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La ministre du Travail américaine est la troisième femme à quitter l'administration de Donald Trump. Des départs qui s'accumulent et qui interrogent sur la solidité de l'équipe gouvernementale.
Publié le 21/04/2026 15:59
Temps de lecture : 5min
Le président américain, Donald Trump, entouré de la ministre du Travail, Lori Chavez-DeRemer, à la Maison Blanche, le 23 avril 2025. (CHIP SOMODEVILLA / AFP)
Une tête en moins dans l'administration Trump. La Maison Blanche a annoncé, lundi 20 avril, le départ de la ministre du Travail, Lori Chavez-DeRemer, dernière en date d'une série de démissions qui fragilisent l'exécutif américain. Arrivée en mars 2025, elle devient la troisième femme à quitter le gouvernement en l'espace de quelques semaines, après les départs forcés de la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, et de la ministre de la Justice, Pam Bondi.
Lori Chavez-DeRemer, ministre du Travail, visée par plusieurs scandales
Officiellement, la ministre du Travail quitte ses fonctions pour rejoindre le secteur privé. Une version défendue par la Maison Blanche, qui salue un bilan "phénoménal" en faveur des travailleurs américains. Dans un message publié sur X, Lori Chavez-DeRemer a elle-même remercié Donald Trump, évoquant "l'honneur et le privilège de servir dans cette administration historique". Mais son départ intervient en fait dans un contexte bien plus trouble. Plusieurs scandales ont récemment éclaté, fragilisant sa position. Elle fait notamment l'objet d'une enquête pour une relation jugée "inappropriée" avec un subordonné, selon le The New York Post.
La ministre américaine du Travail, Lori Chavez-DeRemer, à Detroit (Michigan), le 30 septembre 2025. (BILL PUGLIANO / AFP)
D'autres accusations viennent alourdir le dossier : consommation d'alcool sur son lieu de travail, soupçons de fraude liés à des déplacements officiels transformés en voyages privés, ou encore trois plaintes internes dénonçant un climat de travail toxique, selon The New York Times. Autant d'éléments qui ont contribué à précipiter son départ, malgré les démentis initiaux de la Maison Blanche.
Son mandat a par ailleurs été marqué par le limogeage et le départ contraint de milliers de fonctionnaires de son ministère. A cela s'ajoute une polémique impliquant son entourage : son époux, Shawn DeRemer, aurait été interdit d'accès au ministère après au moins deux accusations d'agressions sexuelles, selon les informations du New York Times.
Pam Bondi, ministre de la Justice, fragilisée par l'affaire Epstein
Pam Bondi, jusqu'ici ministre de la Justice, a été évincée du pouvoir le 2 avril. Fidèle de Donald Trump et ancienne membre de son équipe juridique, elle incarnait pourtant une figure importante de son administration. Dans un message sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison Blanche la qualifie même de "grande patriote américaine". Son éviction intervient dans un contexte de critiques sur la gestion de l'affaire Epstein, un dossier particulièrement sensible pour le président américain. Plusieurs élus, y compris dans les rangs républicains, lui reprochaient un manque de transparence. Mais au-delà de ce dossier, c'est l'ensemble de son action qui était contesté.
La ministre américaine de la Justice, Pam Bondi, à la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis), le 16 mars 2026. (ALEX WONG / GETTY IMAGES / AFP)
Le ministère de la Justice a connu plusieurs revers dans des poursuites visant des adversaires politiques de Donald Trump. Certains élus démocrates ont dénoncé une instrumentalisation du ministère. "Vous avez transformé le ministère de la Justice (...) en instrument de vengeance de Trump", avait lancé le représentant Jamie Raskin lors d'une audition. Une critique récurrente, dans un climat de forte polarisation politique, qui a contribué à précipiter le départ de Pam Bondi, malgré sa proximité avec le président.
Kristi Noem, ministre de la Sécurité intérieure, critiquée pour plusieurs raisons
Donald Trump a annoncé lui-même, le 5 mars, sur sa plateforme Truth Social, le départ de Kristi Noem, ministre de la Sécurité intérieure, tout en saluant officiellement son action. Il a évoqué de "nombreux résultats remarquables" avec notamment des succès "à la frontière". Dans ce même message, le président américain a annoncé sa reconversion comme envoyée spéciale pour une nouvelle initiative sécuritaire, tout en désignant le sénateur d'Oklahoma, Markwayne Mullin, pour lui succéder.
La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, à Washington (Etats-Unis), le 4 mars 2026. (HEATHER DIEHL / AFP)
Mais son départ intervient après plusieurs semaines de tensions. La ministre de la Sécurité intérieure, figure de la politique d'expulsions massives de Donald Trump, a été fragilisée par des auditions parlementaires houleuses. Elle a notamment été mise en cause pour une campagne publicitaire de 220 millions de dollars visant à inciter les migrants à quitter le territoire. Une campagne dans laquelle elle apparaissait personnellement. "Efficace pour votre notoriété", avait critiqué le sénateur républicain John Kennedy lors d'une audition, mettant en doute l'usage de ces fonds publics. La gestion de dossiers sécuritaires a également été critiquée, notamment après la mort de manifestants lors d'opérations de la police de l'immigration (ICE).


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