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Québec va mettre une somme de 20 millions de dollars par an à la disposition des universités anglophones afin qu'elles « renforcent le français » chez leur clientèle.
Les universités McGill, Concordia et Bishop's devront voir à ce qu'au moins 60 % de leurs étudiants non québécois atteignent le niveau 4 à l'échelle de compétence en français.
Cette cible de 60 % inclut toutefois les étudiants qui sont francophones sans être québécois. Il peut s'agir de Belges, de Français, de Marocains et de Canadiens francophones des autres provinces, par exemple.
Les universités ici ont un bassin qui tourne autour de 16 à 18 % d'étudiants qui sont déjà francophones et qui sont non québécois. Alors, c'est essentiellement pour la balance, a expliqué la ministre de l'Enseignement supérieur, Martine Biron, au cours d'une conférence de presse, mardi, à Montréal. Elle était aux côtés de deux recteurs et d'un principal de ces universités.

Martine Biron, ministre de l'Enseignement supérieur (photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
La somme de 20 millions $ pourra servir à différentes mesures, comme des cours supplémentaires ou de l'immersion. Les étudiants ne seront pas contraints de suivre ces cours, a-t-on précisé.
Si la cible n'est pas atteinte, l'université sera pénalisée en devant rembourser une partie des fonds reçus, soit un montant de 1500 $ par étudiant qui n'aurait pas atteint le niveau suffisant. Mais la ministre Biron a assuré que les universités bénéficieraient d'un bon laps de temps pour s'ajuster.
« Cible raisonnable »
Les trois dirigeants universitaires se sont montrés optimistes face à cette cible de 60 %.
Le recteur et vice-chancelier de l'Université McGill, Deep Saini, a, par exemple, souligné que 60 % des étudiants de McGill ont déjà un certain degré de maîtrise ou connaissance du français, alors que 20 % ont le français comme langue maternelle. Il affirme que ces statistiques sont similaires, voire plus élevées, dans les autres universités anglophones.
C'est un mythe de dire que McGill est un ghetto; ce n'est pas un ghetto anglophone, a lancé le recteur Saini.

Graham Carr, recteur de l’Université Concordia
Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cloutier
Le recteur et vice-chancelier de l'Université Concordia, Graham Carr, a, lui aussi, parlé d'une cible raisonnable et d'une mesure incitative plutôt que d'une contrainte pour les étudiants.
Notre université est convaincue que l'apprentissage d'une autre langue est une richesse qui demeure pour toute une vie et c'est vraiment quelque chose dont on fait la promotion auprès de nos étudiants, a commenté de son côté Sébastien Lebel-Grenier, principal et vice-chancelier de l'Université Bishop's à Sherbrooke.


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