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Par Le Figaro avec AFP
Le 6 mai 2026 à 20h30
Pour le représentant de l’État, la fonction de maire doit «rassembler les citoyens autour des institutions, au-delà des clivages politiques», alors que le geste de Bally Bagayoko «contrevient à cet usage bien établi».
Passer la publicité Passer la publicitéUn rappel à l’ordre en bonne et due forme. Le préfet de la Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a annoncé mercredi avoir demandé au maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, de revenir sur sa décision de décrocher de son bureau le portrait du président Emmanuel Macron, tout en admettant que ce geste n'est pas illégal. «L’accrochage du portrait du président de la République dans les mairies, s'il ne relève d'aucune obligation légale, est un usage consacré par la tradition républicaine», écrit le préfet Julien Charles, dans un courrier adressé mardi au nouveau maire de Saint-Denis-Pierrefitte (150.000 habitants), deuxième commune la plus peuplée d’Île-de-France après Paris, publié sur le réseau social X.
«Sa fonction est de rassembler les citoyens autour des institutions, au-delà des clivages politiques», argumente le préfet, pour qui le geste de Bally Bagayoko «contrevient à cet usage bien établi». Il invite donc le maire à «reconsidérer sa position» et à «veiller au respect de la tradition républicaine». Dès le mois d'avril, des journalistes avaient pu constater que le portrait d'Emmanuel Macron, décroché du mur, était retourné, dans un coin du bureau du nouveau maire LFI.
«De la symbolique»
Dans une interview diffusée lundi sur LCI, Bally Bagayoko a expliqué que cela «relevait de la symbolique». Il a expliqué qu'il avait décidé de laisser le portrait présidentiel tel quel «tant que la République n'était pas en capacité de corriger les inégalités». Le maire très médiatisé de Saint-Denis, en campagne pour l'élection de Jean-Luc Mélenchon en 2027, dit attendre «l’avènement d'une gauche de rupture et d'un nouveau président». Plusieurs militants écologistes ont été poursuivis en justice ces dernières années en France pour avoir décroché - et emporté - des portraits de Emmanuel Macron, disant vouloir ainsi dénoncer l’«inaction» étatique face à l'urgence climatique. Certains ont été condamnés à des amendes pour «vol» quand d'autres ont été relaxés, notamment au nom de la liberté d'expression.
Pas de quoi inquiéter Bally Bagayoko, qui a indiqué mercredi à l’AFP que le portrait du président Emmanuel Macron resterait «décroché» dans son bureau, «tant que l’État ne remplira pas ses obligations dans le cadre du pacte républicain, notamment envers les habitants de notre territoire». «Cette lettre n’a pas lieu d’être, le préfet le confirme lui-même : notre démarche s’inscrit dans une parfaite légalité et nous l’assumons pleinement», a encore répondu le maire insoumis.


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