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TENNIS. Catherine Denysiewicz-Slowek arrive à un moment charnière de sa carrière dans le milieu du tennis. Après un brillant passage dans les rangs universitaires américains, la jeune Drummondvilloise aspire désormais à faire sa place chez les professionnelles.

Ayant attrapé la piqûre de la balle jaune dès l’âge de six ans, Catherine Denysiewicz-Slowek a rapidement gravi les échelons de son sport. Au cours des quatre dernières années, l’athlète de 22 ans a peaufiné son art à l’Université Miami, en Ohio, dans la division 1 de la NCAA.

Gagnante de multiples prix grâce à ses performances sur le terrain, mais aussi en raison de ses résultats académiques, Catherine Denysiewicz-Slowek a notamment été proclamée joueuse par excellence dans sa conférence lors de sa dernière saison. La jeune femme a conclu son séjour au sein de la prestigieuse université avec un diplôme en marketing et en conception numérique en poche.

«C’était une très belle expérience, expose Catherine Denysiewicz-Slowek lorsque rencontrée au centre de tennis intérieur René-Verrier. J’ai vraiment aimé l’atmosphère avec l’équipe et mes coéquipières. Tu faisais toujours quelque chose, que ce soit en classe, à l’entraînement ou en compétition. Ça me manque un peu, parce que je fais maintenant mes entraînements et mes tournois toute seule.»

Catherine Denysiewicz-Slowek. (Photo : Ghyslain Bergeron)

Dotée d’un puissant service, l’athlète de 5 pieds et 6 pouces se décrit d’abord comme une joueuse très agressive.

«Je joue à l’offensive tout le temps. Je cherche à faire bouger mon adversaire le plus possible. Mes points ne sont pas très longs : ils sont souvent courts. Quand je fais un service, c’est bang! Tout de suite dans le coin, une autre balle.»

«Je dirais aussi que je n’abandonne pas, poursuit celle qui a atteint le 349e rang mondial chez les juniors. Je me bats pour chaque point jusqu’à la fin. Même si ça ne va pas toujours de mon côté, je cherche constamment à trouver un momentum.»

Pour percer chez les professionnelles, Catherine Denysiewicz-Slowek estime qu’elle doit encore améliorer certains aspects de son jeu.

«Je voudrais surtout travailler sur l’opposé : si je ne suis pas capable d’être à l’offensive, je dois travailler mon côté un peu plus défensif. Je ne vais pas toujours être capable de jouer à ma façon, alors je dois trouver une autre formule qui va m’aider si ça ne marche pas.»

Interrogée sur sa source d’inspiration sur le circuit professionnel de la WTA, Catherine Denysiewicz-Slowek a lancé le nom d’Aryna Sabalenka. La Biélorusse trône au sommet du classement international.

«Ça change tout le temps, il y en a beaucoup! En ce moment, ce serait Sabalenka qui m’inspire le plus. Son jeu est très explosif. Elle est agressive. Je me vois beaucoup jouer de cette façon-là. Bien sûr, il y a encore des petits trucs à améliorer pour me rendre à son niveau.»

Pour atteindre ses objectifs, Catherine Denysiewicz-Slowek ne ménage aucun effort à l’entraînement, que ce soit en gymnase ou sur les terrains de pratique. «Ça prend beaucoup de bons entraînements qui sont focussés sur chaque aspect : le niveau physique, le fitness, la tactique et la technique. Il faut aussi trouver des joueurs de mon niveau, sinon meilleurs que moi.»

«Pour percer, ça prend un bon entourage autour de soi. C’est important aussi d’avoir des commanditaires qui vont t’aider financièrement, parce que les tournois sont souvent très loin et ça coûte très cher», souligne celle qui a obtenu ses premiers points au classement de la WTA dernièrement.

Forte dans l’adversité

Entraîneur de longue date au sein de l’Association de tennis de Drummondville, Sylvain Ruest estime que Catherine Denysiewicz-Slowek possède les outils nécessaires pour réussir chez les professionnelles.

Sylvain Ruest. (Photo : Frédéric Côté)

«Il y a beaucoup de travail à accomplir et de marches à gravir pour y arriver, mais Catherine est une athlète très disciplinée, soutient l’expert de tennis. Elle travaille fort et elle est persévérante. Elle est prête à tout pour réussir. C’est sa force de caractère qui la rend forte devant l’adversité.»

Décrivant sa protégée comme une joueuse très combative, particulièrement sur les premières balles, Sylvain Ruest estime que sa cadence lui permet de déstabiliser rapidement ses adversaires dans le point. Elle doit maintenant améliorer son explosivité dans son jeu de jambes, sa finition au filet ainsi que son côté revers dans certaines phases de jeu.

«Même si tu es une bonne joueuse à ce niveau-là, il y a encore beaucoup de petits détails à travailler», fait-il valoir.

Pour quiconque rêvant d’atteindre les plus hautes sphères du tennis international, le chemin est parsemé d’embûches, explique Sylvain Ruest. «Au départ, ce n’est pas facile. Quand tu commences, tu n’as pas de points. Il faut que tu essaies de rentrer dans les tournois, mais c’est difficile, parce que tu n’as pas de classement. Tu dois t’inscrire dans différents tournois à travers le monde en espérant que certains ne soient pas complets. Après, si tu commences à gagner, tu peux faire des points ITF, puis des points WTA.»

Catherine Denysiewicz-Slowek. (Photo : Ghyslain Bergeron)

«Même si tu as le niveau de jeu pour jouer dans certains tournois, il faut d’abord être un peu chanceux pour y rentrer. On espère que Catherine participe à quelques compétitions cette année afin qu’elle puisse faire ses preuves, gagner des matchs et monter dans le classement», a ajouté l’entraîneur drummondvillois.

L’autre défi majeur pour tout espoir du tennis international est évidemment de nature financière.

«Lorsqu’on débute dans les tournois professionnels, les bourses sont minimes, affirme Sylvain Ruest. Les joueuses sont plutôt à la recherche de points WTA afin d’augmenter leur classement et de rentrer dans les tournois plus prestigieux dont les bourses sont plus intéressantes.»

Pour Catherine Denysiewicz-Slowek, cette nouvelle aventure sur la scène internationale représente l’aboutissement d’un véritable rêve de jeunesse.

«Je veux l’essayer pour ne pas avoir de regrets. Je vais me donner à 100 % et voir si ça va marcher ou non. Mais au moins, j’aurai essayé d’aller jusqu’au bout.»

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