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Le Nouveau-Brunswick a actualisé la semaine dernière ses normes sur l'eau potable pour atteindre les standards de Santé Canada, sept ans après la mise en place des standards du gouvernement fédéral.
Lorsque Dana Whitenect, propriétaire d’une garderie à Saint-Jean, a fait analyser l'eau de son puits au laboratoire du Conseil de la recherche et de la productivité, à Fredericton, elle a reçu un rapport qui, sans grande surprise, démontrait une quantité suffisante de manganèse pour contribuer à la coloration brune de ses réservoirs d'eau.
Elle n'a toutefois reçu aucun avertissement concernant le risque que ces concentrations de manganèse présentaient pour la santé des enfants fréquentant sa garderie à Saint-Jean.
Ils m’ont assuré que c’était purement esthétique, que tout allait bien, a-t-elle raconté.

Dana Whitenect est propriétaire d’une garderie à Saint-Jean.
Photo : Radio-Canada / Graham Thompson
Selon les standards du gouvernement fédéral, le niveau de manganèse dans son eau était près de huit fois supérieur à la limite établie par Santé Canada en 2019.
Des résultats différents pour un même échantillon
Le mois dernier, CBC a prélevé de l'eau d'un puits résidentiel connu pour sa forte teneur en manganèse et a livré la moitié de l'échantillon directement aux laboratoires du Conseil de la recherche et de la productivité, à Fredericton.
L'autre moitié a été soumise au bureau de Service Nouveau-Brunswick à Burton, qui a ensuite transmis l'échantillon aux laboratoires du Conseil.
Ce laboratoire a présenté un rapport comportant un avertissement vis-à-vis des risques sanitaires liés au manganèse, tandis qu'aucune mise en garde ne figurait dans le rapport envoyé par Service Nouveau-Brunswick.
Une situation qui ne se produira plus à l’avenir, selon le ministre de l’Environnement.
Maintenant, nous n'aurons même plus qu'un seul système réglementaire; il n'y aura donc aucune différence entre le système national et le système provincial , explique Gilles Lepage.
Dorénavant, les rapports qui seront publiés, qu'il s'agisse d'un puits privé ou d'un puits exploité par une municipalité, seront les mêmes.
Un problème de manganèse répandu
Au Nouveau-Brunswick, 40 % de la population s'approvisionne en eau potable à partir de puits privés. Selon des données, jusqu'à 30 % des 120 000 puits privés de la province pourraient présenter des niveaux élevés de manganèse.
Selon Matthew Alexander, un scientifique environnemental spécialisé en hydrogéologie, le manganèse est un élément couramment trouvé dans les sols de la province qui est capable de s'infiltrer tranquillement dans les puits. Puisque sa concentration dans l'eau de puits peut varier d'année en année, des analyses régulières sont recommandées.
Il se peut que les concentrations soient faibles lorsqu'on achète une maison ou que l'on fait forer un puits. Au fil du temps, la concentration peut augmenter, dit-il.
Cela s'est notamment produit dans un puits municipal à Sussex, où la concentration de manganèse dans l'eau a décuplé entre 2019 et 2023.
La ville a par la suite déboursé 350 000 $ pour un système de traitement qui n'a pas résolu le problème. Selon le directeur général de la ville, le puits a donc été abandonné.
Des ingénieurs en traitement des eaux à Saint-Jean, à Moncton et à Fredericton confirment que leur réseau d'eau potable est traité pour éliminer le manganèse et qu'il est conforme aux exigences de Santé Canada.
Les citoyens responsables de leur eau
Les citoyens qui s’approvisionnent en eau potable par puits sont responsables des tests et de la sécurité de leur eau. Santé Canada indique que les propriétaires dont la maison présente des niveaux de manganèse à risque pour la santé devraient prendre des mesures pour installer des systèmes de traitement certifiés.
Selon Josh Pitcher, directeur des ventes et du service après-vente à Aerus de Saint-Jean, le prix de ces systèmes peut varier. Il précise que l'un des appareils les moins chers, qui élimine le fer, le soufre et le manganèse, coûte environ 1500 $.

Crystal Winters, voisine de Dana Whitenect, a également installé un système de traitement d’eau. Le verre à droite contient de l’eau non traitée, tandis que dans celui de gauche se trouve de l’eau traitée.
Photo : Gracieuseté de Crystal Winters
Dana Whitenect a décidé de ne prendre aucun risque concernant l’eau potable de sa garderie, même si son rapport d'analyse ne lui conseillait pas d’agir. Elle a donc fait installer un système de traitement à 2800 $. Depuis, l’eau qui sort de son robinet ne contient presque plus de manganèse.
C’est cher, dit-elle. Et je crains, dans le contexte économique actuel, que tout le monde ne puisse pas se le permettre ou n’en ait pas envie.
D'après le reportage de Rachel Cave, de CBC


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