La question est volontairement provocatrice: les hommes qui bandent mou, voire pas du tout, ne seraient-ils pas au fond meilleurs au lit, de par la possibilité d’inventer une autre sexualité? A rebours de l’idée qu’un bon amant banderait forcément dur, certaines femmes qui ont des relations avec des hommes cisgenres n’ont aucun problème avec le fait que leur partenaire rencontre des difficultés d’érection. C’est même parfois tout l’inverse. Quand Alexandra*, une libraire de 45 ans, a rencontré son amant actuel, ce dernier lui a annoncé dès le premier rendez-vous qu’il avait eu un cancer de la prostate et qu’il ne pouvait pas avoir d’érection, ou du moins, pas sur commande. «Ça m’a intriguée. Je me suis dit que celui-là devait savoir faire des choses que les autres ne font pas. Mon intuition était la bonne», se souvient-elle.
Auparavant, Alexandra avait connu une sexualité pénétrative «traditionnelle» avec le père de ses enfants. «Quand il éjaculait, c’était fini et mon ex ne comprenait pas pourquoi je demandais à ce que ça continue. Avec cet amant, je ne ressens plus de pression à suivre le scénario pipe-pénétration. On est obligés d’aller chercher d’autres zones érogènes. On fait beaucoup de corps à corps, de peau à peau et de caresses. J’ai l’impression de me faire baiser comme une princesse», plaisante-t-elle. Au-delà du plaisir ressenti, elle apprécie d’avoir un échange sincère autour de la sexualité avec lui. Ils ont parfois essayé d’avoir des rapports pénétratifs. «Il a pris un médicament dix minutes avant. Ça n’a pas marché, mais ce n’est pas grave. Il arrive quand même à jouir sans érection et sans éjaculer. Il était déjà conscient de tout ça quand je l’ai rencontré. C’est un de mes meilleurs amants», conclut-elle.


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