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On tient peut-être le cadeau idéal pour les confrères qui suivent, comme nous, Remco Evenepoel toute la saison : un dictionnaire. Son titre ? Le petit Remco illustré. De quoi, peut-être, apprendre à mieux déchiffrer les paroles du Brabançon.
Au Tour de Catalogne, après sa lourde chute, toute la salle de presse le voyait abandonner dès le lendemain, tant il semblait souffrir. "J'ai mal un peu partout", avait-il précisé. Devinez qui s'est présenté, tout sourire, au départ, après une bonne nuit de sommeil ? Remco Evenepoel.
Durant cette même semaine catalane, son équipe Red Bull-BORA-hansgrohe avait martelé qu'il ne prendrait pas le départ du Tour des Flandres. Qui a finalement couru le dimanche suivant… et terminé troisième ? Remco Evenepoel, au terme d'un coup de communication préparé depuis plusieurs mois.
Ce dimanche encore, après sa brillante victoire sur l'Amstel Gold Race, Remco Evenepoel laissait entendre qu'il avait très envie de s'aligner au départ de la Flèche wallonne, mercredi à Herstal. Une course pourtant absente de son programme initial. "Deux conditions sont réunies : je me sens frais et les prévisions météo sont bonnes. Et j'en ai envie." Tous les voyants semblaient donc au vert. Et devinez qui ne sera finalement pas au départ ? Remco Evenepoel.
Le bouton de fièvre de Remco Evenepoel n'a pas semé le doute : "Je me sens prêt à enchaîner la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège"De solides arguments balayés
Si son annonce de participation last minute au Ronde avait laissé la presse partagée — entre frustration d'avoir été baladée et excitation sportive —, l'effet est cette fois inversé. On se réjouissait à l'idée de voir Evenepoel dynamiter une Flèche wallonne trop souvent réduite à une course de côte, avec le Mur de Huy en juge de paix.
Les arguments en faveur de sa présence étaient pourtant solides. 43e en 2022, alors qu'il travaillait pour Julian Alaphilippe (4e cette année-là derrière Dylan Teuns), puis 9e en 2025 pour seulement son troisième jour de course après un hiver perturbé, Evenepoel arrivait cette fois en grande forme. Avec deux atouts majeurs : une explosivité redoutable et une capacité à soutenir des efforts longs. "Je me suis bien senti dans les côtes plus longues de l'Amstel", confiait-il encore dimanche.
L'occasion semblait idéale d'ajouter la troisième manche du triptyque ardennais à son palmarès, d'autant plus en l'absence de Tadej Pogacar (mais aussi de Tom Pidcock, Ben Healy ou Matteo Jorgenson). Il n'en sera rien.
La fraîcheur comme élément décisif
Un décrassage, ce lundi, suivi d'une réunion d'équipe en ont décidé autrement. Redescendu de son nuage après son exploit de Valkenburg, Evenepoel a pris le temps d'évaluer l'impact d'une participation sur son objectif majeur de la semaine : Liège-Bastogne-Liège. Plutôt que de s'attaquer à un Mur de Huy "pas idéal pour lui", selon Benoît Cosnefroy — qui fait partie des favoris avec Paul Seixas, Lenny Martinez, Mattias Skjelmose ou Kévin Vauquelin — le Brabançon se contentera d'une séance d'entraînement, mercredi. Objectif : trouver ce fragile équilibre entre charge de travail et récupération. Car tout se joue sur un mot : la fraîcheur.
Officiellement, l'équipe Red Bull-BORA-hansgrohe met en avant la nécessité de récupérer après l'Amstel Gold Race afin d'aborder Liège-Bastogne-Liège dans les meilleures conditions. Mais en interne, pour Klaas Lodewyck — qui n'a jamais évoqué une participation à la Flèche depuis le début de la saison – comme pour l'ensemble du staff, la stratégie était arrêtée depuis plusieurs semaines.
L'objectif est limpide : éviter toute dépense énergétique superflue pour préserver un maximum de fraîcheur en vue de dimanche. Car face à des coureurs comme Tadej Pogacar ou Paul Seixas, tout se jouera dans la Côte de La Redoute puis dans le final de la Doyenne. À ce niveau d'exigence et lors d'une course d'une difficulté aussi haute, la moindre économie d'énergie peut faire la différence.
Remco Evenepoel n'est "pas revanchard mais motivé"Prometteur pour la Doyenne
La déception du public hutois est légitime. Mais elle s'accompagne d'une autre réalité : l'ambition d'un coureur déjà double vainqueur de Liège-Bastogne-Liège (2022, 2023), dans des circonstances où le duel avec Pogacar n'avait jamais vraiment eu lieu (NdlR : le Slovène ne courrait pas en 2022 suite au décès de la maman d'Urska Zigart et il avait chuté en 2023). Cette fois, le champion belge veut se mesurer à Pogi à armes égales.
Et si cette décision débouche, dimanche, sur une bataille d'anthologie, il sera difficile de s'en plaindre. Et on troquera alors volontiers notre Petit Remco illustré contre un livre d'Histoire du cyclisme.
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