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Plus d'un millier de personnes se sont élancées samedi après-midi à Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais) contre le projet de canal Seine-Nord Europe.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 17:21 - Temps de lecture :
Plus d'un millier de personnes se sont élancées samedi après-midi à Oisy-le-Verger (Pas-de-Calais) contre le projet de canal Seine-Nord Europe, mais une moitié est vite sortie du parcours autorisé pour mettre le cap vers le chantier.
« Laisse béton, stop à la bétonnisation », « l'eau pour la vie, pas pour leurs profits », pouvait-on lire sur des banderoles, au départ de la manifestation contre cette infrastructure d'ampleur qui doit relier la Seine aux grands ports du Nord de l'Europe d'ici 2032. « C'est un canal qui est hyper cher » et « destructeur de l'environnement, autant pour les espèces que pour le cycle de l'eau », a dénoncé Claire Aubois, porte-parole des Naturalistes des Terres et du collectif Méga Canal Non Merci, appelant à arrêter le chantier. La manifestation organisée notamment par le collectif Méga Canal Non Merci, les Soulèvements de la Seine et de la Terre, Extinction Rebellion et la Confédération paysanne, s'est lancée en musique, sous la surveillance de près de 900 membres des forces de l'ordre selon la préfecture.
Des tirs de mortiers
Le parcours autorisé vendredi par la préfecture prévoyait que le cortège reste à l'écart d'un chantier de grande écluse, débuté en juin. Mais peu après 15H00, près de la moitié des manifestants ont quitté ce tracé pour se diriger vers les travaux. Survolés par deux hélicoptères, ils ont marché à travers champs en coupant des clôtures et en déterrant des piquets, selon des journalistes. Ils ont ensuite lancé des mortiers de feux d'artifice, suscitant l'embrasement des herbes sèches. Les forces de l'ordre ont répondu avec des gaz lacrymogènes.
Long de 107 kilomètres et large de 54 mètres de large, le futur canal Seine-nord Europe a pour objectif de faciliter le transport fluvial de marchandises. Le chantier a été lancé en 2022 après des dizaines d'années de concertation, a rappelé cette semaine à l'AFP Jean-Yves Dareaud, directeur de territoire Artois-Cambrésis à la Société du Canal Seine-Nord Europe (SCSNE). Mais « on reste naturellement à l'écoute de toutes les parties prenantes », a-t-il ajouté, alors que les oppositions restent vives.
Un « méga-scandale »
Pour Stéphanie Bocquet, secrétaire régionale des Ecologistes du Nord-Pas-de-Calais, il y a des « doutes sur le report modal », des bateaux vers les camions. Elle appelle à l'arrêt du chantier pour mettre en place un « moratoire, se poser et réfléchir ». Le député LFI nordiste Aurélien Le Coq a dénoncé un « méga-scandale » qui servirait « les intérêts de l'agro-industrie » en fonctionnant comme une autoroute fluviale.
Anne Stambach-Terrenoir, députée LFI de Haute-Garonne également présente, a renchéri en décrivant un projet non « viable » à l'heure du réchauffement climatique: « l'aménagement du territoire, on doit le penser à l'aune de ce que nous vivons aujourd'hui, qui est une urgence écologique comme l'humanité n'en a jamais pensé ». Un village militant a été installé en parallèle jusqu'à dimanche à quelques kilomètres du départ de la manifestation, à Villers-au-Tertre (Nord), avec tables rondes, ateliers et concerts.


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