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Le gouvernement Fréchette a déposé jeudi sans crier gare son plus récent « plan vert », consacrant le report des cibles climatiques du Québec et réduisant le financement des programmes affectés à « réduire les émissions de GES et accélérer la transition énergétique ».
En matinée, la ministre de l’Environnement, Pascale Déry, s’est dite « fière » du dépôt du Plan de mise en œuvre (PMO) 2026-2031 du Plan pour une économie verte. Comme son prédécesseur Benoit Charette l’année dernière, elle n’a pas organisé de conférence de presse ni de séance d’information technique pour le présenter.
Dans un communiqué de presse, l’élue de la Coalition avenir Québec s’est félicitée de « [réduire] la facture énergétique des Québécois, [de protéger] davantage la population contre les turbulences externes et [d’accélérer] la décarbonation de notre économie tout en soutenant l’innovation et la compétitivité de nos entreprises ».
« Il y a bien des choses importantes là-dedans », a ajouté Mme Déry avant la période des questions.
Doté d’un budget de 8,2 milliards de dollars, le nouveau PMO gouvernemental devrait « permettre une réduction des émissions de gaz à effet de serre en territoire québécois de 32,1 % sous le niveau de 1990 en 2035 ».
C’est donc dire que Québec n’a toujours pas identifié l’ensemble des mesures qui lui permettront d’atteindre son objectif climatique pour 2035.
La stratégie climatique du gouvernement de Christine Fréchette confirme par ailleurs l’« actualisation » de la cible de réduction des gaz à effets de serre (GES). Après des consultations durant lesquelles une panoplie d’organismes lui ont demandé de la maintenir, l’automne dernier, l’ex-ministre de l’Environnement Bernard Drainville — désormais à l’Économie — avait repoussé l’atteinte de la cible de 2030 à 2035.
« Rééquilibrage »
Le nouveau plan de mise en œuvre souligne que « l’adaptation aux impacts des changements climatiques occupe désormais une place accrue dans l’action gouvernementale ». De 911 millions de dollars sur cinq ans, le budget en adaptation climatique passe à 1,3 milliard.
Ces sommes permettront par exemple d’alimenter la bonification du programme Rénoclimat. Celui-ci vise à appuyer financièrement les propriétaires qui souhaitent « adapter leurs habitations et les rendre plus résilientes face aux effets croissants des changements climatiques » en remboursant une partie des travaux effectués pour protéger des fondations ou installer des « clapets anti-retour ».
« Bien que les entreprises, les municipalités et les organisations demeurent des partenaires essentiels de l’action climatique, le PMO 2026-2031 met davantage l’accent sur le soutien direct et les bénéfices pour la population », peut-on lire dans le document.
Les investissements visant à « réduire les émissions de GES et accélérer la transition énergétique » chutent, eux, de 7,9 milliards sur cinq ans dans le plan présenté l’an dernier à 5,6 milliards.
Le PMO 2026-2031 indique que « les investissements ont été rééquilibrés entre les trois grands volets de l’action climatique : la réduction des émissions de GES, la transition énergétique et l’adaptation aux impacts des changements climatiques ».
« Ces ajustements répondent à la fois aux besoins de décarbonation des secteurs les plus émetteurs, à la nécessité d’utiliser l’énergie plus efficacement dans un contexte de forte pression sur la demande électrique, et à l’urgence de renforcer la prévention pour mieux protéger les citoyens, les infrastructures et les écosystèmes », est-il écrit.


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