Iran. Et presque chaque fois, des responsables iraniens vient contester, nuancer ou parfois même contredire les annonces venues de Washington. Au fil des négociations, une question s’est imposée : les Américains parlent-ils vraiment aux mêmes interlocuteurs que ceux présentés par Téhéran comme les représentants du pouvoir ?
L’accord annoncé avec les États-Unis a en partie levé le voile sur cette interrogation. À 64 ans, Mohammad Bagher Ghalibaf est apparu comme l’un des principaux artisans des discussions menées côté iranien. Président du Parlement, cet ancien commandant des Gardiens de la révolution s’est imposé ces dernières semaines comme le visage le plus visible de la République islamique.
Une ascension qui s’explique aussi par les bouleversements provoqués par la guerre. Les frappes israélo-américaines ont décimé une partie de la hiérarchie iranienne, emportant plusieurs figures centrales du régime, dont l’ancien guide suprême Ali Khamenei et le responsable sécuritaire Ali Larijani.
Alors Mohammad Bagher Ghalibaf est devenu l’homme qui parle au nom de l’Iran sur la scène internationale. Mais qui est réellement ce vétéran du système iranien, longtemps resté dans l’ombre avant de se retrouver au cœur des négociations avec Washington ?
Un vétéran de tous les centres de pouvoir
Né en 1961 dans la province du Khorassan, dans le nord-est du pays, Mohammad Bagher Ghalibaf rejoint très jeune les Gardiens de la révolution après la révolution islamique de 1979. Sa carrière est marquée par la guerre entre l’Iran et l’Irak dans les années 1980, conflit fondateur pour une grande partie de l’élite dirigeante actuelle.
Au fil des décennies, il gravit méthodiquement les échelons et dirige successivement les forces aériennes des Gardiens de la révolution, la police nationale puis la mairie de Téhéran, l’un des postes les plus exposés du pays. Depuis 2020, il préside le Parlement iranien.
Il a donc un profil à la fois militaire, administrateur et responsable politique. Une polyvalence qui l’a maintenu au premier plan malgré les changements d’équilibres internes. À plusieurs reprises, il a tenté de décrocher la présidence de la République sans jamais parvenir à franchir la dernière marche.
L’homme qui a impressionné Washington
La guerre a changé son statut. Alors que plusieurs figures majeures du régime ont été tuées et que le pouvoir iranien traversait l’une des périodes les plus incertaines de son histoire récente, Mohammad Bagher Ghalibaf a pris la tête des discussions avec les États-Unis.
C’est notamment lui qui a conduit la délégation iranienne lors des pourparlers organisés à Islamabad au printemps. Il y a rencontré le vice-président américain JD Vance, dans ce qui constitue l’un des contacts les plus élevés entre les deux pays depuis des décennies.
Selon le Washington Post, sa prestation a marqué plusieurs membres de la délégation américaine. Le quotidien rapporte qu’il a été perçu comme un négociateur expérimenté, maîtrisant parfaitement ses dossiers et capable de parler au nom des principaux centres de pouvoir iraniens.
Reste que sa montée en puissance ne signifie pas qu’il dirige désormais seul la République islamique. L’organisation du pouvoir iranien demeure difficile à décrypter depuis la disparition d’Ali Khamenei. Son fils Mojtaba a été désigné comme successeur, mais son absence prolongée de la scène publique alimente les spéculations. Dans le même temps, les Gardiens de la révolution, les services de sécurité et les différentes institutions du régime continuent de peser sur les grandes décisions.


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