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Orford Musique célèbre ses 75 ans en 2026. Né de la vision de Gilles Lefebvre, le camp musical modeste des débuts est devenu une institution de calibre international avec son festival, son académie et, depuis quelques années, ses résidences artistiques. Si les bases sont solides, les défis restent nombreux. Le centre doit lancer sous peu une campagne de financement majeure pour réaliser un projet immobilier ambitieux.
Le violoncelliste Stéphane Tétreault et la pianiste Chloé Dumoulin sont en répétition ce matin-là en prévision d'un concert en après-midi à la salle Gilles-Lefebvre à Orford Musique. Comme des centaines de musiciens du Québec et d'ailleurs, les deux concertistes ont d'abord été des académiciens à Orford Musique.
Nous retrouvons ensuite les deux artistes dans une classe de maître où des étudiants de partout dans le monde viennent perfectionner leur art.
Ça été immensément formateur mes passages à l'académie au cours de ma jeune carrière et, maintenant, j'ai le privilège d'être professeur, raconte Stéphane Tétreault.
Orford Musique, c'est tout ça : un centre de diffusion avec son festival — 18 grands concerts cet été sans compter les concerts de la relève sur la route —, un lieu d'apprentissage avec son académie — 419 étudiants en 2026 qui viennent d'une dizaine de pays — et, depuis 2021, Orford Musique offre des résidences d'artistes. Stéphane Tétreault a pu en profiter.
À travers l'année, on peut créer, explorer, entouré d'une nature incroyable.
Le pianiste et maintenant directeur de l'innovation artistique et des initiatives stratégiques chez Orford Musique, Wonny Song, veut développer encore davantage le volet création, une nouvelle voie qui s'est dessinée pendant la pandémie.

Wonny Song est directeur de l'innovation artistique et des initiatives stratégiques chez Orford Musique.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Les résidences artistiques, une nouvelle raison d'être
La pandémie a été un choc pour toutes les institutions, incluant la nôtre, mais ça nous a permis de découvrir une nouvelle avenue. On a vu un besoin énorme pour les artistes. Le projet de résidences artistiques, c'est un mélange entre un incubateur et un accélérateur, précise Wonny Song.
Depuis 2021, Orford Musique a accueilli près de 800 artistes en résidence. Cela a commencé avec des artistes en musique classique naturellement puis, cela a bifurqué vers la musique jazz, la chanson et, tout à coup, d'autres artistes en arts visuels sont arrivés. C'est notre volonté d'ouvrir les résidences d'artistes à tous les arts, que ce soit le cirque, la danse ou la poésie. C'est formidable, ça donne de l'inspiration, ajoute-t-il.
Les résidences artistiques, c'est une nouvelle raison d'être aussi pour Orford Musique. Ça fait maintenant partie de l'écosystème avec le festival et l'académie, un triangle qui devient plus fort.

Des générations de musiciens ont été formés à Orford Musique.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Cette nouvelle voie permet par ailleurs de générer des revenus à longueur d'année, un apport précieux compte tenu des défis financiers de l'institution. Le budget repose sur un équilibre délicat, comme l'explique la directrice générale d'Orford Musique, Françoise Parent.
Bon an, mal an, 60 % de notre budget vient de revenus autonomes, 20 % vient de sources gouvernementales, un volet qui diminue tranquillement et, le reste, c'est du financement privé, des donateurs, du mécénat, tellement de gens engagés.

Françoise Parent est directrice générale d'Orford Musique.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Des donateurs qui seront d'ailleurs sollicités à nouveau pour rénover les infrastructures. Orford Musique compte sept bâtiments sur son site, des immeubles qui datent des années 1960, 1970 et 1980. Les plus anciens montrent des signes de faiblesse. Pas d'urgence immédiate mais des travaux s'imposent à moyen terme.
On a fait faire un audit technique pour évaluer le coût des travaux pour les différents pavillons. On en a pour 40 millions de dollars. Le ministère de la Culture et des Communications a un programme d'aide aux immobilisations qui permet de financer jusqu'à 80 % des dépenses admissibles. C'est un levier important mais il faut aller chercher le reste, explique la directrice générale.

Orford Musique veut lancer une campagne de financement pour rénover ses pavillons.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Pour mener à bien cet ambitieux projet, Orford Musique doit lancer cet automne une campagne majeure de financement. On veut prendre action dès maintenant pour qu'Orford Musique puisse vivre encore longtemps. Un centre comme le nôtre, dans un parc national, il n'y en a pas beaucoup, précise Mme Parent.
Wonny Song renchérit : c'est un lieu marquant pour tous les musiciens québécois, canadiens et même au monde. C'est un endroit mythique. J'ai rencontré ici mon premier mentor, Anton Kuerti, quand j'étais stagiaire.
Orford Musique, a marqué des générations de musiciens, enchanté des milliers de spectateurs. Une grande sonate avec ses multiples mouvements. Une histoire de musique qui continue.


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