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La lutte contre l’onchocercose au Cameroun prend un nouveau tournant. Mardi à Yaoundé, l’Institut Supérieur de Recherche Scientifique et Médicale (ISM) a présenté le projet « Eminence », centré sur la Moxidectine, un médicament jugé plus efficace que l’Ivermectine avec une durée d’action plus longue. Objectif : accélérer l’élimination d’une maladie qui touche encore 123 districts de santé au Cameroun.
Ce que le projet Eminence va faire concrètement
Le projet sera déployé pendant cinq ans dans une zone pilote couvrant trois districts : Bafia, Ebebda et Ntui, tous situés dans le département du Mbam, une zone historiquement résistante où le fleuve Sanaga favorise la prolifération des simulies, les insectes vecteurs de la maladie.
Cinq objectifs ont été fixés à l’horizon 2030 : évaluer l’efficacité de la Moxidectine face à l’Ivermectine, tester son acceptabilité au sein des communautés, mesurer ses effets secondaires, analyser son impact sur les filaires adultes résistantes au Mectizan, et modéliser les effets d’une administration prolongée sur les prochaines années.
Pour le Pr. Joseph Kamgno, directeur général de l’ISM et chef de projet, la question centrale est de savoir si « la Moxidectine peut permettre d’accélérer l’interruption de la transmission dans les zones où la maladie persiste. »
Pas une mince affaire.
Le projet prévoit également l’élaboration d’un manuel d’implémentation pour une éventuelle extension à l’ensemble du territoire.
Pourquoi l’Ivermectine seule ne suffit plus
Depuis le début des années 90, les campagnes de distribution d’Ivermectine, aussi appelée Mectizan, ont permis de réduire la charge de la maladie. Mais elles n’ont pas suffi à l’éliminer. Des foyers de résistance subsistent, environ 10 millions de Camerounais restent exposés, et trois millions de ménages reçoivent encore l’Ivermectine chaque année, selon Dr Théophile Mpaba Minkat, secrétaire permanent du Programme National de Lutte contre l’Onchocercose (PNLO).
C’est là que la Moxidectine change la donne, du moins en théorie. Elle agit plus longtemps sur les microfilaires dans l’organisme, ce qui pourrait réduire la fréquence des traitements et améliorer l’adhésion des populations. Mais rien ne confirme à ce stade que les résultats observés en zone pilote seront reproductibles à plus grande échelle.
L’onchocercose reste une maladie sérieuse : provoquée par un ver transmis par la piqûre d’un insecte, elle attaque les yeux et la peau, avec un risque réel de cécité. C’est un problème de santé publique que le Cameroun traîne depuis trop longtemps.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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