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« Oui, je comprends... prenez le temps. » D’une voix posée et remplie d’empathie, Julie s’adresse doucement à son interlocuteur, à l’autre bout du fil.
Elle est intervenante au Centre de prévention du suicide Accalmie de Trois-Rivières depuis 17 ans. Ses paroles se veulent rassurantes, tout comme le ton de sa voix. C'est confidentiel, quand vous appelez ici, on est disponible 24 heures sur 24, il n'y a aucun problème à ce niveau-là. Ça ne sortira pas d'ici, le but est de vous soutenir, dit-elle.
Non loin, dans un autre bureau, Mario répond à son tour à l’un des 10 000 appels faits chaque année à l’organisme. Depuis 15 ans, il multiplie les interventions au téléphone, au centre d'hébergement ou en ateliers.
Le centre compte plusieurs intervenants, qui peuvent discuter au téléphone pendant une trentaine de minutes pour désamorcer une crise et pour établir un lien de confiance avec ceux qui demandent de l’aide. Ils écoutent sans tabou ni jugement des personnes en détresse qui ont des pensées suicidaires, âgées de 8 à 95 ans.
Quand on parle à une personne qui pense au suicide, on va prendre le temps de voir ce qui se passe et qu’est-ce qui fait qu’elle a le courage d'appeler aujourd'hui.
Des vies sont aussi sauvées dans le centre d'hébergement. Neuf lits sont disponibles, pour des séjours de 7 à 21 jours. Les personnes aux pensées suicidaires peuvent y retrouver de saines habitudes de vie et apprendre, en thérapie, à accueillir les pensées négatives pour revenir aux positives.
On va aussi prévoir des arrimages pour la suite des choses, explique Catherine Durrer. La personne repart également avec un plan de sécurité en main pour être en mesure de savoir si elle se sent comme ça, qu'est-ce qu’elle doit mettre en place pour éviter de retomber où elle était quand elle est arrivée.
Parler du suicide sauve aussi des vies
En cette 36e Semaine nationale de prévention du suicide, les intervenants sont unanimes : parler du suicide n'encourage pas le passage à l'acte. Au contraire, le fait d’en parler contribue à aider la population à reconnaître les signes avant-coureurs, et à outiller les proches sur ce qu'ils peuvent faire.

Le Centre de prévention du suicide Accalmie peut accueillir jusqu’à neuf personnes en même temps pour des séjours de 7 à 21 jours. (Photo : 2 février 2026)
Photo : Radio-Canada / Cassandre Forcier-Martin
À un moment ou à un autre de notre vie, ça peut nous arriver et ce qu'il y a d'important là-dedans, c'est d'être capable d'ouvrir la discussion, de ne pas avoir peur de poser les vraies questions, directement, comme : “Je vois que tu vas moins bien. Est-ce que ça va jusqu'à penser au suicide?”, insiste le directeur général du Centre de prévention du suicide Accalmie de Trois-Rivières, Patrice Larin.
Ça ne donnera pas l'idée à la personne de devenir suicidaire. Au contraire, on est en train de lui témoigner de l'affection, que la personne est importante pour nous. On s'intéresse à elle.
Les intervenants du centre offrent de l'aide téléphonique 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Besoin d’aide?
Si vous pensez au suicide ou si vous vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles pour vous aider partout au Québec, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Téléphone : 1 866 APPELLE (277-3553)
Texto : 535353
Vous pouvez également composer ou texter la ligne 988.
Clavardage, informations et outils : www.suicide.ca

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Le reportage de Cassandre Forcier-Martin
Photo : Radio-Canada / Cassandre Forcier-Martin


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