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MAGAZINE. Été comme hiver, il est coutume de voir filer dans les rues drummondvilloises les groupes de coureurs de Zone Course. Pourtant, même lorsque la température se fait glaciale, ils sont tout aussi nombreux à pratiquer leur sport favori. Rencontre avec des passionnés.
Sylvain Bibeau est entraîneur avec Zone Course depuis maintenant huit ans. Nathalie Grandjean s’y entraîne depuis trois ans. Malgré les rigueurs de la neige, de la glace et du froid, ils affichent toujours la même motivation à courir à l’extérieur, peu importe le mois de l’année.
«Premièrement, il faut courir durant toute l’année, signale M. Bibeau. Quand on commence, c’est une nouvelle habitude de vie qu’on veut conserver. Courir à l’intérieur ou sur un tapis a ses limites. Si on se fixe un objectif pour une course, on ne pratiquera pas avec les impacts du vent, des côtes, du gravier et tout. Le but est de rester actif toute l’année et c’est dehors que ça se passe!»
«Je cours depuis une vingtaine d’années, poursuit Mme Grandjean. Au début, je courais dehors pendant les trois quarts de l’année, mais en hiver, je faisais du tapis parce que j’avais peur. Je me disais que je ne serais pas une vraie coureuse tant que je n’aurai pas fait une année complète à l’extérieur. Une fois que je l’ai fait, j’ai réalisé à quel point c’est incroyable comment tu te sens vivant en courant dehors l’hiver. Tu es invincible!»
D’ailleurs, Sylvain Bibeau raconte l’anecdote qu’il s’est déjà fait arrêter en pleine course par des policiers pendant un «petit blizzard». S’inquiétant pour sa sécurité, les agents l’ont questionné à savoir si tout allait bien. Après leur avoir répondu à l’affirmative et expliqué les raisons de sa course, il a pu reprendre son entraînement.
Plaisir
Plusieurs fois par semaine, Zone Course propose des groupes d’entraînement. Sylvain Bibeau et Nathalie Grandjean ont été rencontrés par L’Express Magazine un samedi matin, tout juste avant le départ de la Fun Run hebdomadaire. Celle-ci regroupe, chaque semaine, des dizaines de personnes âgées de la vingtaine à la soixantaine qui courent ensemble dans une ambiance décontractée.
La Fun Run du samedi matin rassemble près d’une soixantaine de coureurs de tous les âges. (Photo : Louis-Philippe Samson)«Le samedi, on ne court pas à pleine vitesse. On discute, pour moi, c’est de 20 à 25 kilomètres de placotage. On travaille fort dans les sessions d’entraînement la semaine, mais, le samedi, c’est vraiment sympathique, c’est comme un club social», décrit Mme Grandjean.
«Il y a un sentiment d’euphorie, particulièrement le samedi. Les gens sont motivés et crinqués; c’est une fête à toutes les sorties. En semaine, les entraînements demandent plus d’efforts, mais c’est ce qui produit les endorphines qui donnent le sentiment d’euphorie. On s’en va à la guerre en groupe. Il peut y avoir une crainte de partir à -8 degrés Celsius, comme ce matin, mais, en le faisant en gang, tu es content de l’avoir fait à la fin. C’est gratifiant et tu passes une belle journée ensuite», ajoute M. Bibeau.
Les deux sont d’avis que de courir à travers les maisons décorées pour le temps des Fêtes et sous une petite neige donne au sport une allure féérique.
Défi supplémentaire
La course hivernale apporte d’autres défis, mais aussi différents bienfaits. Pour Nathalie Grandjean, courir l’hiver la rend plus solide sur ses pieds, mais l’aide également à passer à travers la saison froide.
En hiver, les coureurs adopteront, pour la plupart, une foulée de course plus courte. (Photo : Louis-Philippe Samson)La glace ajoute aussi un degré de difficulté. Les coureurs, malgré des chaussures conçues pour l’hiver, pourraient expérimenter une perte d’adhérence et de contrôle. Cela nécessite de raccourcir sa foulée de course. Sylvain Bibeau signale que les coins de rue peuvent être traîtres et causer des chutes en plein virage. Avec toutes ces contraintes ajoutées, les coureurs hivernaux doivent s’attendre à voir leur temps et leur cadence régresser.
«Courir dans la neige nous ralentit considérablement, mais ça fait travailler d’autres muscles. Quand arrive le printemps, l’avantage est qu’on est beaucoup plus en forme et la course devient bien plus facile», témoigne Nathalie Grandjean.
Le froid peut rebuter certains coureurs, mais Sylvain Bibeau assure que le corps s’adapte à la température à mesure que le mercure baisse. Évidemment, il ne recommande à personne de commencer l’entraînement en plein mois de février. Il suggère néanmoins d’utiliser un cache-cou en période froide pour se couvrir le nez et la bouche afin d’amenuiser les effets de l’air congelé. De façon générale, un coureur ressentira une température plus élevée d’environ 10 degrés par rapport à la température réelle durant ses entraînements, dit-il.
Trucs et astuces
Cindy Villeneuve, propriétaire de la boutique Zone Course, livre quelques conseils afin de courir confortablement durant les mois hivernaux.
- Des chaussures de course adaptées aux surfaces glissantes peuvent faire une énorme différence. Leur semelle est conçue pour obtenir plus d’adhérence au sol. De plus, certaines ont une membrane imperméable qui repousse efficacement l’eau et conserve les pieds au sec.
- Les chaussettes en laine mérinos sont très populaires pour leur capacité à conserver la chaleur et évacuer l’humidité des pieds. Il existe aussi des chaussettes imperméables si la chaussure ne l’est pas.
- Les coureurs porteront habituellement une couche de vêtements de base (combinaison) de laine mérinos. Ils enfileront ensuite une seconde couche dont la tâche sera de conserver la chaleur du torse. Finalement, une veste coupe-vent fera office de troisième couche.
- Pour le bas du corps, la plupart porteront une couche de base ainsi qu’un pantalon coupe-vent parfois doté d’une couche isolante.
- Il est aussi important de bien protéger sa tête, son coup et ses mains du froid. Il existe plusieurs types de vêtements qui peuvent effectuer cette tâche tout en évacuant l’humidité.
- Il existe également des crèmes qui aident à protéger la peau des dommages causés par le froid.
- Il est aussi indispensable de demeurer visible, surtout lors des entraînements à l’obscurité. Plusieurs vêtements de course sont équipés de bandes réfléchissantes. De nombreux coureurs utilisent aussi des lampes frontales et des accessoires lumineux afin d’être les plus visibles possibles en bordure de la route.
- Peu de coureurs transportent de l’eau sur eux en hiver. Ceux qui font de plus longues distances pourraient utiliser une flasque isolée pour demeurer hydratés.


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