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par Amir Saeid Iravani
Réseau Voltaire | New York (États-Unis) | 25 février 2026
Je rejette catégoriquement et sans équivoque les allégations injustifiées et juridiquement infondées que le représentant de la France a formulées vis-à-vis du programme nucléaire pacifique de la République islamique d’Iran lors de la séance d’information du Conseil de sécurité sur l’Ukraine, qui s’est tenue le 24 février 2026 au titre de la question intitulée « Maintien de la paix et de la sécurité de l’Ukraine » (10110e séance). La République islamique d’Iran est un État Partie responsable au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, et son programme nucléaire est exclusivement destiné à des fins pacifiques et soumis au régime de vérification le plus strict et le plus intrusif jamais imposé à un État non doté d’armes nucléaires. L’Iran continue d’honorer fidèlement les obligations qu’il tient du Traité.
Il est à la fois profondément regrettable et foncièrement hypocrite que la France – État Partie au Traité et membre permanent du Conseil de sécurité – choisisse de remettre en cause les activités nucléaires pacifiques de l’Iran tout en passant sous silence les pratiques dont elle est elle-même coutumière et qui portent préjudice depuis longtemps à l’intégrité du régime de non-prolifération. La France ne s’est pas acquittée des obligations contraignantes en matière de désarmement que lui impose l’article VI du Traité. De plus, elle a largement contribué à rendre possible le programme d’armes nucléaires non déclarées du régime israélien.
À ce jour, la France garde un silence assourdissant sur l’arsenal nucléaire israélien et n’a jamais demandé au régime d’adhérer au Traité. Elle n’a pas non plus condamné les agressions du régime israélien et des États-Unis contre les installations nucléaires pacifiques iraniennes placées sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique pendant les 12 jours qu’a duré la guerre d’agression lancée par le régime israélien contre l’Iran en juin 2025. Il s’agit là d’un exemple flagrant du deux poids, deux mesures.
Je rejette de même les allégations du représentant des États-Unis et de certains Membres de l’ONU au cours de la même séance, allégations motivées par des considérations politiques, d’après lesquelles l’Iran aurait fourni à la Fédération de Russie des drones par centaines et des technologies connexes destinés à être utilisés en Ukraine. La position de principe de la République islamique d’Iran sur le conflit en Ukraine demeure claire et inchangée. Bien qu’aucune restriction légale n’ait jamais été imposée à l’Iran concernant la fourniture d’armes à l’une quelconque des parties, la République islamique d’Iran, suivant sa position de principe, n’a jamais procédé à la fourniture d’armes.
Depuis le début, l’Iran n’a de cesse de réclamer un cessez-le-feu, la cessation des hostilités et un règlement pacifique, étant pleinement conscient des conséquences humanitaires désastreuses emportées par le conflit. Dès lors, ces allégations ne sont rien d’autre qu’une tentative délibérée des États-Unis – ainsi que de certains pays occidentaux – de faire illusion devant le Conseil de sécurité et la communauté internationale et de détourner l’attention du rôle qu’ils jouent pour attiser et prolonger le conflit en Ukraine via la fourniture ininterrompue d’armes sophistiquées à ce pays, tout en professant par ailleurs leur soutien aux initiatives de cessez-le-feu et au processus politique. Un tel comportement trahit une contradiction manifeste entre le discours et la pratique et révèle une tendance plus générale au mépris du droit international et de la Charte des Nations Unies.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir faire distribuer le texte de la présente lettre comme document du Conseil de sécurité.
Source : S/2026/93


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