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Oscars 2026 : le court métrage français « Deux personnes échangeant de la salive » primé ex aequo avec « The Singers »

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Le film, produit par la société parisienne Misia Films, a été récompensé lors de la 98e cérémonie après un parcours remarqué dans les festivals internationaux.

Le court métrage « Deux personnes échangeant leur salive », produit en France par Alexandre Singh (à gauche) et Natalie Musteata (à droite), a remporté l’Oscar du meilleur court métrage lors d’un rarissime ex aequo.

VALERIE MACON / AFP

Le court métrage « Deux personnes échangeant leur salive », produit en France par Alexandre Singh (à gauche) et Natalie Musteata (à droite), a remporté l’Oscar du meilleur court métrage lors d’un rarissime ex aequo.

Un court métrage français s’est invité au palmarès des Oscars ce dimanche soir. Lors de la 98e cérémonie organisée au Dolby Theatre de Los Angeles, Two People Exchanging Saliva (« Deux personnes échangeant de la salive »), réalisé par Natalie Musteata et Alexandre Singh et produit par la société parisienne Misia Films, a remporté l’Oscar du meilleur court métrage de fiction.

La statuette a toutefois été attribuée ex aequo avec The Singers, de Sam A. Davis et Jack Piatt. Une situation rarissime dans l’histoire de la cérémonie : depuis la création des Oscars il y a près de 100 ans, seules sept catégories se sont conclues par une égalité.

En montant sur scène pour recevoir la récompense, Alexandre Singh a lui-même insisté sur cet ancrage… tout en soulignant la dimension internationale du projet.

« C’est un prix qui récompense un film français réalisé par un Britannique franco-indien, une Roumano-américaine, une Argentine et une Italienne », a-t-il lancé.

Une remarque qui résume bien l’esprit du film, produit à Paris par la société Misia Films et porté par une équipe mêlant plusieurs nationalités. Isabelle Huppert et Julianne Moore figurent également parmi les productrices exécutives.

Né en France, élevé au Royaume-Uni et aujourd’hui installé à New York, Alexandre Singh est avant tout connu dans le monde de l’art contemporain. Ses œuvres prennent souvent des formes inattendues : des collages conceptuels transformés en diagrammes surréalistes, une novella gothique inspirée du fondateur d’Adidas ou encore une pièce de théâtre de trois heures réinventant la création du monde. Un univers singulier qui se retrouve aussi dans ce court métrage.

Une dystopie absurde

Le film imagine une société aussi étrange que brutale : dans ce monde répressif, s’embrasser est interdit et puni de mort, tandis que les transactions commerciales se font à coups de gifles.

L’histoire suit Angine, une cliente riche et malheureuse qui multiplie les achats compulsifs dans un grand magasin. Peu à peu, elle se laisse captiver par une vendeuse mutine. Malgré l’interdiction qui pèse sur le moindre geste d’intimité, les deux femmes se rapprochent, éveillant les soupçons d’une collègue jalouse. À travers ce scénario volontairement absurde, les réalisateurs explorent les thèmes de la surveillance, de la répression du désir et des mécanismes du contrôle social.

Présenté notamment au festival de Telluride, le film s’était déjà fait remarquer dans plusieurs rendez-vous internationaux. Il a notamment remporté le Prix CANAL+ et le Prix du public au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, référence mondiale dans le domaine.

Dans Télérama, la critique évoque ainsi « une fable politique qui impressionne par son audace formelle », décrivant une réflexion à la fois dramatique et sarcastique sur les dérives du totalitarisme.

Sur scène, les réalisateurs ont également tenu à défendre le rôle de l’art dans un monde qu’ils décrivent comme « sombre et absurde ». « Nous faisons des films parce que nous croyons que l’art peut changer les âmes », ont-ils déclaré. « Peut-être que cela prend dix ans… Mais nous pouvons changer la société grâce à l’art, à la créativité, au théâtre et au ballet, et aussi au cinéma », référence pas du tout voilée à la polémique qui touche Timothée Chalamet depuis ses sorties sur l’opéra.

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