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Politique 01/07/2026 12:06 Actualisé le 01/07/2026 12:07
Englué dans ses divisions internes, le Parti socialiste s’en remet à ses adhérents, qui devront déterminer comment leur candidat sera désigné.

BERTRAND GUAY / AFP
Boris Vallaud et Olivier Faure à l’Assemblée nationale.
Le soleil est loin de briller au-dessus de la tête des socialistes, mais le brouillard commence légèrement à se dissiper. Mardi soir, le Conseil national du PS s’est réuni pour trouver une solution à l’enlisement de ces dernières semaines. Faut-il organiser une primaire, ou plutôt deux, et avec quels électeurs, pour désigner le candidat à la présidentielle ?
Faute d’accord entre les différences tendances du parti, qui se livrent à une bataille sans merci, ce sont les militants qui seront appelés à trancher le 9 juillet. Deux options seront soumises à leur vote : l’une, défendue par Olivier Faure, stipule « que la candidature de notre famille politique soit désignée à travers un vote ouvert aux militants du Parti socialiste et de Place publique ainsi qu’à nos sympathisants, moyennant pour ces derniers une participation de 2 euros au scrutin ». Le Premier secrétaire juge que le rassemblement d’une partie de la gauche, avec Les Écologistes notamment, sera ensuite « nécessaire ».
L’autre option, portée par des figures comme Boris Vallaud ou Nicolas Mayer-Rossignol, propose la désignation d’un candidat « par les militants du Parti socialiste et des organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste ». Sous-entendu : la porte est grande ouverte au patron de Place publique Raphaël Glucksmann, ainsi qu’à Bernard Cazeneuve, qui a quitté le PS en 2022, fâché par l’union aux législatives avec La France insoumise, pour fonder un micro-parti baptisé La Convention.
Ces deux options constituent, en soi, un demi-échec pour Olivier Faure qui espérait, il y a quelques semaines encore, pouvoir trouver un consensus. Son objectif était qu’un seul choix soit présenté aux militants, qui n’auraient eu qu’à l’approuver ou non. Manière de ne pas mettre en concurrence différentes propositions… et de s’éviter un camouflet.
Faure lui-même candidat ?
Le vrai nœud du débat concerne le corps électoral de cette primaire sociale-démocrate. Pour Olivier Faure, elle doit être la plus ouverte possible, insistant sur le fait que ce vote doit être « un moment d’élan populaire ». Pour ses opposants, à l’inverse, il faut s’en tenir au « vote des militants ». « De quoi avez-vous peur ?, a lancé le patron du parti en direction de ses opposants mardi soir. Ce n’est pas un congrès. C’est une désignation qui doit permettre de rassembler le plus grand nombre en vue de l’élection présidentielle ».
« Je te retourne la question : est-ce que tu aurais peur des militants socialistes dans les choix qu’ils pourraient faire ? », lui a répondu Boris Vallaud. Le président du groupe PS a rappelé que « Les Écologistes ont leur candidate, pas nous. Horizons a son candidat, pas nous. Renaissance, a son candidat, pas nous. LFI a son candidat, pas nous. Et le RN a même le luxe d’en avoir deux ! ».
De nombreux socialistes ont fait part de leur intention d’être candidat, comme les députés Jérôme Guedj et Philippe Brun, ou encore le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane. Selon toute vraisemblance, Olivier Faure y réfléchit aussi mais, comme à chaque fois, il temporise et retarde sa décision. Si le vote des militants le 9 juillet lui donne raison, le Premier secrétaire du PS pourrait alors se jeter dans la bataille. Pour les socialistes, le plus dur est à venir.


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