NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Après la reprise d’une expression associée à la génération Alpha par Sébastien Thomas dans le bulletin de France 2, les questions se soulèvent pour comprendre l’engouement autour d’un mouvement généralement incompris.
Mercredi soir, le bulletin météo se déroule de manière normale sur le plateau de France 2. Cartes, températures, prévisions… puis, soudain, une phrase inattendue. En évoquant «le point culminant du département du Bas-Rhin, le 67», le présentateur Sébastien Thomas glisse, de manière totalement impromptue : «Si vous êtes à la maison avec des enfants, ils font “Six Seveeeennn”», tout en reproduisant le geste des mains associé à l’expression. Avant d’enchaîner comme si de rien n’était : «On voit qu’il n’y a plus beaucoup de neige». L’extrait est devenu, en quelques minutes, viral. Un mème né sur les réseaux sociaux s’invite dans une émission grand public, deux générations s’entrechoquent.
Qu’est-ce que le «six seveeennn» ? Depuis quelques mois, deux chiffres prononcés à voix haute agitent les cours de récréation américaines, les plateformes et même certains plateaux de télévision. Derrière cette expression, qui ne signifie… absolument rien, se cache pourtant un phénomène culturel révélateur de la manière dont les jeunes générations construisent leurs codes et leur identité. Pour comprendre l’origine de cette tendance, il faut remonter à 2024. Cette année-là, le rappeur américain Skrilla publie une chanson intitulée Doot Doot. Dans ce morceau, on entend les paroles «six seven». L’artiste lui-même n’a jamais clairement expliqué ce que signifiait cette expression et surtout n’a pas vu venir l’ampleur du mouvement qu’il a créé malgré lui.
Début 2025, la phrase devient un son viral sur TikTok. Les adolescents la répètent en allongeant la prononciation tout en faisant un geste des mains, comme s’ils pesaient le pour et le contre. Très vite, le phénomène dépasse les écrans : dans certaines écoles américaines, des élèves se mettent à répéter l’expression dès qu’un camarade la prononce.
Le monde du basket-ball, sport très apprécié aux États-Unis, a également joué un rôle inattendu dans la diffusion du mème. En ligne, des montages vidéo mettant en scène le joueur NBA LaMelo Ball ont largement contribué à populariser l’expression. La raison est simple : le meneur de jeu mesure 6 pieds 7 pouces, soit environ deux mètres, une taille qui se dit précisément «six seven» dans le système de mesure américain. Des internautes ont alors repris l’extrait sonore viral en l’associant à des images du joueur, créant un effet comique qui a rapidement circulé sur TikTok et d’autres plateformes. La phrase apparaît aussi dans un épisode de la série animée South Park, où la formule est tournée en dérision : «Ce matin je me suis réveillé à six seveeennnn», «J’étais bloqué sur l’exercice six seveeennnn».
Cette tendance américaine peut être rapprochée d’un phénomène bien connu en France en 2023 : le «Quoicoubeh». Ce jeu de mots qui consistait à faire dire «quoi ?» à quelqu’un pour lui répondre «Quoicoubeh». La télé-réalité de TF1 «Secret Story» avait même convié son créateur Cameron Djassougue M’Pouho a participé à son jeu.
Des études sociologiques s’intéressent à ce mème
Derrière son apparente absurdité, le phénomène «Six Seven», tout comme «Quoicoubeh», a également suscité l’intérêt des chercheurs. Une étude menée à Georgetown University par la linguiste Cynthia Gordon montre que l’expression possède avant tout une fonction sociale. Même sans signification précise, elle permet aux jeunes de marquer leur appartenance à un groupe, de partager un code commun et de se distinguer du monde des adultes. Le décalage avec les générations précédentes fait partie du jeu : plus ils s’en agacent, plus les jeunes ont tendance à la répéter.
Selon la chercheuse, ce type d’expression agit comme un cri de ralliement générationnel. TV5 Monde, eux, définissent ce type d’humour comme une formule volontairement plate ou absurde qui finit par devenir drôle à force d’être répétée. Le langage n’est donc pas seulement un outil pour transmettre des informations : il sert aussi à construire des identités et des relations sociales.
Et comme souvent avec les modes nées en ligne, dont sont friands les natifs de la génération Alpha (ceux nés à partir des années 2010 et habituée aux réseaux sociaux), la formule pourrait disparaître aussi vite qu’elle est apparue, peut-être le jour où les adultes commenceront eux aussi à l’utiliser.


3 month_ago
72



























.jpg)






French (CA)