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Pêches et Océans Canada (MPO) renouvelle la pêche exploratoire du homard sur la Côte-Nord pour la saison 2026. L'objectif des permis exploratoires est de vérifier si une augmentation de l’activité de pêche est viable à un niveau commercial.
Au total, 104 permis de pêche exploratoires seront attribués en 2026.
Sur la Côte-Nord, on en compte 25 dans la zone 18 qui s’étend de Tadoussac à Natashquan et 12 dans la zone 17 pour le secteur d’Anticosti, où se rendent des pêcheurs de la Minganie et de la Basse-Côte-Nord. Le reste des permis sont accordés pour la zone 19 en Gaspésie.
Selon les informations du MPO, lors de la saison 2025, les débarquements de ces trois zones ont enregistré plus de 2 700 tonnes de homard, générant des revenus dépassant les 47 millions de dollars.
Le homard est de plus en plus abondant en raison du réchauffement des eaux. Grâce aux permis exploratoires, les pêcheurs de la région ont pu diversifier leurs revenus et compenser ainsi le déclin d'espèces traditionnelles, telles que la crevette, le crabe ou le buccin.
Selon le pêcheur Jean-Sébastien Vacher, qui détient un permis commercial pour le homard depuis 20 ans dans le secteur de Port-Cartier, la pêche au homard est aujourd'hui la plus lucrative au Québec.
La déception des pêcheurs en Minganie
Pour la zone 18, le long de la Côte-Nord, les 500 tonnes récoltées ont rapporté environ 8,5 millions de dollars. Chaque zone est découpée en sous-zone, dans lesquels sont attribués les permis.
Si le bilan est positif pour la majorité des sous-zones sur la Côte-Nord, selon l’agent régional en gestion de la ressource de Pêches et Océans Canada, Dominic Boula, le homard est toutefois beaucoup moins abondant dans trois sous-zones.
C’est le cas de la sous-zone 18F, entre Rivière-au-Tonnerre et Havre-Saint-Pierre en Minganie, où pêche Ilya Klvana. Le pêcheur témoigne d'une situation financière intenable.
Une sortie de pêche, ça va être quelques homards, ce qui fait que ça ne couvre même pas les frais de base d'opérations, comme les appâts et le carburant.
Cette rareté s'expliquerait notamment par des eaux plus froides dans ce secteur. Face à ce déficit, les pêcheurs de ces zones demandent au MPO l'autorisation de déplacer leurs activités vers des secteurs voisins sous-exploités.
L'industrie de la pêche s'adapte
L'augmentation des captures de homard liées à l’arrivée des permis exploratoires a forcé le développement d'infrastructures locales pour sa transformation.
Actuellement, six usines de la Côte-Nord reçoivent les débarquements de homards, selon le directeur général de l'Association québécoise de l'industrie de la pêche (AQIP), Serge Fortin.
Il explique que les entreprises investissent pour agrandir la capacité de leurs viviers et adapter leurs lignes de production pour transformer de plus en plus de homards localement.

Serge Fortin demande une conversion accélérée des permis de pêche exploratoires en permis commerciaux. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté : Serge Fortin
Serge Fortin a récemment rencontré la ministre des Pêches et Océans, Joanne Thompson. Il presse le MPO d'accélérer la conversion des permis exploratoires en permis commerciaux. Ce processus peut normalement prendre entre 10 et 15 ans.
Ce passage au statut commercial est perçu comme une étape vitale, d’après l’AQIP. Il offrirait une sécurité opérationnelle et une longévité aux entreprises de pêche, puisque sous le statut exploratoire, le MPO conserve le pouvoir d'annuler les permis d'une année à l'autre.
D'autre part, il ouvrirait la porte à la certification internationale de durabilité MSC. Actuellement, le homard pêché sous un permis exploratoire ne peut pas obtenir cette certification, ce qui le rend beaucoup plus difficile à écouler sur les marchés internationaux et auprès des grandes chaînes de distribution.
Du côté de Pêches et Océans Canada, on maintient une approche prudente. L'objectif de ces permis est d'évaluer année après année si la pêche commerciale du homard dans la région est viable à long terme.
On y va vraiment une année à la fois. [...] On va laisser le homard parler et ensuite on pourra prendre des décisions à plus long terme, soutient Dominic Boula.


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