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Dix : c’est le nombre total d’arbres qui ont dû être coupés pour permettre le déploiement du chantier du projet de 145 logements qui ceinturera le 955, Grande Allée Ouest.
Si la coupe d’un arbre lundi sur le site du projet a suscité des interrogations sur les réseaux sociaux, un porte-parole d'Immeubles Simard, promoteur du projet, explique qu’il s’agissait d’un arbre abattu afin de donner accès au chantier du côté ouest, puisque la Commission des champs de bataille nationaux nous a interdit l’accès par l’avenue De Laune.
On fait valoir par la même occasion que plusieurs des neuf autres arbres abattus à l’automne étaient en fin de vie.
Au total, 70 arbres sont conservés sur le site et 10 arbres devront être replantés à la fin du projet.
Par voie d’infolettre, Immeubles Simard a avisé la semaine dernière les citoyens du secteur qu’une nouvelle ouverture [serait] effectuée dans la haie de cèdres [du côté de l’avenue de Mérici] et [qu’]un arbre [devrait] être abattu.
Il est précisé dans cette infolettre que l’accès servira à l'approvisionnement en béton du secteur ouest jusqu'à la mi-juillet.
Mobilisation
En novembre dernier, des voix s’étaient élevées contre l’interdiction de la Commission et lui demandaient de revoir sa décision.
Pour les résidents et leurs partenaires, cette mesure constitue une évidence logistique et une condition essentielle pour protéger la sécurité et la qualité de vie des riverains ainsi que le patrimoine naturel, pouvait-on lire dans un communiqué émis par le Conseil régional de l’environnement – région de la Capitale-Nationale et regroupant notamment des résidents du secteur.
On dénonçait à l’époque que, sans accès par l’avenue De Laune, le promoteur se [verrait] dans l’obligation d’abattre des arbres matures.

Le projet vise la construction d'un projet immobilier derrière l'édifice actuel, qui sera conservé. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Philippe Kirouac
Considérations de nature technique
Du côté de la Commission des champs de bataille nationaux, on fait valoir, par écrit, que la décision de la Commission de maintenir l’interdiction de passage de camions lourds sur l’avenue De Laune repose sur des considérations de nature technique.
Cette avenue n’est pas structurellement construite pour supporter le passage fréquent de camions lourds, encore moins en période de dégel. En permettant cette circulation hors norme, [il faudrait éventuellement] refaire la structure même de l’avenue.
On leur avait dit que, s’il y avait des bris liés à nos camions, on s’engageait à y remédier, dit Karine Simard, vice-présidente d’Immeubles Simard, questionnée par Radio-Canada. Il y a plein de rues, dans la ville de Québec, qui ne sont pas structurellement faites pour de gros camions. Et il y a plein de gros camions qui y passent quand même.
Abattage requis dans les deux cas?
Faisant valoir que la raison même de l’existence de la Commission repose sur la préservation et la conservation du parc des Champs-de-Bataille, incluant les arbres qui s’y trouvent, Lise Moreau, secrétaire-directrice générale de la Commission, signale que le passage des camions sur une portion de l’avenue pour accéder au chantier de construction aurait aussi requis l’abattage d’arbres situés sur De Laune.
Non, aucunement. On ne coupait aucun arbre. Et ça, je l’ai répété à plusieurs reprises, répond Karine Simard, appelée à réagir, mais insistant néanmoins sur son souhait de ne pas taper sur la Commission.
Il y avait deux points importants que j’essayais de leur expliquer : c’était qu’en passant par l’avenue De Laune, on ne coupait aucun arbre, et on n’entrait pas dans un secteur qui était très résidentiel, qui était beaucoup plus compliqué pour de la machinerie lourde.
On n’a jamais pensé que c’était un enjeu
Dans sa missive, Lise Moreau, de la Commission des champs de bataille nationaux, note qu’aucune demande n’avait été faite au préalable en lien avec un possible accès sur l’avenue De Laune.
Avant l’été dernier, on n’a jamais pensé que c’était un enjeu, avoue Mme Simard. On n’a jamais pensé qu’on aurait ce problème-là et qu’ils nous interdiraient l’accès.
On a une façade complète qui donne sur l’avenue De Laune, ajoute-t-elle, donc on ne pensait pas avoir à se battre pour avoir cet accès-là.
On s’était engagés, quand on a fait les consultations publiques, à ne pas avoir d’accès directement sur l’avenue De Laune quand notre projet allait être terminé. Mais on ne pensait pas que ce serait un enjeu durant la construction.
Selon Lise Moreau, de la Commission des champs de bataille nationaux, lors des consultations publiques sur le projet, une citoyenne avait demandé si une entrée/sortie était prévue pour les véhicules sur l’avenue De Laune "pendant et après la construction", et la Ville de Québec avait répondu qu’"aucun accès [n’était] prévu sur l’avenue De Laune''.
Mardi après-midi, il n’avait pas été possible pour Radio-Canada de s’entretenir à ce sujet avec Catherine Vallières-Roland, conseillère municipale du district de Montcalm–Saint-Sacrement.


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