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Obtenir un logement social ne règle pas toujours tous les problèmes. Dans l’ouest de Montréal, des dizaines de locataires d'un bâtiment rénové avec des fonds publics vivent dans l'insalubrité. Leur édifice est infesté de punaises de lit et de rongeurs. En cause : un manque d'encadrement de ces personnes vulnérables.
L'appartement d'Amine Raa Alkhabyyr est jonché d'objets qui empêchent presque d’y circuler. Couché sur le sol, le septuagénaire est presque incapable de se relever en raison de maux de dos et des grosses plaies sur ses pieds.
Autour de lui, les boiseries blanches sont recouvertes de taches noirâtres. Ce sont des milliers de déjections de punaises de lit qui ont colonisé son appartement et son lit.
Amine nous montre une bouteille d'insecticide en poudre, qu'il aurait lui-même appliqué pour tenter de venir à bout des punaises de lit.
Un traitement, c'est bon pour trois mois. Je l'ai fait moi-même, mais seulement où le plancher rencontre les murs, explique-t-il.

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Il n’est pas le seul à vitre une telle infestation : tous les appartements des Logements communautaires solidaires Grand, à Montréal, sont touchés.
Sur le même étage, dans un logement vacant, les punaises de lit ont fait des ravages. Plusieurs sont allées mourir au fond du bain. Le matelas de l'ancien résident de l’endroit est noirci par les déjections.
Ce sont des taches de sang, quand les gens se font mordre. Et ça, ce sont des déjections de punaises de lit.

Julie Cormier, directrice adjointe du Conseil communautaire de Notre-Dame-de-Grâce
Photo : Radio-Canada / Davide Gentile
Des besoins qui dépassent un organisme d'aide
Les anciens gestionnaires ont perdu le contrôle de l'édifice de 44 chambres et appartements.
Le Conseil communautaire de Notre-Dame-de-Grâce a dû intervenir d'urgence pour secourir les résidents, mais l’ampleur des besoins dépasse largement ses moyens et son mandat. La directrice adjointe de l’organisme, Julie Cormier, lance un appel à l'aide.
En ce moment, on a besoin d'aide du système de santé. Parce que les résidents sont des personnes qui ont plusieurs défis. De santé physique, mais aussi de santé mentale, explique Mme Cormier.
Un exterminateur a été embauché. Une grosse génératrice a été installée derrière le bâtiment pour procéder au traitement thermique des punaises de lit.
Le président de l’entreprise Éco-Extermination, Peter Kabala, était lui-même au travail lors de notre passage, vu l'ampleur de l'infestation. C'est majeur. Des cas aussi sérieux, on en voit une fois par année. Deux au maximum, témoigne M. Kabala.

Peter Kabala, président d'Éco-Extermination, était lui-même au travail vu l'ampleur de l'infestation.
Photo : Radio-Canada / Davide Gentile
Plusieurs résidents sont soulagés. L'un d'entre eux explique qu'ils hésitent à se plaindre, vu la rareté des logements abordables.
On a un toit sur la tête. Oui, il y a des punaises de lit et des souris, mais au moins on a un toit. Surtout l'hiver, on est contents, affirme l’homme, qui a préféré ne pas dévoiler son identité, vu la tension qui existe dans le quartier.
Un besoin d'encadrement
L'affaire désole Julie Cormier. Surtout que le bâtiment a été rénové en 2017 et que sa structure reste saine pour l'instant.
Selon elle, l'OBNL qui gérait Logements communautaires solidaires Grand a simplement manqué de moyens pour gérer le bâtiment et, surtout, ses résidents.
S'il n'y a pas d'intervenants, c'est certain que les gens vont se dégrader et que la situation de l'immeuble au complet va devenir problématique.
Mme Cormier souligne que huit logements subventionnés du bâtiment sont vacants en raison des problèmes d’infestation. Huit logements qui pourraient aider des gens qui cherchent, sans succès, à se loger à bas prix.


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